« 2007-08 | Page d'accueil
| 2007-11 »
04.10.2007
Le mot nu
LE MOT NU
Hier dans le métro
J’ai ramassé un mot
C’était un mot perdu
Et il était tout nu
………………………………………Plus une lettre
………………………………………A se mettre
Je l’ai mis dans ma poche
Car il était trop moche
Je l’ai emmené chez moi
A mon appart rue Quincampois
……………………………………Je l’ai réconforté
………………………………………Lui ai donné à manger
Et puis dans le dico
J’ai recherché ce mot
Pour retrouver les lettres
Qu’il convenait de lui mettre
………………………………………le ‘A’
………………………………………N’lui allait pas
Ensemble on a épelé
Les lettres de l’alphabet
On a trouvé un ‘I’
Qu’était pas trop petit
………………………………………Le ‘B’
………………………………………Etait trop niais
On a décidé de laisser
Le ‘C’ de côté
Le ‘Z’ nous a paru
Par trop incongru
………………………………………Le ‘K’
………………………………………On l’a laissé pour Kafka
A la suite du ‘O’ on a mis un ‘N’
Ca rendait un bon son
Ca nous donnait le ‘ON’
Qui sied au mot qu’on aime
………………………………………Le ‘R’
………………………………………Lui donnait de grands airs
On hésitait pour le ‘L’
N’était-ce pas trop féminin
Il a tendu la main
A dit ‘oui’ je prends le ‘L’
………………………………………Pour le ‘M’
………………………………………Il a dit ‘amen’
On a beaucoup travaillé
Déjà la nuit était tombée
Mais on sentait qu’on arrivait au bout
Plus qu’une lettre et il tiendrait debout
………………………………………Par le ‘T’
………………………………………On s’est laissé tenter
Enfin il était vêtu
Fier de son bel habit
Il s’est levé m’a dit
Yfig je ne suis pas déçu
………………………………………Mirliton
………………………………………Etait son nom
Au bas de l’escalier
Je l’ai raccompagné
Il avait l’R’ heureux
Plus du tout l’R’ d’un gueux
………………………………………Au coin d’la rue
………………………………………Il a disparu
chante avec moi :
16:10 Publié dans chanson blues | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : le mot nu, mer d'huile, gran cacatoès, vierge marie, coquecigrüe
La guenon ésopesque chez les bobos
La guenon Esopesque chez les bobos
Une vieille guenon rouée
D’un grand arbre tombée
Descendit sans détours
Avant la fin du jour,
Jusqu’aux limbes obscures,
Aux voûtes en arcure
Pendant plus de deux jours,
Pour faire preuve d’humour
Thanatos la fit mariner
Dans son jus simiesque
Dans son bain Esopesque
Sans jamais se montrer.
Elle s’agitait en tous sens
Criant hurlant des non-sens
Des tas d’insanités
Et d’immoralités
Les autres résidents
Finirent par s’excéder
De tous ces égarements
De tant d’obscénités
Ce sont tous les enfers
Qui, bientôt, s’enflammèrent
Thanatos n’ayant d’obsession
Que la paix dans sa maison
Renvoya sur terre la guenon
Mais dans la peau d’un lion
Au pelage pelé troué
A la mâchoire édenté
A la voix enrouée
Aux pattes fatiguées
Le roi des animaux
Dans cette vieille peau
Etait la risée de sa cour
Et de son arrière-cour
Chacun de lui tirer le crin
De le rendre zinzin
Le plus petit caneton
Devenait un démon
Le bouc sans conteste
Etait son pire tyran
Un vilain malepeste
Un horrible Ægypan
Ainsi pendant un mois
Le grand roi aux abois
De mort lente agonisa
En butte aux quolibets
De ses sadiques sujets
Qui ne l’épargnèrent point
Jusqu’au jour de sa fin
De retour chez Pluton
Dans sa pelure de lion
La guenon fait grise mine
Comme si d’une aubépine
Il l’avait couronnée
Hadès lui rit au nez (de ch’val)
Mi-lion mi-guenon
Mi-roi mi-démon
L’entité prend un nom
Celui de singe-lion
Il en a la crinière
Et les mauvaises manières
La vertu guerrière
Et l’esprit de commère
Hadès cesse son rire
au vu de cette chimère
Il commence à se dire
Qu’il a fait une erreur
En renvoyant sur terre
La guenuche en fureur
Pour lui donner leçon
Sur les bonnes façons
Pour conserver la paix
Avant que le singe-lion
Ne foute la merde dans sa maison
Le maître des enfers prend décision
D’offrir au trublion
Le choix de sa prochaine vie
De ses propres soucis
La chimère ne se fait pas prier
Et sans perdre de temps
Demande illico une vie de bobo
Sans qu’on aie à compter
Que se passe une mi-temps
La vilaine lion-magot
Se retrouve au Marais
Au plein cœur de Paris
Avec sur le dos les habits
D’un fringant Nivernais
Les bobos sont des gens
Qui passent tout leur temps
A médire des autres
En jouant les bons apôtres
La commère se comporte
Comme ses nouveaux amis
Las ! Ils ne l’entendent pas ainsi
Et sur la peau de guenon pelée
Crient haro sur le baudet
Lui sautent sur le paletot
Lui rongent la laine du dos
La laissent sur le carreau
Morte comme un fagot
Moralité
Les vieilles singesses gueulardes et rouées
Sont mieux à la maison aux tâches ménagères
Qu’à traîner leurs vieilles mues enragées
A polluer nos vies de leurs babouines crinières
Yfig
Chante avec moi :
15:56 Publié dans chansons mirlitons poésies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guenon, Esope, Lafontaine, singe, guenuche, fagot, brioche




