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04.10.2007

Le mot nu

 

LE MOT NU

 


 

Hier dans le métro

J’ai ramassé un mot

C’était un mot perdu

Et il était tout nu

………………………………………Plus une lettre

………………………………………A se mettre

 

Je l’ai mis dans ma poche

Car il était trop moche

Je l’ai emmené chez moi

A mon appart rue Quincampois

……………………………………Je l’ai réconforté

………………………………………Lui ai donné à manger

 

Et puis dans le dico

J’ai recherché ce mot

Pour retrouver les lettres

Qu’il convenait de lui mettre     

………………………………………le ‘A’

………………………………………N’lui allait pas

 

Ensemble on a épelé

Les lettres de l’alphabet

On a trouvé un ‘I’

Qu’était pas trop petit

………………………………………Le ‘B’

………………………………………Etait trop niais

 

On a décidé de laisser

Le ‘C’ de côté

Le ‘Z’ nous a paru

Par trop incongru

………………………………………Le ‘K’

………………………………………On l’a laissé pour Kafka

 

A la suite du ‘O’ on a mis un ‘N’

Ca rendait un bon son

Ca nous donnait le ‘ON’

Qui sied au mot qu’on aime

………………………………………Le ‘R’

………………………………………Lui donnait de grands airs

 

 

On hésitait pour le ‘L’

N’était-ce pas trop féminin

Il a tendu la main

A dit ‘oui’ je prends le ‘L’

………………………………………Pour le ‘M’

………………………………………Il a dit ‘amen’

 

On a beaucoup travaillé

Déjà la nuit était tombée

Mais on sentait qu’on arrivait au bout

Plus qu’une lettre et il tiendrait debout

………………………………………Par le ‘T’

………………………………………On s’est laissé tenter

 

Enfin il était vêtu

Fier de son bel habit

Il s’est levé m’a dit

Yfig je ne suis pas déçu

………………………………………Mirliton

………………………………………Etait son nom

 

Au bas de l’escalier

Je l’ai raccompagné

Il avait l’R’ heureux

Plus du tout l’R’ d’un gueux

………………………………………Au coin d’la rue

………………………………………Il a disparu

 

 

 

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La guenon ésopesque chez les bobos

 

 

La guenon Esopesque chez les bobos

 

 

Une vieille guenon rouée

D’un grand arbre tombée

Descendit sans détours

Avant la fin du jour,

Jusqu’aux limbes obscures,

Aux voûtes en arcure

 

Pendant plus de deux jours,

Pour faire preuve d’humour

Thanatos la fit mariner

Dans son jus simiesque

Dans son bain Esopesque

Sans jamais se montrer.

 

Elle s’agitait en tous sens

Criant hurlant des non-sens

Des tas d’insanités

Et d’immoralités

 

Les autres résidents

Finirent par s’excéder

De tous ces égarements

De tant d’obscénités

Ce sont tous les enfers

Qui, bientôt, s’enflammèrent

 

Thanatos n’ayant d’obsession

Que la paix dans sa maison

Renvoya sur terre la guenon

Mais dans la peau d’un lion

Au pelage pelé troué

A la mâchoire édenté

A la voix enrouée

Aux pattes fatiguées

 

Le roi des animaux

Dans cette vieille peau

Etait la risée de sa cour

Et de son arrière-cour

Chacun de lui tirer le crin

De le rendre zinzin

 

Le plus petit caneton

Devenait un démon

Le bouc sans conteste

Etait son pire tyran

Un vilain malepeste

Un horrible Ægypan

   

Ainsi pendant un mois

Le grand roi aux abois

De mort lente agonisa

En butte aux quolibets

De ses sadiques sujets

Qui ne l’épargnèrent point

Jusqu’au jour de sa fin

 

De retour chez Pluton

Dans sa pelure de lion

La guenon fait grise mine

Comme si d’une aubépine

Il l’avait couronnée

Hadès lui rit au nez  (de ch’val)

 

 

Mi-lion mi-guenon

Mi-roi mi-démon

L’entité prend un nom

Celui de singe-lion

Il en a la crinière

Et les mauvaises manières

La vertu guerrière

Et l’esprit de commère

 

Hadès cesse son rire

au vu de cette chimère

Il commence à se dire

Qu’il a fait une erreur

En renvoyant sur terre

La guenuche en fureur

Pour lui donner leçon

Sur les bonnes façons

 

Pour conserver la paix

Avant que le singe-lion

Ne foute la merde dans sa maison

Le maître des enfers prend décision

D’offrir au trublion

Le choix de sa prochaine vie

De ses propres soucis

 

La chimère ne se fait pas prier

Et sans perdre de temps

Demande illico une vie de bobo

Sans qu’on aie à compter

Que se passe une mi-temps

 

La vilaine lion-magot

Se retrouve au Marais

Au plein cœur de Paris

Avec sur le dos les habits

D’un fringant Nivernais

 

Les bobos sont des gens

Qui passent tout leur temps

A médire des autres

En jouant les bons apôtres

 

La commère se comporte

Comme ses nouveaux amis

Las ! Ils ne l’entendent pas ainsi

Et sur la peau de guenon pelée

Crient haro sur le baudet

Lui sautent sur le paletot

Lui rongent la laine du dos

La laissent sur le carreau

Morte comme un fagot

 

Moralité

 

Les vieilles singesses gueulardes et rouées

Sont mieux à la maison aux tâches ménagères

Qu’à traîner leurs vieilles mues enragées

A polluer nos vies de leurs babouines crinières

 

 

                                                                                              Yfig

 

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