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28/04/2016

Depardieu et les aveugles

                                        

                  Depardieu et les aveugles

 

Yfig

                         

                              

  Cast List:                                                       
                                                                           
                                                                           
          DEPARDIEU                               32                       
                                                                           
          TÉLÉPHONE                               11                       
                                                                           
          CAISSIÈRE                                9                       
                                                                           
          AVEUGLE3                                 4                       
                                                                           
          AVEUGLE1 AVEUGLE2                 3                       
                                                                           
          AVEUGLE1                                 3                       
                                                                           
          AVEUGLE2                                 3                       
                                                                           
          SILOUHETTE                               1  

                                         

                          

1      INT. APPART DEPARDIEU                                            
                                                                           
          Gérard D. est dans son fauteuil à moitié dans les vaps, la       
          télé est allumée mais le son est très bas, il se cure le nez     
          et se gratte le bide. dehors il fait beau et G. est              
          décoiffé,  habillé dans une robe de chambre avec des             
          chaussons à ses pieds nus. Le téléphone, sur le petit meuble     
          à côté du canapé, sonne ...... Gérard décroche                   
                                                                           
                         1    DEPARDIEU                                    
                    Allô ! ?                                               
                                                                           
                         2    TÉLÉPHONE                                    
                    Monsieur Depardieu ?                                   
                                                                           
                         3    DEPARDIEU                                    
                    Oui                                                    
                                                                           
                         4    TÉLÉPHONE                                    
                    bonjour M. Depardieu                                   
                                                                           
                         5    DEPARDIEU                                    
                    Ouais, vous êtes qui ?                                 
                                                                           
                         6    TÉLÉPHONE                                    
                    Je suis le directeur de                                
                    l’association AAV (Aides Aux                           
                    Aveugles) je voudrais ...                              
                                                                           
                         7    DEPARDIEU                                    
                    Faites chier, j’ai rien à vous                         
                    donner ...                                             
                                                                           
                         8    TÉLÉPHONE                                    
                    Avec tout ce que vous gagnez ?                         
                                                                           
                         9    DEPARDIEU                                    
                    C’est pas ton problème !                               
                                                                           
                         10   TÉLÉPHONE                                    
                    Monsieur Depardieu, vous pourriez                      
                    faire un effort, un petit chèque ne                    
                    vous ruinerait pas !                                   
                    penser à toutes celles et ceux qui                     
                    n’ont pas la chance de voir comme                      
                    vous !                                                 
                                                                           
                         11   DEPARDIEU                                    
                    Et toi ? Tu m’as bien regardé ?                        
                                                                           
          Il raccroche au nez de son correspondant en rouinant comme       
          un blaireau .....                                                
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                  2.       
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                            FONDU NOIR     
                                                                           
                                                  FONDU SUR SILOUHETTE     
                                                                           
   2      EFFET SPÉCIAL. SILOUHETTE SANS VISAGE                            
                                                                           
          La silouhette apparaît dans le fondu .... on devine la           
          bouche qui parle ...                                             
                                                                           
                         12   SILOUHETTE                                   
                    Je suis la conscience universelle                      
                    des hommes, il suffirait de si peu                     
                    pour que les hommmes changent ...                      
                    dans le bon sens !                                     
                                                                           
                    Si seulement ..... si !                                
                                                                           
   3      INT. APPART DEPARDIEU                                            
                                                                           
          Gérard D. est maintenant recoiffé, habillé léger, il             
          s’apprête à sortir ... Il ouvre la porte et sort ....            
                                                                           
                                              FONDU CHANGEMENT DE PLAN     
                                                                           
   4      INT. LE COULOIR DEVANT LA PORTE                                  
                                                                           
          Gérard referme la porte au moment ou la porte de son vis à       
          vis s’ouvre, un aveugle avec une canne blanche et des            
          lunettes noires en sort ... il se dirige vers l’ascenseur        
          comme Gérard ... il lui rentre dedans et s’excuse ...            
                                                                           
                         13   AVEUGLE1                                     
                    Oh Pardon, je ne vous avais pas vu                     
                    !                                                      
                                                                           
                         14   DEPARDIEU                                    
                    Forcément, si vous ne regardez pas                     
                    où vous allez ....                                     
                                                                           
                         15   AVEUGLE1                                     
                    Oui, mais j’ai une excuse ..                           
                                                                           
                         16   DEPARDIEU                                    
                    Ah Ouais ! et laquelle ?                               
                                                                           
                         17   AVEUGLE1                                     
                    Vous ne voyez pas que je suis                          
                    aveugle ?                                              
                                                                           
          Ils rentrent dans l’ascenseur, la porte se referme sur eux.      
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                  3.       
                                                                           
                                                                           
                                                                           
   5      EXT. LA RUE DEVANT L’ENTRÉE DE L’IMMEUBLE                        
                                                                           
          Gérard et l’aveugle sortent en même temps (Gérard devant)        
          ... il se tamponne à l’aveugle 2 qui passait à ce moment là      
          ...                                                              
                                                                           
                         18   AVEUGLE2                                     
                    Oh pardon ! je n’vous avais pas vu                     
                    arriver !                                              
                                                                           
                         19   DEPARDIEU                                    
                    Si vous regardiez où vous allez ça                     
                    n’arriverait pas !                                     
                                                                           
                         20   AVEUGLE2                                     
                    Peut-être, mais j’ai une excuse                        
                                                                           
                         21   DEPARDIEU                                    
                    Vous allez me dire que vous êtes                       
                    aveugle ...                                            
                                                                           
                         22   AVEUGLE2                                     
                    Ben oui ... ça ne se voit pas,                         
                    peut-être ?                                            
                                                                           
                         23   DEPARDIEU                                    
                    Je devrais le voir à quoi ?                            
                                                                           
                    AVEUGLE1 AVEUGLE2                                      
          Nous avons une canne                                             
          blanche !                                                        
                                                                           
                                                                           
                         24   DEPARDIEU                                    
                         (Il est surpris que le premier                    
                         aveugle parle en même temps                       
                         que le second)                                    
                    Vous vous voyez ?                                      
                                                                           
                    AVEUGLE1 AVEUGLE2                                      
          Bien sûr que non, mais on                                        
          n’est pas sourd !                                                
                                                                           
                                                                           
                         25   DEPARDIEU                                    
                    Faut voir                                              
                                                                           
                    AVEUGLE1 AVEUGLE2                                      
          C’est tout vu                                                    
                                                                           
          ils partent bras dessus bras dessous ... laissant Gérard         
          comme un con !                                                   
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                  4.       
                                                                           
                                                                           
                                                                           
   6      EXT. DEVANT L’ENTRÉE DE LHYPER MARCHÉ "OEIL DE TIGRE"            
                                                                           
          Tout plein d’aveugles avec leurs cannes blanches divaguent,      
          se cognent ... s’excusent, se serrent la main, se font des       
          bras d’honneur ....  devant Gérard complètement éberlué par      
          ce spectacle incroyable .....                                    
                                                                           
   7      INT. L’HYPER MARCHÉ                                              
                                                                           
          Puis il rentre dans l’hyper marché où des aveugles font          
          leurs courses avec des caddies en se tamponnant dans un          
          vacarme incroyable, mais toujours avec courtoise .....           
                                                                           
          Gérard, lui, prend un panier et va être obligé de faire un       
          gymkhana au milieu de tous ces chariots fous ... il met          
          quelques trucs dans son panier et finit par se faire             
          tamponner par un aveugle ...                                     
                                                                           
                         26   AVEUGLE3                                     
                    Oh ! pardon, je ne vous avais pas                      
                    vu !                                                   
                                                                           
                         27   DEPARDIEU                                    
                    Pas de problème, ça peut arriver à                     
                    tout le monde ...                                      
                                                                           
                         28   AVEUGLE3                                     
                    C’est vrai, mais ça n’arriverait                       
                    pas si on avait des chiens pour                        
                    nous guider ....                                       
                                                                           
                         29   DEPARDIEU                                    
                    Et pourquoi vous n’en n’avez pas ?                     
                                                                           
                         30   AVEUGLE3                                     
                    C’te bonne blague !!! Vous savez                       
                    combien ça coûte, un chien                             
                    d’aveugle ?                                            
                                                                           
                         31   DEPARDIEU                                    
                    Ben non ....                                           
                                                                           
                         32   AVEUGLE3                                     
                    Allez ... au revoir .... si on peut                    
                    dire ....                                              
                                                                           
          Gérard va continuer ses courses ...  se faire tamponner et       
          recevra des coups de cannes blanches ... et entendre             
          toujours la même excuse " Oh pardon, je vous avais pas vu        
          ... ! "                                                          
                                                                           
          Enfin, il a fini ses courses et arrive aux caisses qui sont      
          tenues par des aveugles .... On voit une rangée d’une            
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                  5.       
                                                                           
                                                                           
                                                                           
          vingtaine de caisses toutes sans caissière. Il n’y a que         
          deux caissières ... une avec une file très longues de            
          clients qui font la queue ..... et une seconde vide où il        
          est marqué "dix articles maximum"                                
                                                                           
   8      INT. L’HYPER MARCHÉ : LA CAISSE                                  
                                                                           
          Depardieu a pris la caisse rapide avec moins de dix articles     
          .... il pose ses courses sur le tapis mais rien ne se passe,     
          la caissière ne moufte pas, elle reste les bras croisé ....      
          Gérard attends un peu, regarde à droite, à gauche,               
          visiblement embarrassé puis il tousse, de plus en plus fort      
          .... et finit par s’adresser à la caissière                      
                                                                           
                         33   DEPARDIEU                                    
                    C’est quand vous voulez,                               
                    mademoiselle ...                                       
                                                                           
                         34   CAISSIÈRE                                    
                    Bonjour Monsieur, excusez-moi, je                      
                    n’vous avais pas vu. Vous avez mis                     
                    vos courses sur le tapis ?                             
                                                                           
                         35   DEPARDIEU                                    
                    Oui oui, j’ai tout mis ...                             
                                                                           
                         36   CAISSIÈRE                                    
                    Je vais voir ce que je peux faire                      
                    ...                                                    
                                                                           
          Elle tâte les objets, les fait passer maladroitement devant      
          l’oeil infra rouge ... ça prend du temps ...                     
                                                                           
                         37   CAISSIÈRE                                    
                    AH ! je vois que vous avez onze                        
                    objets, ici, c’est la caisse dix                       
                    objets, faut que vous alliez à la                      
                    caisse d’à côté !                                      
                                                                           
                         38   DEPARDIEU                                    
                    Euh !! pour un objet, vous pouvez                      
                    peut-être faire une exception ?                        
                                                                           
                         39   CAISSIÈRE                                    
                    Vous imaginez si on commençait à                       
                    faire des passe droits ... où                          
                    irions-nous ?                                          
                                                                           
                         40   DEPARDIEU                                    
                    Soyez sympa !                                          
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                  6.       
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                         41   CAISSIÈRE                                    
                    On aura tout vu ! Vous n’êtes tout                     
                    de même pas en train de me draguer                     
                    ?                                                      
                                                                           
                         42   DEPARDIEU                                    
                    Mais pas du tout, j’essaie                             
                    seulement de vous faire changer                        
                    d’avis ..                                              
                                                                           
                         43   CAISSIÈRE                                    
                    Vous m’avez bien regardée, ai-je                       
                    l’air de quelqu’une qui change                         
                    d’avis comme d’amant ?                                 
                                                                           
                         44   DEPARDIEU                                    
                    Et si je renonce à un article ?                        
                                                                           
                         45   CAISSIÈRE                                    
                    Alors là, ça change tout ... je                        
                    vais vous encaisser !                                  
                                                                           
                         46   DEPARDIEU                                    
                    Vous voyez, avec un peu de bonne                       
                    volonté ...                                            
                                                                           
                         47   CAISSIÈRE                                    
                    Non, je ne vois rien du tout, vous                     
                    ne voyez pas que je suis aveugle ?                     
                                                                           
                         48   DEPARDIEU                                    
                    Excusez-moi, ma pensée a dépassé                       
                    mon point d’vue ...                                    
                                                                           
                         49   CAISSIÈRE                                    
                    Voilà, ça fait cinquante six euros                     
                    vingt cinq.                                            
                                                                           
          il paie et sort                                                  
                                                                           
   9      INT. APPART DEPARDIEU                                            
                                                                           
          Il est assis dans son canapé, il compose un numéro sur le        
          téléphone                                                        
                                                                           
                         50   DEPARDIEU                                    
                    Allô, l’AAV ?                                          
                                                                           
                         51   TÉLÉPHONE                                    
                    Oui, bonjour M. Depardieu.                             
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                  7.       
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                         52   DEPARDIEU                                    
                    Vous m’avez reconnu ! ?                                
                                                                           
                         53   TÉLÉPHONE                                    
                    C’est un don d’aveugle, une ouïe                       
                    fine !                                                 
                                                                           
                         54   DEPARDIEU                                    
                    A propos de don ... je voudrais                        
                    vous en faire un, je vous envoie un                    
                    chèque de quatre millions d’euros                      
                    ... ça vous aidera ?                                   
                                                                           
                         55   TÉLÉPHONE                                    
                    Bien sûr, M. Depardieu, cela va                        
                    considérablement vous aider.                           
                                                                           
                         56   DEPARDIEU                                    
                    Mais dites-moi, qu’allez-vous faire                    
                    de cet argent ?                                        
                                                                           
                         57   TÉLÉPHONE                                    
                    Nous allons acheter des chiens pour                    
                    les aveugles.                                          
                                                                           
                         58   DEPARDIEU                                    
                    Ah ! très bien, je crois que cela                      
                    va leur rendre bien service.                           
                                                                           
   10     EXT. LA RUE DEVANT L’ENTRÉE DE L’IMMEUBLE                        
                                                                           
          G. Depardieu est sorti, on le voit sortir de l’ascenseur et      
          sortir de l’immeuble ... il se retrouve sur le trottoir ...      
          et là, il est complètement assommé .... des tas d’aveugles       
          marchent sur le trottoir et dans la rue avec des chiens en       
          laisse, mais ce sont n’importe quoi comme chiens, des            
          labradors, des teckels, des bassets, des chihuahuas, des         
          doberman .... les uns tirent leur petit chien, les autres        
          sont entraînés par leur gros chien, ils se cognent les uns       
          dans les autres, se mélangent les laisses forme un immense       
          bordel et les voitures sont bloquées et klaxonnent et en         
          plus, il y a plein de merdes de chiens partout !!!!!             
                                                                           
   11     INT. APPART DEPARDIEU                                            
                                                                           
          Pancarte à l’écran : "six mois plus tard"                        
                                                                           
          Gérard est affalé dans son canapé, comme dans la première        
          scène.                                                           
                                                                           
          Le téléphone sonne, il décroche                                  
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                  8.       
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                         59   TÉLÉPHONE                                    
                    Allô, M. Depardieu                                     
                                                                           
                         60   DEPARDIEU                                    
                    Ah non ! pas vous !                                    
                                                                           
                         61   TÉLÉPHONE                                    
                    On voulait vous demander ...                           
                                                                           
                         62   DEPARDIEU                                    
                    Allez vous faire voir !                                
                                                                           
          Il raccroche méchamment.                                         
                                                                           
                         63   DEPARDIEU                                    
                    Je me suis fait avoir une fois, ils                    
                    ne m’auront pas deux !                                 
                         FIN                                               
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           

                                             

18/12/2014

Visiting Honfleur (in english)

 

C'est parti mon kiki

 


26/10/2014

De l’écriture en général et des pâtés d’Yfig en particulier (à l’intention des cornichons indispensables pour accompagner les pâtés)

Non …. Je ne vais pas vous apprendre à faire des pâtés de foie gras de Zanzibar ou des rillettes de Montélimar … je veux seulement vous entretenir de mes divagations scribouillardes.

 

Oh ! Je n’ai guère de notoriété à poser en guise de ridelles autour de ma personne pour vous convaincre de mon habilitation à vous entretenir de littérature.

Je n’ai aucun « best seller » à opposer à vos réticences à faire preuve de bonne volonté à mon égard.

Et je n’ai même pas de kalachnikov à vous mettre sous le nez pour vous forcer à m’écouter !

Rien, je n’ai rien que quelques mots d’intro qui, espérons, vous donnerons envie de faire un petit bout de chemin en ma singulière compagnie.

 

De quoi t’est-ce exactement que je veux vous causer ?

D’écriture.

Pas de styles …. Encore que … Pas de genre … même si … Pas de règles … ou à l’insu de mon plein gré …

Non, je veux vous entretenir de la façon dont l’usage de l’écriture peut amener à penser l’écriture différemment.

Au début était le verbe … Ouais …. Bon …. C’est pas original mais ce n’est pas moi qui ai inventé cette faribole !

Au début que j’écrivais … car il a bien fallu un début … je ne savais pas trop quoi écrire ni comment.

Pourquoi ?

Mais diantre, fichtre ! Parce qu’on peut écrire de tant de différentes façons !

Un article de style journalistique.

Un cours théorique sur la conchyliculture du bigorneau aux yeux bleux.

Un conte de fée humoristique ou lubrique.

Un sketch pour amuser le bourgeois qui s’emmerde devant sa téloche.

Une chronique des temps moderne dont la modernité n’a rien à envier au Moyen-âge qui était en avance sur son temps dans bien des domaines.

Un roman … d’aventures, d’amour, d’espionnage, policier …

Une pièce de théâtre, une comédie de boulevard, une tragédie, un burlesque …

Un scénario de cinéma ou une série télé ou de Bande Dessinées …

Vous rendez-vous compte de l’éventail infini de possibilités qui s’étalaient provocantes à mes yeux innocents ?

En fait, si je me souviens bien, j’ai écrit une nouvelle.

La nouvelle, c’est pas mal pour débuter. C’est court et on peut n’y mettre qu’un nombre limité de personnages. Ma nouvelle, je l’ai intitulée : « le choix du père ». C’est bien comme titre parce que ça n’a pas de sens unique. Le choix … quel choix ?

Faut pas croire, écrire une nouvelle de 25 pages, ça peut paraître facile mais ça ne l’est pas !

On se lance dans une grande aventure en se demandant si on y arrivera … on tombe sur des tas de pièges inattendus.

Par exemple, pour faciliter l’écriture, j’avais choisi de baser ma nouvelle sur une aventure qui m’était réellement arrivée … genre biographie épisodique. Mais on se pose rapidement la question de savoir ce qu’on peut dire et ce qu’il faut garder pour soi parce qu’on sera peut-être lu par des inconnus, des amis, voire la famille …

En fait … personne … ou presque ne vous lit … mais ça, on ne le sait pas au début !

Ensuite, j’ai écrit quelques mirliton … souvent, c’était des réponses rimées à des vacheries reçues sur internet …

Puis j’ai décidé de me lancer dans un roman.  Ne le cherchez pas en librairie il n’a pas été édité. Son titre : « Ludmilla » … encore un titre suffisamment évasif pour que personne n’ai envie de le lire.

Un premier roman, ce n’est pas une aventure, c’est une gageure, un travail herculéen à réaliser par un nain. On ne devrait jamais se lancer dans pareille mésaventure sans prendre une bonne assurance anti-risquetout !

Je vous passe les affres de la technique liée à l’orthographe et la grammaire … les phrases qu’on pense mais qu’on ne sait pas écrire … les mots qu’on ne trouve plus … les mots qu’on met par défaut ….

Le pire est à venir …

Le pire, c’est qu’à la quatrième ou cinquième page on a l’impression d’avoir tout dit !

Alors …. On s’arrête et on se dit : « demain ça ira mieux ! »

Mais le lendemain rien ne se passe … ni le surlendemain …. Ni les jours suivants … et on finit par oublier qu’on avait fait un grand projet.

AH ! il en faut de l’ambition et de la niaque pour se remettre à l’ouvrage, surtout si on est tout bloqué !

Moi, mon truc, ça a été d’écrire des petits trucs pour me débloquer, des chroniques, une saynète, une fausse interview , de petits sketches … et tout doucement, ça s’est débloqué …

Mais ça ne veut pas dire que c’est gagné … loin de là … car l’imagination, voyez-vous, ça marche bien dans la tête, mais quand il s’agit de le transcrire sur le papier …. C’est une autre histoire !

Bon, bref …

Après, je me suis mis à l’écriture de ma première pièce de théâtre : « un raout chez les ploutocrates ».

Comme j’avais un peu d’argent mis de côté (c’est si rare) … je l’ai faite imprimer. On appelle ça « l’autoédition ».

Puis un polar dont j’avais jeté les bases quelques vingt ans auparavant et dont j’ai retrouvé les premières pages manuscrites car il n’y avait pas d’ordinateur à l’époque.

Je me suis essayé à écrire des chansons, puis de nouveau des chroniques et des petites choses tout en travaillant à une autre pièce puis à la transcription d’une pièce en scénario de cinéma.

 

Cessez de bailler, j’en suis arrivé à mon sujet.

 

À écrire ainsi, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il y a 3 genres qui se chevauchent.

Le plus évident, c’est le scénario de cinéma et la pièce de théâtre. En fait, on peut dire que c’est très semblable et que ça consiste en des dialogues.

Les cinéphages (femmes et hommes de cinéma)  et les théâtreux tiennent absolument à ce que leurs disciplines restent bien dissociées et c’est dans la forme qu’ils imposent qu’ils tentent de forcer les uns et les autres à rester derrière d’infranchissables barrières virtuelles.


 

 

Voici un exemple d’écriture théâtrale :

ACTE I

Scène I

 

Nous sommes au mois de juillet dans la galerie ‘Maurice Maurice’ où se déroule une exposition - vernissage.  La salle (le magasin) est vide de monde. Musique douce d’ambiance. Lumière feutrée avec des spots sur les tableaux.

Une simple table sur tréteaux avec une nappe en papier blanche supporte des petits fours fatigués, une bouteille de soda et une bouteille de mousseux de mauvaise qualité avec des gobelets en plastique.

Des tableaux abstraits et figuratifs sont cimaisés sur des châssis amovibles, quelques statues sur des présentoirs …

 

Un couple de visiteurs vient à passer ..

 

Lui : Dis donc, y’a pas grand monde !

 

Elle : Y’a une ambiance à tirer au couteau !

 

Lui : Remarque …. C’est franchement pas terrible !

 

Elle : J’aime assez celui-là ! (elle lit l’étiquette au bas du tableau) bateau échoué sur la vase dans le port de Honfleur avant 1990. C’est où Honfleur ? et … Que s’est-il passé en 90 ?

 

Lui : C’est juste un bateau, il n’y a pas âme qui vive dans ce tableau …. Comme dans cette galerie, d’ailleurs  !

 

Elle : Oui, mais les couleurs sont apaisantes et je préfère un bateau échoué qu’en pleine tempête, je n’ai pas le pied marin.

 

Lui : C’est tellement apaisant que ça donne envie de dormir !

 

Elle : Tu ne serais pas un peu de mauvaise foi ?

 

Lui : Viens ! Partons d’ici c’est trop morose.

 

(Ils partent)

 

 


 

Examinons les contraintes textuelles liées à l’écriture d’une pièce de théâtre.

La première est la division en actes et en scènes. Bon ! Ça, ce n’est pas bien difficile à faire.

Pour le théâtre, l’outil américain Celtx nous donne les clefs suivantes :

·       Acte

·       Entête (scène)

·       Mise en scène (didascalies)

·       Personnage

·       Dialogue

·       (Indication)

·       Transition

·       Texte

 

Il est à noter que l’outil Celtx fournit un certain nombre de fonctionnalités très utiles pour le metteur en scène ou le réalisateur.

Il permet de décrire avec une grande précision les personnages, leurs caractéristiques physiques et psychologiques, leur rôle en tant qu’antagoniste, protagoniste, faire-valoir, figurant … etc …

Il permet de gérer les accessoires et les plans de tournages avec l’emplacement de la ou des caméras et de tous les décors ainsi que les autorisations de tournage à demander aux mairies ou préfectures ….

Il permet de gérer les plannings de tournage …

Il construit, à partir du scénario, des rapports précieux sur les scènes successives incluant les personnages et leur charge de dialogues … et plein d’autres choses encore qui sont presque totalement inutiles à l’auteur.

Et un exemple de script (scénario de cinéma) :

1 INT/EXT LE PATIO ARBORÉ DE LA GALERIE DES MAURICE

Nous sommes au mois de juillet dans le patio planté de la

galerie "Maurice Maurice" où se déroule une exposition- vernissage.

Le patio est vide de monde. Musique douce d’ambiance Lumière feutrée avec des spots sur les tableaux.

Une simple table sur tréteaux avec une nappe en papier blanche supporte des petits fours fatigués, une bouteille de soda et une bouteille de mousseux de mauvaise qualité avec des gobelets en plastique Des tableaux abstraits et figuratifs sont cimaisés sur des châssis amovibles, quelques statues sur des présentoirs

 

Un couple de visiteurs vient à passer ..

 

1 LUI

Dis donc, y’a pas grand monde !

 

2 ELLE

Y’a une ambiance à tirer au couteau

!

 

3 LUI

Remarque .... C’est franchement pas

terrible !

 

4 ELLE

J’aime assez celui-là ! (elle lit

l’étiquette au bas du tableau)

bateau échoué sur la vase dans le

port de Honfleur avant 1990. C’est

où Honfleur ? et ... Que s’est-il

passé en 90 ?

 

5 LUI

C’est juste un bateau, il n’y a pas

âme qui vive dans ce tableau ....

Comme dans cette galerie,

d’ailleurs !

 

6 ELLE

Oui, mais les couleurs sont

apaisantes et je préfère un bateau

échoué qu’en pleine tempête, je

n’ai pas le pied marin.

 

7 LUI

C’est tellement apaisant que ça

donne envie de dormir !

 

8 ELLE

Tu ne serais pas un peu de mauvaise

foi ?

 

 

9 LUI

Viens ! Partons d’ici c’est trop

morose.

 

Ils partent

 

 

Pour le cinéma, l’outil américain Celtx nous donne les clefs suivantes :

·       Entête (scène)

·       Action (didascalies)

·       Personnage

·       Dialogue

·       (Indication)

·       Transition

·       Valeur de plan

·       Texte

Dans l’écriture des scripts, il n’y a ni actes ni scènes mais des entêtes qui définissent le plan de tournage et commence principalement par la définition « intérieur ou extérieur jour ou nuit ».

 

 


 

Comme tout un chacun peut le constater, seule la forme diffère … l’histoire (à travers les didascalies) et les personnages sont identiques.

Du coup, vous le sentez bien, si je propose un texte sous forme théâtre pour un film, le CNC qui finance des centaines de millions par an (véridique) et qui EXIGE le format « script » me priera poliment mais fermement d’aller voir ailleurs si j’essuie.

À l’inverse, si je propose une pièce de théâtre au format « script » à un metteur en scène (subventionné par le ministère de la culture qui a une liste d’amis réservés), celui-ci me proposera d’aller me faire pendre ailleurs.

Que faire ?

Ben … en fait, je dirais que je m’en fous !

Pourquoi ?

Mais parce que de même que personne ne lit mes textes, personne ne s’intéresse à mes pièces ni à mes scripts … cela me rend plus indépendants et c’est pour ça que j’ai décidé d’économiser mes forces et de cesser de perdre mon temps à mettre mes textes sous des formes imposées par d’autres qui n’ont pas vraiment le souci du fonds mais plutôt celui de la forme, ce qui explique en partie la déconfiture généralisée et du théâtre et du cinéma (les films français sont tous déficitaires en recette !).

Et puisque j’ai décidé de ne plus répondre aux dictats absurdes, autant aller jusqu’au bout du raisonnement et faire d’une pierre non pas 2 mais 3 coups. C’est pour ça que désormais, j’écris des romans-ciné-théâtre … comme ça :

1      La galerie d’art

 

Par ce beau mois de juillet, dehors, la chaleur est étouffante et le soleil brûle tout ce que ses rayons percutent.

La température est plus supportable sous la charmille du patio arboré de la galerie ‘Maurice Maurice’ où se déroule une exposition - vernissage.

L’espace ombré est vide de monde. Une douce musique d’ambiance flotte langoureusement dans l’air comme un effluve vaporeux et nuageux. La lumière feutrée donne une note suave orangée et intime. Les spots vifs projetant leurs rais clairs sur les tableaux forment des îlots de clarté rayonnante parsemée.

Au centre du patio, une simple table sur tréteaux avec une nappe en papier blanche supporte des petits fours fatigués, une bouteille de soda et une bouteille de mousseux de mauvaise qualité avec des gobelets en plastique.

Des tableaux abstraits et figuratifs sont cimaisés sur des châssis amovibles, quelques statues de stuc reposent nonchalants sur des présentoirs …

Malgré l’impression apaisante des lieux, il y plane comme une menace éthérée et dramatique.

Un couple de visiteurs vient à passer … Ils sont jeunes et branchés, ils sont entrés là par le plus grand des hasards après avoir lu la pancarte à l’entrée de la galerie exhortant les passants à venir se rafraîchir à l’abri du soleil et à se rincer l’œil avec les tableaux et sculptures. Ils sont en short et tong, très décontractés et très bronzés. Elle, blonde et lui brun ils ont des visages communs, sans particularité exceptionnelle.

Lui : Dis donc, y’a pas grand monde !

 

Elle : Y’a une ambiance à tirer au couteau !

 

Lui : Remarque …. C’est franchement pas terrible !

 

Elle : J’aime assez celui-là ! elle lit l’étiquette au bas du tableau bateau échoué sur la vase dans le port de Honfleur avant 1990.  Ça l’interpelle et la questionne, elle se tourne vers son compagnon dans l’espoir qu’il lui procure quelques renseignements … C’est où Honfleur ? et … Que s’est-il passé en 90 ?

 

Il n’en sait rien le pauvre, comment pourrait-il savoir ? Il ne prend même pas la peine de s’excuser et s’esquive.

 

Lui : C’est juste un bateau, il n’y a pas âme qui vive dans ce tableau …. Comme dans cette galerie, d’ailleurs !

 

Elle : Oui, mais les couleurs sont apaisantes et je préfère un bateau échoué qu’en pleine tempête, je n’ai pas le pied marin.

 

Lui : C’est tellement apaisant que ça donne envie de dormir !

 

Elle : Tu ne serais pas un peu de mauvaise foi ?

 

Lui : Viens ! Partons d’ici c’est trop morose.

 

 

Ensuite et pour satisfaire à la notion de numérotation des dialogues des scripts pour le cinéma, je reprends les dialogue et je leur donne un ordre chronologique :

Comme ça :

1.     Lui : Dis donc, y’a pas grand monde !

 

2.     Elle : Y’a une ambiance à tirer au couteau !

 

3.     Lui : Remarque …. C’est franchement pas terrible !

 

4.     Elle : J’aime assez celui-là ! elle lit l’étiquette au bas du tableau bateau échoué sur la vase dans le port de Honfleur avant 1990.  Ça l’interpelle et la questionne, elle se tourne vers son compagnon dans l’espoir qu’il lui procure quelques renseignements … C’est où Honfleur ? et … Que s’est-il passé en 90 ?

 

Il n’en sait rien le pauvre, comment pourrait-il savoir ? Il ne prend même pas la peine de s’excuser et s’esquive.

 

5.     Lui : C’est juste un bateau, il n’y a pas âme qui vive dans ce tableau …. Comme dans cette galerie, d’ailleurs !

 

6.     Elle : Oui, mais les couleurs sont apaisantes et je préfère un bateau échoué qu’en pleine tempête, je n’ai pas le pied marin.

 

7.     Lui : C’est tellement apaisant que ça donne envie de dormir !

 

8.     Elle : Tu ne serais pas un peu de mauvaise foi ?

 

9.     Lui : Viens ! Partons d’ici c’est trop morose.

 

D’autre part, avec le jeu des couleurs de texte, je réponds à la condition qui stipule que l’on doit séparer clairement les dialogues des didascalies.

 

 

Elle est pas belle, la vie ?

 

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26/07/2014

Mettre à nu l'auto édition, une tâche pas facile poils au cédilles !

L'auto édition est aujourd'hui  à la portée de toutes et tous.

 

Est-ce que cette pratique débouche sur une reconnaissance quelconque ?

Certains prétendent que oui .. sans en donner de preuves formelles. Ils pensent sans doute que prétendre à des milliers de ventes leur fera de la pub … ceux qui pratiquent l’auto édition se marrent de tant de naïveté !

 

Les ventes sont rares (et appréciées).

 

Le travail les efforts et la patience indispensables à l'auto édition ne sont pas vraiment récompensés.

 

Il faut écrire. Relire et corriger. Puis il faut passer du temps, souvent beaucoup trop de temps, à l'enregistrement du bouquin sur internet avec ses pièges, ses errements et les bugs du producteur (puisque l'éditeur, c'est vous).

Puis, il faut suivre ses enfants car personne ne le fera à votre place. Revenir cent fois sur le métier car le producteur change son interface sans crier gare ou bien vous égare sur quelque voie désaffectée sans rime ni raison ...

Et enfin, il faut faire sa promo ... et là ... forcément, on tombe sur les imbéciles qui vous traitent de nombriliste, de prétentieux, de crétin qui se prend pour un écrivain ... etc ... les noms d'oiseaux ne manquent pas ... et tout ça par des personnes qui ne vous connaissent ni d'Ève ni de brosse à dent et qui ne vous ont jamais lu et ne vous liront jamais ... bref ...

Si vous vous auto éditez ... commencez par vous blinder contre l'ironie, les sarcasmes et la mauvaise foi !

 

Qui prendra le risque d’acheter sur internet l’ouvrage d’un auteur inconnu ? Sauf, bien entendu la famille  ou des amis proches ou pas …  (mais soit ils déclinent, soit ils achètent pour être tranquille sans lire).

Pour vendre, il faudrait investir, passer des annonces à la radio à des tarifs prohibitifs, donner de gros bakchichs à des présentatrices présentateurs vedettes de la télé … Dans le meilleur des cas, vous êtes potes avec l'amant de la présentatrice ou le giton du présentateur ... et là, comme dit l'autre, c'est le coup de piston via les roustons ...

 

 

Mais alors .... Pourquoi s'auto éditer si ça ne débouche pas sur la gloire ?

Je n’y vois, personnellement qu’une seule et unique raison : prendre date et protéger gratuitement vos textes, même s’ils ne valent rien … une bonne idée, de nos jours, ça se fait de plus en plus rare et certains finiront par faire les poubelles pour en trouver …

 

Pour le reste … ça relève du fantasme et des rêves.

 

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23/07/2014

La vie de nos amies les bêtes enrichi notre conscience et notre intelligence. À poil à plumes et en écailles.

 

J’aime bien les documentaires animaliers, ils sont toujours pleins d’enseignements.

Tenez, les poissons chats, par exemple, ces hideux animaux qui vivent aux fonds des eaux opaques et se nourrissent de vermines, de cadavres en décomposition laissés par les crocodiles délicats qui ne consomment pas la chair trop putride.

Ces poissons là vivent et se développent sans trop de désagréments tant que les eaux sont hautes à la saison des pluies.

Ils parcourent les fonds, leur bouche suceuse fouissant la vase, les moustaches en bataille, tactiles et graciles, détectant à tâtons les mets qu’ils affectionnent.

Ils grossissent, font de la graisse et fraient  puis pondent dans la vase qui bientôt redeviendra terre sèche et craquelée.  

Les œufs résisteront jusqu’aux prochaines pluies.

Mais en attendant, voilà nos poissons chats, poussés par la sécheresse et le tarissement, entassés pêle-mêle dans un trou d’eau qui s’évapore un peu plus chaque jour.

Si on voulait faire un bon mot, on dirait qu’ils s’entassent comme des sardines.

Mais pour eux ce n’est pas drôle.

Frétillants comme des brèles pour se faire de la place ils deviennent des proies faciles pour tous les prédateurs qui s’en repaissent.

Les crocodiles et les horribles  marabouts (d’ficelle) les dévorent sans cérémonies et quand ils sont repus et qu’il n’y a plus d’eau, les poissons desséchés forment une masse noire qui nourrira la terre en azote et minéraux.

C’est pas marrant la vie du poisson chat.

Être entassés, les uns par-dessus les autres, sans échappatoires, sans autre lieu où aller et se retrouver à la merci des prédateurs sans pitié, voilà la vie affreuse des poissons chats hideux.

 

OOOOOOHHHH ne voyez là aucune métaphore illustrant un comportement quelconque humain … non, les hommes ne mangent pas de ce pain là ! Les hommes sont, certes cruels, mais jamais ils ne massacreraient leurs prochains entassés dans la nasse comme des sardines.

 

17/07/2014

Yfig - Le fantôme du château de hurle aux loups. Comédie burlesque.

Pièces en 3 actes de 3 scènes chacun.

Durée 1h30

4 h

4 f

Voix off et fantôme

5 personnages simultanément sur scène.

 

Le héros de cette comédie burlesque est un fantôme qu’on ne voit presque pas mais que, singulièrement, on entend.

Ce fantôme erre dans les arcanes du château de hurle aux loups, semant une terreur effrayante parmi les visiteurs non avertis.

Refusant obstinément de porter son suaire (drap) il finit par s’enrhumer … ATCHOUM !

Le médecin appelé au chevet du fantôme renonce et prévient le curé qui vient pour l’extrême onction et l’exorcisme …

Ayant lamentablement échoué, ils préviendront, en désespoir de cause, la police qui délègue son plus fin limier sur les lieux : l’inspecteur chef  DVDP (David Van den Prout).

Toutes ces âmes bien intentionnées contrecarrent en fait les projets d’un  gîte hanté de la duchesse veuve et propriétaire du château.

 

Rassurez-vous … tout finit bien ! Et les rires sont garantis du début jusqu’à la fin !

 

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27/05/2014

Ode électorale triomphante et tonitruante

 

On a gagné

Les doigts dans l'nez

Ils ont perdu

Le nez dans l'cul

 

J'aime les liesses électives

Les soirs de victoires votives

La joie collective

Des fois sélectives

 

On a gagné

Les doigts dans l'nez

Ils ont perdu

Mon pied dans l'cul

 

J'aime les alcools qui trinquent

Dans des lieux de bringues

L’entrechoc des verres

Le nez rouge des mémères

 

On a gagné

Les doigts dans l'nez

Ils ont perdu

Le nez dans l'cul

 

Ça fait plaisir à voir

Ces tronches hilares

Ces bonheurs simples

Ces cris du coeur

 

On a gagné

Les doigts dans l'nez

Ils ont perdu

Le nez dans l'cul

 

Surtout si à coté

Sur le bas côté

On a  des tristounets

Tout mélenchounets

 

On a gagné

Les doigts dans l'nez

Ils ont perdu

Mon pied dans l'cul

 

J'aime autant la joie que la tristesse

Tout me ravit dans la détresse

Tout me séduit dans l'allégresse

Ça me donne envie de fesses

 

On a gagné

Les doigts dans l'nez

Ils ont perdu

Le nez dans l'cul

17/05/2014

message de la croix bleue : "un rhum ça va ..."

 

 Bon !

 

Les roms sont des roumains, à ce titre, ils méritent d'être respectés surtout qu'ils font partie de l'U.E.

 

Les roms parcourent nos routes depuis des millénaires ... les romains même les croisaient pendant les croisades (ben quoi ?)

 

Les roms sont des êtres humains. Que celles qui en doute aillent passer une nuit dans leurs bras.

 

Les roms mangent nos enfants ... bon, ils ne vont tout de même pas se laisser crever de faim pour nous faire plaisir !

 

Les roms font les poches des touristes étrangers dans le métro et le RER ... et alors ! ? ce ne sont que des étrangers, ne soyons pas xénophobes !

 

Les roms, c'est bien connu, jouent du violon, de l'harmonica et de la crécelle de Sarcelles ... tant pis pour les sarcelliens !

 

Les roms font chier ... prenons-les en laxatif ... et positivons !

 

Les roms nous volent nos poules ... ouais ... ben faut avouer qu'elles aiment ça, les salopes !!!

 

Les roms ... les roms ... merde, putain ! y'a pas que les roms sur terre !!!!!   :)

 

 




 

16/05/2014

HEY les garçons !!!

 

Vous avez trop chaud aux roustons ?
mettez une jupe et un jupon  !!!

Envie de ressembler à maman, à grand-mère ?
Vite, mettez une jupette pour cacher vos roupettes !

 

Et surtout n'oubliez pas ... même si vous avez l'air cons, le ridicule ne tue pas !!!

 

Par contre, pour c'qui est des gonzesses ...  vous repasserez !!!

 

 

G.Jpg

Indignation

On n’est jamais si bon

Que dans l’indignation

 

Faut s’indigner de tout

S’indigner comme des fous

Des anti conformistes

Des anti communistes

Des anti pas racistes

Des anti si sionistes

Des anti sémitismes

Des anti trop podes

Des anti la mode

Des anti européens

Des anti balladuriens

Des anti lit baldaquin

 

Quand on s’indigne

On est si digne

 

Digne dingue dong !

 

Faut t’indigner mon pote

Si tu veux pas qu’on t’note

Qu’on t’case dans un casier

Judiciaire dévirginisé

 

Allez ! tous à la fois

On s’indigne dans la joie

 

Je m’indigne

Tu t’indignes

S’indigner c’est si bon

C’est comme dans le jambon

C’est tout bon tout bonbon

On s’indigne

On est digne

 

Digne dingue dong !

 

Poésie gnia gnia

Gnia gnia

Comment ça va

bien ! ?

J'en suis si aise

Et toi Blaise, ça baise ?

Petit monde gentil

Peuplé de gentilles gentils

Tout le monde est si gentil

gnia gnia

 

OH ! comme c'est beau

Et j'aime quand c'est bio

gnia gnia

ça va ça va

et vous êtes si jolies

si jolis

et gentis

groin groin

frotte frotte

glote glotte

tout le monde se félicite

Félicie aussi

gnia gnia

 

La poésie

C'est gentil

gnia gnia

c'est pas bien compliqué

faut juste être poli

faut faire ami ami

faut se dire des papouilles

s'envoyer des pattemouilles

des nou-nouilles

des gnias gnias

en veux-tu en voilà

c'est gentil

merci

 

La poésie c'est pas les méchants

Les vilains

gnia gnia

les goujats

les pas bons méchants

qui veulent dire

des choses méchantes

des choses pas gentilles

c'est pas gentil

gnia gnia

 

gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia

en veux-tu en voilà

C'est pas plus compliqué que ça

tu mets 3 mots gentils

et tout l'monde est joyeux

on est heureux

on est tous si gentils

gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia

 

Allez, j'arrête là

J'ai épuisé tous mes gnia gnia

Et puis j'en ai jusque là

des gnia gnia

des blablas

des stances insipides

des vers stupides

des rimes lipides

qui dégoulinent

comme des liquides

spermines

des substances séminales

traces subliminales

d'orgasmes synthétiques

de gnia gnia pathétiques

 

gnia gnia

gnia gnia

 

15/05/2014

29 et 30 mai, 1er juin 2014 … HTC (Honfleur Tout Court) 6ème Festival du court métrage.

La cérémonie d’ouverture et les projections auront lieue dans le cinéma Henri Jeanson

Et le pot d’ouverture ainsi que la cérémonie de clôture  dans les greniers à sel (Rue de la Ville) .

32 films ont été retenus sur 800 proposés. (Depardieu a été recalé)

3 prix seront remis lors de la clôture.

Le premier prix est doté d'une aide complète à la réalisation d'un moyen métrage ( matériel, lieux, décors, montage, post prod ...) d'une valeur d'environ 100.000 €.

 

Pour acheter un passe : (Office de Tourisme de Honfleur) http://www.ot-honfleur.fr/

Demandez le programme : http://www.honfleurtoutcourt.com/page/weekend

Bon week end à tous !

 

 

 

nouvelle-prise-pour-le-festival-du-court-metrage.jpg

 

24/04/2014

Les vidéos de la troupe de Bassan joue : Un psy peut en cacher un autre

 

Début de la pièce

http://youtu.be/rI4yrEqaf-g

 

 

http://youtu.be/b5htlaFUjNk


 

 

Eva Patreau et son perroquet 1

http://youtu.be/BR1bDiVrlpE


 

Eva Patreau et son perroquet 2

http://youtu.be/Zscfi-RL53o

 

 

Joséphine Troudeballe 1

http://youtu.be/8rIkTE3SM7A


 

Joséphine Troudeballe 2

http://youtu.be/8_YPc0C3uRU

 

 

 

le curé 1

http://youtu.be/nO9OzxRpR7g


 

le curé 2

http://youtu.be/6LGuQveng_4

 

19/04/2014

SCOOP ! à Bassan, une troupe d’amateurs fait un tabac monumental en jouant des scènes d’une pièce de théâtre d’Yfig !

 

 

Un psy peut en cacher un autre

enfin mis en scène pour la première fois !

 

J’ai reçu un message ... suivi d'une conversation téléphonique d'une dame très sympathique et dynamique metteur en scène qui réside dans un petit village non loin de Béziers et qui me demande d'autres saynètes.

 

Elle a monté et fait jouer 5 saynètes (sur 10) de ma pièce :

"un psy peut en cacher un autre"

devant 200 personnes (vous pourrez vérifier la véracité de cette information avec le lien vers le Midi Libre plus bas …).

 

La salle a beaucoup ri et beaucoup apprécié. Certains ont même eu l’audace de critiquer en disant que c’était trop court ou pas assez long ….  Non mais !!!

 

Ils rejoueront ce spectacle en septembre et octobre (avec une saynète en plus) dans d'autres petites communes mais la troupe me sollicite déjà  pour d'autres textes ...

 

Je vais leur  envoyer des sketchs de 

 "tata Baluchon" ....

 

Et j'attends qu'elle ait mis sur internet des photos et des vidéos extraites du spectacle ... dès que je les reçois je vous tiens au courant avec une seconde chronique sur ce même sujet.

 

Elle dit que grâce aux vidéos et aux rires éclatants des spectateurs, les autres associations se battent pour obtenir le spectacle  ....  ils ont même refusé le Zénith de Béziers ... pas assez de places !  (bon … ça c’est pas vrai mais j’ai bien le droit de rêver !)

 

On peut dire que j'aurais vraiment commencé tout en bas, sans le moindre piston, sans relation, sans rien  .... mais bon .... à partir du moment où le public en redemande, même si c'est dans un bled perdu au milieu de nulle part du Languedoc Roussillon ... moi, j'en suis fier ! (J’espère que la troupe ne prendra pas ombrage de cette dernière remarque si jamais ils tombent dessus car je m’associe totalement à eux en qualité d’inconnu dans son trou perdu !!!)

 

C'est pas à Honfleur qu'on verra ça avec tous les trouducs qui ont pris la culture en otage et qui font des spectacles minables pour des spectateurs indigents !!!  :)

 

Ce n'est qu'un début ... je continue le combat ....

 

Ils ont pris, me dit-elle, un véritable perroquet pour jouer le rôle du perroquet et c'est quelqu'un en coulisse qui parle pour lui et dit la réplique devenue immortelle : "espèce de salope !"

 

Moi, madame, j'exporte la culture Normande jusqu'au fin fond de la France très profonde pendant qu'à Honfleur on se gargarise des auteurs pédants et tristes !

 

Faut aussi que j'écrive la suite des dialogues à la noix .... je suis débordé !!!!!!!   MDR !!!

 

 

Ci-dessous le lien vers l’article du Midi Libre par Geneviève Forasiepi :

http://www.midilibre.fr/2014/03/05/les-habitants-de-bassan-pourrait-chanter-dans-la-vie-faut-bassan-faireeee,830594.php

 

Les habitants de Bassan pourraient chanter : "Dans la vie faut Bassan faireeee"!

 

 

Bon ... maintenant que je suis devenu un auteur incontournable du paysage culturel de la France profonde, je dois avouer que je suis très fier de figurer parmi les auteurs inconnus lus.

Ben oui !

Quand on sait les difficultés qu’il y a à se faire lire …. On apprécie mieux l’exploit !

 

Vous me connaissez, l'humilité est mon humus, le lit de feuilles de mes textes qui n'intéressent personne et forgent à la fois le froment et le composte de l'avenir de la culture de la France ...

 

Les petits enfants apprendront par cœur "le mot nu"  (c'est Edmond (prof de lettres à la retraite) qui me l'a prédit) ... les plus vieux auront les lèvres pendues aux seins généreux de tata Baluchon et les caïds ne jureront que par DVDP ....

 

C'est comme ça, on n'y peut rien .... les premiers  ministres se suivent et se succèdent .... les présidents  président dans le vide ... et mes conneries me survivront si Allah Jéhovah Bouddha et tata Baluchon le veulent bien !

 

En conséquence, je vous le dis en vérité ... je vais me coucher avec bonheur et le sentiment du devoir accompli !

 

Poils au zizi !!!!!!

16/04/2014

3. Dialogues à la noix dans la salle d’attente !

 

 

3. Dialogues à la noix dans la salle d’attente !

Bon ! il faut savoir faire contre mauvaise fortune bonne figure !
J’ai donc fait mon plus beau sourire au téléphone en appelant le psy qu’un ami m’a indiqué comme étant spécialiste des causes perdues de mon espèce. Il est par ailleurs « expert auprès des tribunaux » ce qui est une preuve irréfutable d’équilibre psychique et intellectuel.
Moi : « Allô ! ?»
Le Psy : « Allô ! ? »
M : « Vous êtes bien le docteur Chabraque ? »
LP : « Vous êtes bien au cabinet du docteur Chabraque, je suis sa secrétaire. Que puis-je pour vous ? »
M : « Je souhaiterais parler au docteur Chabraque. »
LP : « Mais certainement, je vous propose lundi à 14h, c’est à prendre ou à laisser ! »
M : « Je prends »
Et en mon for intérieur, je me dis en aparté : « Si je peux pas y aller on pourra pas dire que je n’ai pas essayé ! ».

J’ai donc pris un RTT et le lundi, je me pointe au cabinet du docteur Chabraque.
C’est une belle villa de trois étages en pierres de tailles meulières (comme la truite éponyme). Elle est ornée de colombages (pans de bois) en chêne peints en vert SNCF et Les volets en frêne sont peints de rouge.
Elle est plantée là, si haute avec sa toiture pentue de tuiles rouges en plein milieu d’un parc arboré et on y accède par longue une allée blanche de gravillons de Saint Omer.
Puis on gravit sept marches pour accéder au perron couvert d’une verrière du XVIIIème siècle donnant sur une grande porte ferronnière à double vantaux vitrés.
Sur le côté droit de la porte, une grande plaque en cuivre jaune sur laquelle est gravé :
«

Docteur Chabraque
Psychiatre
Ex interne des hôpitaux de Monaco
Diplômé en acupuncture
Diplômé en médecine générale
Diplômé de la police scientifique de Los Angeles
Diplômé des prisons de Memphis (Tennessee)
Diplômé en scrabble et mots croisés
Marc de café, tarot, osselets et viscères de vigognes

»
Franchement, ça vous fiche un de ces frissons toutes ces compétences réunies en un seul et même homme !
On se dit qu’on va sonner à la bonne porte … si on la trouve … la sonnette …
Mais, comme par magie et sans qu’on ait rien à entreprendre, la porte s’ouvre.
Une grande femme nue sous sa blouse blanche, les tétons en batterie, les lèvres rubicondes et les dents blanches comme de l’ivoire, blonde comme les épis de blé avant la moisson, les yeux bleus, les paupières bleues, les cils noirs et longs comme des poils de chameau, battant comme un métronome tous les dix centièmes de seconde …
Forcément, vous restez là, les bras ballants, la tempe claquante, la respiration haletante, le regard perdu dans le bleu de ses yeux, les mains moites et les jambes flageolantes.
Elle, professionnelle et habituée à faire cet effet là sur les hommes, s’efface et vous invite à entrer puis à la suivre jusqu’à la salle d’attente.
Elle est pleine (la salle d’attente).
C’est une pièce rectangulaire assez grande avec une table basse au milieu sur laquelle diverses revues s’étalent languissantes. Les murs sont ornés de sérigraphies usées représentant des squelettes et des cadavres.
D’un rapide regard circulaire on peut comprendre que les gens qui sont là ne sont pas comme tout le monde.
Une femme a tourné sa chaise pour s’asseoir le dos tourné à la salle. Certains ont la tête baissée, d’autres se cachent derrière un journal ou un éventail … il y a une dame âgée qui tient une cage sur ses genoux. La cage contient un perroquet gris et vert du Gabon, de ceux qui sont des plus loquaces.
Un vieux monsieur chenu a sous sa chaise un lévrier couché en chien de fusil.
Soudain, la porte de la salle d’attente s’entrouvre et l’infirmière secrétaire accoucheuse passe sa tête blonde bleue pour annoncer :
« Le docteur est arrivé ».
La porte se referme sur une espèce de murmure qui court comme une rumeur en faisant tout le tour de la salle d’attente.
Puis le silence revient. On entendrait une mouche se faire violer !
La dame qui tourne le dos à la compagnie s’exprime comme dans un souffle :
« C’est qui qui commence ? »
La dame au perroquet annonce :
« Il y a un nouveau. »
Le perroquet répète :
« Un nouveau » sur un ton nasillard.
Il s’ébroue et un nuage de poussière envahit la cage avant de se répandre.
Le lévrier lève sort la tête d’entre ses pattes puis la remet.
J’éternue, sous l’effet de la poussière.
« AAAAAATTTCCCHHHOOUUMMM !!! »
Tous :
« À vos souhaits ! »
La porte s’entrouvre et l’infirmière multi cartes passe sa tête polychrome pour demander :
« Madame Lamaison ».
Une dame cachée derrière son éventail se lève sans montrer son visage et sort de la pièce.
La dame qui tourne le dos :
« Celle-là, elle est irrécupérable, elle croit qu’elle est espagnole alors qu’elle est née à Dunkerque d’un père allemand et d’une niçoise. »
Le monsieur qui a le lévrier sous sa chaise :
« C’est pas à vous de donner des leçons aux autres, quand on se prend pour une diva on se tait ! »
La dame qui a un chapeau avec des oiseaux vivants attachés par les pattes :
« Les divas c’est juste bon à se coucher sur un divan ! »
Un monsieur qui se cache le visage derrière le Canard Enchaîné du 11 août 1975 (le journal est à l’envers mais on arrive quand même à en lire des bribes) :
« Le divan du docteur est vieux et déchiré, il sent le tabac froid et le dégobillé, moi, je prends toujours une couverture avec moi pour m’y étendre ! »
La dame qui a le dos tourné se lève puis se rassied :
« Vous ne m’aurez pas avec vos stupides provocations, je ne chanterai pas, pas aujourd’hui ! »
Le chien se lève, va à la chaise de la dame qui a le dos tourné et lève la patte sur un des pieds … La dame qui a le dos tourné lui crie :
« Dégage de là sale cabot, va pisser sur ton maître ! »
Un long silence s’installe pendant que le sale cabot retourne se coucher sous son maître.
J’en profite pour jeter un coup d’œil circulaire plus circonspect.
Nous sommes sept. Une chaise est vide, celle de madame Lamaison.
En sus de moi-même, les six autres sont tous plus bizarres les uns que les autres.
La dame qui nous tourne le dos voûté les cheveux gris sale, les épaules couvertes d’un vieux pull marron côtelé à mailles larges fait comme une tâche sur sa chaise. Elle se situe juste en face de moi ce qui fait que je ne peux même pas voir son profil.
Elle me fait tant penser à tata Baluchon que je lui garde ce surnom.

En tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, à ma droite un vieux monsieur à la barbe courte, aux gros sourcils broussailleux blancs sur des yeux caves aux minuscules orbites, des lèvres charnues et brunâtres, un front rabougri le tout sur un cou quasi inexistant.
Je le surnomme illico « le vieux singe ».
Sous sa chaise, un lévrier afghan qui pue comme une vieille négligée.

La dame qui est à sa droite est plus ou moins cachée à mes yeux, mais je peux la voir un peu en me penchant en avant en arrière. Elle n’a pas de visage, il est caché sous un foulard bleu pâle. Elle porte un gilet gris en laine et une robe ou une jupe, je ne sais trop, en tissus moiré qui lui descend le long de ses jambes croisées jusqu’aux chaussures plates noires.
Elle, je lui attribue le pseudo de « Mamma ».
Sur ses genoux le perroquet du Gabon dans sa cage.

À ma droite 90°, non loin de la porte, un petit monsieur sans âge qui lit son journal à l’envers : le Canard Enchaîné du 11 août 1975. Il ne bouge pas, seul le journal tremblote faisant un bruit incongru comme le vent dans les feuilles mortes d’un orme. Sous son pantalon crème on devine des jambes anémiées. Il les tient bien serrées et ses pieds chaussés de pantoufles ne touchent pas terre.
« C’est peut-être un enfant ? » me dis-je en douce.
Seuls ses petits doigts noirs boudinés serrant maladroitement le journal trahissent sa couleur.
Je lui donne donc le surnom de « pygmée ».

À ma droite à 45° et à la droite de la dame qui nous tourne le dos, une dame qui a un chapeau avec des oiseaux vivants attachés par les pattes. De temps à autre, un oiseau cherche à s’envoler, mais il retombe inexorablement sur le chapeau en jurant comme un charretier mal embouché. L’un des trois oiseaux pend lamentablement sur le bord du bibi, tenu par une patte attachée. De temps à autre il est pris de soubresauts alors la dame lève la main pour le remettre sur le chapeau mais il ne tient jamais bien longtemps.
Je lui accorde le doux nom de « pervenche »
Le lévrier susurre sans même se donner la peine de lever le museau :
« Si c’est pas malheureux ! ».
Je sursaute un peu, histoire de marquer le coup, mais sans plus.

Personne ne semble avoir prêté attention à la remarque du lévrier.
Je demande au singe :
« Il s’appelle comment votre chien ? »
C’est le chien qui me répond :
« Ata-Truc ». Personne ne moufte !
Je continue et termine mon tour de salle en lorgnant vers la dame élégante qui est à ma gauche à 315° et à gauche de la dame qui a le dos tourné.
Elle est roide sur sa chaise, engoncée dans un grand manteau sombre, le cou entouré d’une fourrure naturelle de bichon. Son visage anguleux est plâtré de fard, ses petits yeux chafouins disparaissent sous de lourdes paupières lestées de pâte épaisse qui coule jusqu’à ses cils courts noircis au khôl de Monoprix. Son nez évoque Pinocchio et son chapeau Don Quichotte.
Je l’appelle « la fée Carabistouille » parce que ça rime avec citrouille.
« Et toi, tu t’appelles comment ? » Me demande le chien.
« Yfig »
Le singe tance son chien : « Tais-toi Ata-Truc, ne dérange pas le monsieur ! ».
Moi : « Mais il ne me dérange pas. »
« Laisse tomber ! il ne parle pas aux étrangers ! » Me répond le klébar.
Tata Baluchon, qui nous tourne le dos, m’interpelle :
« Vous êtes là pourquoi, monsieur Yfig » … et elle dit ça avec une espèce de dégout perceptible dans sa voix, surtout sur le ‘monsieur’.
A ce moment un oiseau tente de s’échapper et retombe sur le chapeau avec un grand :
« MERDE ! ».
Moi : « Je suis venu consulter le psy parce que j’entends les objets, les légumes, les animaux … parler. »
Le pygmée me lance d’une voix de basson :
« Et en quoi ça gêne ? »
Moi : « Oh pour tout plein de choses ! »
La fée Carabistouille parle d’une voix suraigüe sans bouger les lèvres, un peu comme une ventriloque :
« Comme ? »
« Eh bien, par rapport aux autres, je passe pour un dingue. »
La pervenche s’en mêle :
« Passer pour un dingue aux yeux des fous, ça n’a pas d’importance. »
Le lévrier se grattant le cou :
« Faut pas prêter attention aux humains ordinaires, ils n’ont rien dans le crâne, tout ce qui n’est pas comme eux, banal, les horripile et les rend racistes ! »
Le perroquet ajoute, pendu tête en bas à un barreau :
« L’homme est un animal qui s’ignore, il ne parle pas avec les autres animaux parce qu’il est imbu de sa soi-disant supériorité mais dans le fond c’est le plus con de nous tous ! »
Après un silence éloquent, je tente un timide :
« Il y a un autre inconvénient majeur … »
Tout le monde se tait. Le journal tremblote plus fort. Le chien fait un pet malodorant mais en harmonie avec sa puanteur naturelle. Le perroquet s’épouille, tata Baluchon renifle bruyamment et Pervenche remet l’oiseau qui pend sur son chapeau. La fée Carabistouille se lève et prend une revue de mode sur la table basse et se rassied en silence.
Moi : « Ça ne vous intéresse pas de savoir ? »
La voix de la Mamma se fait entendre pour la première fois. C’est une voix d’outre tombe, une voix glacée comme un iceberg qui vous donne des frissons jusque dans les tibias :
« On le sait déjà. »
Vlan !
Je me renfrogne et garde pour moi mes extrapolations.
Au bout d’un moment, tata Baluchon demande :
« Lafleur, vous avez fait des progrès depuis la dernière fois ? »
J’attends de voir qui est ’Lafleur’ !
Le vieux monsieur que j’ai surnommé ‘le singe’ ouvre enfin la bouche. Sa voix est solennel, sourde, lente, avec des pointes d’accents aigües qui me font penser à des baïonnettes :
« Affirmatif ! Le docteur fait du bon boulot, bonne tactique, fine mouche et Scaramouche. »
Le chien : « Ouah ouah … gaaaarde à vous ! »
« Merci monsieur le ministre de la défense. » Les congratule tata Baluchon.
Tata Baluchon : « Et vous monsieur Mamadou Pape Ben Jamal Al Arabia, mon cher ministre de l’économie, qu’en pensez-vous ? »
La Pygmé lui répond de derrière son journal :
« Un peu cher, monsieur le président, mais ça vaut le coup si on tient compte du retour sur investissements ! »
Monsieur le président ! ? voilà la tata devenue un monsieur !
Le président : « Et vous madame la ministre de l’écologie ? »
La Pervenche avec son chapeau aux oiseaux lui répond :
« Certes, ça manque un peu de vert mais le respect de la nature est présent, nul ne peut le nier ! … surtout dans le jardin ! »
Le président : « Madame Pouzzi, ma très chère ministre de la jeunesse et des sports, vous avez bien un avis ? »
La Mamma se fend d’un généreux : « Euh …. »
Et le perroquet du Gabon la soutient d’un : « On a connu mieux …. Mais c’était plus cher ! »
Ça n’a pas l’air de faire plaisir au président qui se mouche très bruyamment !
Le président : « Il ne reste plus que vous, madame la ministre de la culture qui n’ayez pas donné votre point de vue ! »
La fée Carabistouille se lève, solennelle et constipée : « Comme disait Jean-Patrick Valesoleil, ‘les prix du carburant suivent souvent la courbe des produits minéraliers qui dépendent de l’extraction en mer du Nord avec la dimension subséquente de l’anthropomorphisme périculaire circonvulatoire des instituts de conservation des arts séculaires.’
Et je suis du même avis ! »
Le président : « Ouais ! Pas la peine de se demander pourquoi je vous ai mise à la culture ! Au prochain remaniement, je vous mets à l’agriculture ! »
Le chien se lève, s’ébroue et dit : « Jean-Patrick Valesoleil est un con ! »
La fée Carabistouille lui rétorque : « C’est celui qu’il l’dit qu’y est ! »
Le président : « Je suis bien déçu, je ne vous entends pas parler de l’emploi ! ».
Le pygmée : « C’est Lamaison la ministre du travail. »
Le président : « L’emploi est l’affaire de tous, c’est la priorité des priorités je veux créer une commission chargée de trouver de nouvelles voix contre l’emploi pour le travail et le chômage. »
Le pygmée : « Vous voulez dire contre le chômage et pour l’emploi ! »
Le président : « Au lieu de faire le malin, débloquez-moi des crédits pour ma commission anti-chomedu ! »
Le pygmée : « Où voulez-vous que je trouve l’argent, les caisses sont vides et l’écologie nous empêche d’exploiter nos mines de protoxyde d’azote ! »
La Pervenche ministre de l’écologie avec son chapeau aux oiseaux lui répond : « Vous vous croyez drôle avec votre gaz hilarant (*) ? »
Le président : « Vous n’avez qu’à prendre l’argent des militaires qui ne servent à rien en temps de paix ! »
Le singe : « Prenez garde que la Russie ne nous fasse le coup de la Crimée, vous savez bien que les slaves ont le sang chaud et le vin mauvais. Dépouiller la défense c’est livrer la France aux convoitises des tyrannies. »
Le pygmée revient à la charge : « De toute façon, vous savez bien, monsieur le président, que le patronat préfère que l’État paie le RSA aux inactifs plutôt que de leur donner du travail qui coûte plus cher à cause des cotisations sociales, des RTT et des congés payés. »
Le président : « ce n’est pas faux, mais il faudrait que les patrons paient le RSA plutôt que le gouvernement. »

Vous vous imaginez bien que je suis dans mes petits souliers, je me demande de quoi il retourne, si c’est du lard ou des cochonnailles ?
La porte s’ouvre le la blonde bleue appelle : « Monsieur Yfig »
OUF ! Sauvé par le gong, par la blonde peroxydée aux yeux bleus cérulés.



(*) le protoxyde d’azote est aussi appelé gaz hilarant.