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la France s'emmerde - Page 2

  • Indignation

    On n’est jamais si bon

    Que dans l’indignation

     

    Faut s’indigner de tout

    S’indigner comme des fous

    Des anti conformistes

    Des anti communistes

    Des anti pas racistes

    Des anti si sionistes

    Des anti sémitismes

    Des anti trop podes

    Des anti la mode

    Des anti européens

    Des anti balladuriens

    Des anti lit baldaquin

     

    Quand on s’indigne

    On est si digne

     

    Digne dingue dong !

     

    Faut t’indigner mon pote

    Si tu veux pas qu’on t’note

    Qu’on t’case dans un casier

    Judiciaire dévirginisé

     

    Allez ! tous à la fois

    On s’indigne dans la joie

     

    Je m’indigne

    Tu t’indignes

    S’indigner c’est si bon

    C’est comme dans le jambon

    C’est tout bon tout bonbon

    On s’indigne

    On est digne

     

    Digne dingue dong !

     

  • Poésie gnia gnia

    Gnia gnia

    Comment ça va

    bien ! ?

    J'en suis si aise

    Et toi Blaise, ça baise ?

    Petit monde gentil

    Peuplé de gentilles gentils

    Tout le monde est si gentil

    gnia gnia

     

    OH ! comme c'est beau

    Et j'aime quand c'est bio

    gnia gnia

    ça va ça va

    et vous êtes si jolies

    si jolis

    et gentis

    groin groin

    frotte frotte

    glote glotte

    tout le monde se félicite

    Félicie aussi

    gnia gnia

     

    La poésie

    C'est gentil

    gnia gnia

    c'est pas bien compliqué

    faut juste être poli

    faut faire ami ami

    faut se dire des papouilles

    s'envoyer des pattemouilles

    des nou-nouilles

    des gnias gnias

    en veux-tu en voilà

    c'est gentil

    merci

     

    La poésie c'est pas les méchants

    Les vilains

    gnia gnia

    les goujats

    les pas bons méchants

    qui veulent dire

    des choses méchantes

    des choses pas gentilles

    c'est pas gentil

    gnia gnia

     

    gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia

    en veux-tu en voilà

    C'est pas plus compliqué que ça

    tu mets 3 mots gentils

    et tout l'monde est joyeux

    on est heureux

    on est tous si gentils

    gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia

     

    Allez, j'arrête là

    J'ai épuisé tous mes gnia gnia

    Et puis j'en ai jusque là

    des gnia gnia

    des blablas

    des stances insipides

    des vers stupides

    des rimes lipides

    qui dégoulinent

    comme des liquides

    spermines

    des substances séminales

    traces subliminales

    d'orgasmes synthétiques

    de gnia gnia pathétiques

     

    gnia gnia

    gnia gnia

     

  • 29 et 30 mai, 1er juin 2014 … HTC (Honfleur Tout Court) 6ème Festival du court métrage.

    La cérémonie d’ouverture et les projections auront lieue dans le cinéma Henri Jeanson

    Et le pot d’ouverture ainsi que la cérémonie de clôture  dans les greniers à sel (Rue de la Ville) .

    32 films ont été retenus sur 800 proposés. (Depardieu a été recalé)

    3 prix seront remis lors de la clôture.

    Le premier prix est doté d'une aide complète à la réalisation d'un moyen métrage ( matériel, lieux, décors, montage, post prod ...) d'une valeur d'environ 100.000 €.

     

    Pour acheter un passe : (Office de Tourisme de Honfleur) http://www.ot-honfleur.fr/

    Demandez le programme : http://www.honfleurtoutcourt.com/page/weekend

    Bon week end à tous !

     

     

     

    nouvelle-prise-pour-le-festival-du-court-metrage.jpg

     

  • Les vidéos de la troupe de Bassan joue : Un psy peut en cacher un autre

     

    Début de la pièce

    http://youtu.be/rI4yrEqaf-g

     

     

    http://youtu.be/b5htlaFUjNk


     

     

    Eva Patreau et son perroquet 1

    http://youtu.be/BR1bDiVrlpE


     

    Eva Patreau et son perroquet 2

    http://youtu.be/Zscfi-RL53o

     

     

    Joséphine Troudeballe 1

    http://youtu.be/8rIkTE3SM7A


     

    Joséphine Troudeballe 2

    http://youtu.be/8_YPc0C3uRU

     

     

     

    le curé 1

    http://youtu.be/nO9OzxRpR7g


     

    le curé 2

    http://youtu.be/6LGuQveng_4

     

  • SCOOP ! à Bassan, une troupe d’amateurs fait un tabac monumental en jouant des scènes d’une pièce de théâtre d’Yfig !

     

     

    Un psy peut en cacher un autre

    enfin mis en scène pour la première fois !

     

    J’ai reçu un message ... suivi d'une conversation téléphonique d'une dame très sympathique et dynamique metteur en scène qui réside dans un petit village non loin de Béziers et qui me demande d'autres saynètes.

     

    Elle a monté et fait jouer 5 saynètes (sur 10) de ma pièce :

    "un psy peut en cacher un autre"

    devant 200 personnes (vous pourrez vérifier la véracité de cette information avec le lien vers le Midi Libre plus bas …).

     

    La salle a beaucoup ri et beaucoup apprécié. Certains ont même eu l’audace de critiquer en disant que c’était trop court ou pas assez long ….  Non mais !!!

     

    Ils rejoueront ce spectacle en septembre et octobre (avec une saynète en plus) dans d'autres petites communes mais la troupe me sollicite déjà  pour d'autres textes ...

     

    Je vais leur  envoyer des sketchs de 

     "tata Baluchon" ....

     

    Et j'attends qu'elle ait mis sur internet des photos et des vidéos extraites du spectacle ... dès que je les reçois je vous tiens au courant avec une seconde chronique sur ce même sujet.

     

    Elle dit que grâce aux vidéos et aux rires éclatants des spectateurs, les autres associations se battent pour obtenir le spectacle  ....  ils ont même refusé le Zénith de Béziers ... pas assez de places !  (bon … ça c’est pas vrai mais j’ai bien le droit de rêver !)

     

    On peut dire que j'aurais vraiment commencé tout en bas, sans le moindre piston, sans relation, sans rien  .... mais bon .... à partir du moment où le public en redemande, même si c'est dans un bled perdu au milieu de nulle part du Languedoc Roussillon ... moi, j'en suis fier ! (J’espère que la troupe ne prendra pas ombrage de cette dernière remarque si jamais ils tombent dessus car je m’associe totalement à eux en qualité d’inconnu dans son trou perdu !!!)

     

    C'est pas à Honfleur qu'on verra ça avec tous les trouducs qui ont pris la culture en otage et qui font des spectacles minables pour des spectateurs indigents !!!  :)

     

    Ce n'est qu'un début ... je continue le combat ....

     

    Ils ont pris, me dit-elle, un véritable perroquet pour jouer le rôle du perroquet et c'est quelqu'un en coulisse qui parle pour lui et dit la réplique devenue immortelle : "espèce de salope !"

     

    Moi, madame, j'exporte la culture Normande jusqu'au fin fond de la France très profonde pendant qu'à Honfleur on se gargarise des auteurs pédants et tristes !

     

    Faut aussi que j'écrive la suite des dialogues à la noix .... je suis débordé !!!!!!!   MDR !!!

     

     

    Ci-dessous le lien vers l’article du Midi Libre par Geneviève Forasiepi :

    http://www.midilibre.fr/2014/03/05/les-habitants-de-bassan-pourrait-chanter-dans-la-vie-faut-bassan-faireeee,830594.php

     

    Les habitants de Bassan pourraient chanter : "Dans la vie faut Bassan faireeee"!

     

     

    Bon ... maintenant que je suis devenu un auteur incontournable du paysage culturel de la France profonde, je dois avouer que je suis très fier de figurer parmi les auteurs inconnus lus.

    Ben oui !

    Quand on sait les difficultés qu’il y a à se faire lire …. On apprécie mieux l’exploit !

     

    Vous me connaissez, l'humilité est mon humus, le lit de feuilles de mes textes qui n'intéressent personne et forgent à la fois le froment et le composte de l'avenir de la culture de la France ...

     

    Les petits enfants apprendront par cœur "le mot nu"  (c'est Edmond (prof de lettres à la retraite) qui me l'a prédit) ... les plus vieux auront les lèvres pendues aux seins généreux de tata Baluchon et les caïds ne jureront que par DVDP ....

     

    C'est comme ça, on n'y peut rien .... les premiers  ministres se suivent et se succèdent .... les présidents  président dans le vide ... et mes conneries me survivront si Allah Jéhovah Bouddha et tata Baluchon le veulent bien !

     

    En conséquence, je vous le dis en vérité ... je vais me coucher avec bonheur et le sentiment du devoir accompli !

     

    Poils au zizi !!!!!!

  • 3. Dialogues à la noix dans la salle d’attente !

     

     

    3. Dialogues à la noix dans la salle d’attente !

    Bon ! il faut savoir faire contre mauvaise fortune bonne figure !
    J’ai donc fait mon plus beau sourire au téléphone en appelant le psy qu’un ami m’a indiqué comme étant spécialiste des causes perdues de mon espèce. Il est par ailleurs « expert auprès des tribunaux » ce qui est une preuve irréfutable d’équilibre psychique et intellectuel.
    Moi : « Allô ! ?»
    Le Psy : « Allô ! ? »
    M : « Vous êtes bien le docteur Chabraque ? »
    LP : « Vous êtes bien au cabinet du docteur Chabraque, je suis sa secrétaire. Que puis-je pour vous ? »
    M : « Je souhaiterais parler au docteur Chabraque. »
    LP : « Mais certainement, je vous propose lundi à 14h, c’est à prendre ou à laisser ! »
    M : « Je prends »
    Et en mon for intérieur, je me dis en aparté : « Si je peux pas y aller on pourra pas dire que je n’ai pas essayé ! ».

    J’ai donc pris un RTT et le lundi, je me pointe au cabinet du docteur Chabraque.
    C’est une belle villa de trois étages en pierres de tailles meulières (comme la truite éponyme). Elle est ornée de colombages (pans de bois) en chêne peints en vert SNCF et Les volets en frêne sont peints de rouge.
    Elle est plantée là, si haute avec sa toiture pentue de tuiles rouges en plein milieu d’un parc arboré et on y accède par longue une allée blanche de gravillons de Saint Omer.
    Puis on gravit sept marches pour accéder au perron couvert d’une verrière du XVIIIème siècle donnant sur une grande porte ferronnière à double vantaux vitrés.
    Sur le côté droit de la porte, une grande plaque en cuivre jaune sur laquelle est gravé :
    «

    Docteur Chabraque
    Psychiatre
    Ex interne des hôpitaux de Monaco
    Diplômé en acupuncture
    Diplômé en médecine générale
    Diplômé de la police scientifique de Los Angeles
    Diplômé des prisons de Memphis (Tennessee)
    Diplômé en scrabble et mots croisés
    Marc de café, tarot, osselets et viscères de vigognes

    »
    Franchement, ça vous fiche un de ces frissons toutes ces compétences réunies en un seul et même homme !
    On se dit qu’on va sonner à la bonne porte … si on la trouve … la sonnette …
    Mais, comme par magie et sans qu’on ait rien à entreprendre, la porte s’ouvre.
    Une grande femme nue sous sa blouse blanche, les tétons en batterie, les lèvres rubicondes et les dents blanches comme de l’ivoire, blonde comme les épis de blé avant la moisson, les yeux bleus, les paupières bleues, les cils noirs et longs comme des poils de chameau, battant comme un métronome tous les dix centièmes de seconde …
    Forcément, vous restez là, les bras ballants, la tempe claquante, la respiration haletante, le regard perdu dans le bleu de ses yeux, les mains moites et les jambes flageolantes.
    Elle, professionnelle et habituée à faire cet effet là sur les hommes, s’efface et vous invite à entrer puis à la suivre jusqu’à la salle d’attente.
    Elle est pleine (la salle d’attente).
    C’est une pièce rectangulaire assez grande avec une table basse au milieu sur laquelle diverses revues s’étalent languissantes. Les murs sont ornés de sérigraphies usées représentant des squelettes et des cadavres.
    D’un rapide regard circulaire on peut comprendre que les gens qui sont là ne sont pas comme tout le monde.
    Une femme a tourné sa chaise pour s’asseoir le dos tourné à la salle. Certains ont la tête baissée, d’autres se cachent derrière un journal ou un éventail … il y a une dame âgée qui tient une cage sur ses genoux. La cage contient un perroquet gris et vert du Gabon, de ceux qui sont des plus loquaces.
    Un vieux monsieur chenu a sous sa chaise un lévrier couché en chien de fusil.
    Soudain, la porte de la salle d’attente s’entrouvre et l’infirmière secrétaire accoucheuse passe sa tête blonde bleue pour annoncer :
    « Le docteur est arrivé ».
    La porte se referme sur une espèce de murmure qui court comme une rumeur en faisant tout le tour de la salle d’attente.
    Puis le silence revient. On entendrait une mouche se faire violer !
    La dame qui tourne le dos à la compagnie s’exprime comme dans un souffle :
    « C’est qui qui commence ? »
    La dame au perroquet annonce :
    « Il y a un nouveau. »
    Le perroquet répète :
    « Un nouveau » sur un ton nasillard.
    Il s’ébroue et un nuage de poussière envahit la cage avant de se répandre.
    Le lévrier lève sort la tête d’entre ses pattes puis la remet.
    J’éternue, sous l’effet de la poussière.
    « AAAAAATTTCCCHHHOOUUMMM !!! »
    Tous :
    « À vos souhaits ! »
    La porte s’entrouvre et l’infirmière multi cartes passe sa tête polychrome pour demander :
    « Madame Lamaison ».
    Une dame cachée derrière son éventail se lève sans montrer son visage et sort de la pièce.
    La dame qui tourne le dos :
    « Celle-là, elle est irrécupérable, elle croit qu’elle est espagnole alors qu’elle est née à Dunkerque d’un père allemand et d’une niçoise. »
    Le monsieur qui a le lévrier sous sa chaise :
    « C’est pas à vous de donner des leçons aux autres, quand on se prend pour une diva on se tait ! »
    La dame qui a un chapeau avec des oiseaux vivants attachés par les pattes :
    « Les divas c’est juste bon à se coucher sur un divan ! »
    Un monsieur qui se cache le visage derrière le Canard Enchaîné du 11 août 1975 (le journal est à l’envers mais on arrive quand même à en lire des bribes) :
    « Le divan du docteur est vieux et déchiré, il sent le tabac froid et le dégobillé, moi, je prends toujours une couverture avec moi pour m’y étendre ! »
    La dame qui a le dos tourné se lève puis se rassied :
    « Vous ne m’aurez pas avec vos stupides provocations, je ne chanterai pas, pas aujourd’hui ! »
    Le chien se lève, va à la chaise de la dame qui a le dos tourné et lève la patte sur un des pieds … La dame qui a le dos tourné lui crie :
    « Dégage de là sale cabot, va pisser sur ton maître ! »
    Un long silence s’installe pendant que le sale cabot retourne se coucher sous son maître.
    J’en profite pour jeter un coup d’œil circulaire plus circonspect.
    Nous sommes sept. Une chaise est vide, celle de madame Lamaison.
    En sus de moi-même, les six autres sont tous plus bizarres les uns que les autres.
    La dame qui nous tourne le dos voûté les cheveux gris sale, les épaules couvertes d’un vieux pull marron côtelé à mailles larges fait comme une tâche sur sa chaise. Elle se situe juste en face de moi ce qui fait que je ne peux même pas voir son profil.
    Elle me fait tant penser à tata Baluchon que je lui garde ce surnom.

    En tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, à ma droite un vieux monsieur à la barbe courte, aux gros sourcils broussailleux blancs sur des yeux caves aux minuscules orbites, des lèvres charnues et brunâtres, un front rabougri le tout sur un cou quasi inexistant.
    Je le surnomme illico « le vieux singe ».
    Sous sa chaise, un lévrier afghan qui pue comme une vieille négligée.

    La dame qui est à sa droite est plus ou moins cachée à mes yeux, mais je peux la voir un peu en me penchant en avant en arrière. Elle n’a pas de visage, il est caché sous un foulard bleu pâle. Elle porte un gilet gris en laine et une robe ou une jupe, je ne sais trop, en tissus moiré qui lui descend le long de ses jambes croisées jusqu’aux chaussures plates noires.
    Elle, je lui attribue le pseudo de « Mamma ».
    Sur ses genoux le perroquet du Gabon dans sa cage.

    À ma droite 90°, non loin de la porte, un petit monsieur sans âge qui lit son journal à l’envers : le Canard Enchaîné du 11 août 1975. Il ne bouge pas, seul le journal tremblote faisant un bruit incongru comme le vent dans les feuilles mortes d’un orme. Sous son pantalon crème on devine des jambes anémiées. Il les tient bien serrées et ses pieds chaussés de pantoufles ne touchent pas terre.
    « C’est peut-être un enfant ? » me dis-je en douce.
    Seuls ses petits doigts noirs boudinés serrant maladroitement le journal trahissent sa couleur.
    Je lui donne donc le surnom de « pygmée ».

    À ma droite à 45° et à la droite de la dame qui nous tourne le dos, une dame qui a un chapeau avec des oiseaux vivants attachés par les pattes. De temps à autre, un oiseau cherche à s’envoler, mais il retombe inexorablement sur le chapeau en jurant comme un charretier mal embouché. L’un des trois oiseaux pend lamentablement sur le bord du bibi, tenu par une patte attachée. De temps à autre il est pris de soubresauts alors la dame lève la main pour le remettre sur le chapeau mais il ne tient jamais bien longtemps.
    Je lui accorde le doux nom de « pervenche »
    Le lévrier susurre sans même se donner la peine de lever le museau :
    « Si c’est pas malheureux ! ».
    Je sursaute un peu, histoire de marquer le coup, mais sans plus.

    Personne ne semble avoir prêté attention à la remarque du lévrier.
    Je demande au singe :
    « Il s’appelle comment votre chien ? »
    C’est le chien qui me répond :
    « Ata-Truc ». Personne ne moufte !
    Je continue et termine mon tour de salle en lorgnant vers la dame élégante qui est à ma gauche à 315° et à gauche de la dame qui a le dos tourné.
    Elle est roide sur sa chaise, engoncée dans un grand manteau sombre, le cou entouré d’une fourrure naturelle de bichon. Son visage anguleux est plâtré de fard, ses petits yeux chafouins disparaissent sous de lourdes paupières lestées de pâte épaisse qui coule jusqu’à ses cils courts noircis au khôl de Monoprix. Son nez évoque Pinocchio et son chapeau Don Quichotte.
    Je l’appelle « la fée Carabistouille » parce que ça rime avec citrouille.
    « Et toi, tu t’appelles comment ? » Me demande le chien.
    « Yfig »
    Le singe tance son chien : « Tais-toi Ata-Truc, ne dérange pas le monsieur ! ».
    Moi : « Mais il ne me dérange pas. »
    « Laisse tomber ! il ne parle pas aux étrangers ! » Me répond le klébar.
    Tata Baluchon, qui nous tourne le dos, m’interpelle :
    « Vous êtes là pourquoi, monsieur Yfig » … et elle dit ça avec une espèce de dégout perceptible dans sa voix, surtout sur le ‘monsieur’.
    A ce moment un oiseau tente de s’échapper et retombe sur le chapeau avec un grand :
    « MERDE ! ».
    Moi : « Je suis venu consulter le psy parce que j’entends les objets, les légumes, les animaux … parler. »
    Le pygmée me lance d’une voix de basson :
    « Et en quoi ça gêne ? »
    Moi : « Oh pour tout plein de choses ! »
    La fée Carabistouille parle d’une voix suraigüe sans bouger les lèvres, un peu comme une ventriloque :
    « Comme ? »
    « Eh bien, par rapport aux autres, je passe pour un dingue. »
    La pervenche s’en mêle :
    « Passer pour un dingue aux yeux des fous, ça n’a pas d’importance. »
    Le lévrier se grattant le cou :
    « Faut pas prêter attention aux humains ordinaires, ils n’ont rien dans le crâne, tout ce qui n’est pas comme eux, banal, les horripile et les rend racistes ! »
    Le perroquet ajoute, pendu tête en bas à un barreau :
    « L’homme est un animal qui s’ignore, il ne parle pas avec les autres animaux parce qu’il est imbu de sa soi-disant supériorité mais dans le fond c’est le plus con de nous tous ! »
    Après un silence éloquent, je tente un timide :
    « Il y a un autre inconvénient majeur … »
    Tout le monde se tait. Le journal tremblote plus fort. Le chien fait un pet malodorant mais en harmonie avec sa puanteur naturelle. Le perroquet s’épouille, tata Baluchon renifle bruyamment et Pervenche remet l’oiseau qui pend sur son chapeau. La fée Carabistouille se lève et prend une revue de mode sur la table basse et se rassied en silence.
    Moi : « Ça ne vous intéresse pas de savoir ? »
    La voix de la Mamma se fait entendre pour la première fois. C’est une voix d’outre tombe, une voix glacée comme un iceberg qui vous donne des frissons jusque dans les tibias :
    « On le sait déjà. »
    Vlan !
    Je me renfrogne et garde pour moi mes extrapolations.
    Au bout d’un moment, tata Baluchon demande :
    « Lafleur, vous avez fait des progrès depuis la dernière fois ? »
    J’attends de voir qui est ’Lafleur’ !
    Le vieux monsieur que j’ai surnommé ‘le singe’ ouvre enfin la bouche. Sa voix est solennel, sourde, lente, avec des pointes d’accents aigües qui me font penser à des baïonnettes :
    « Affirmatif ! Le docteur fait du bon boulot, bonne tactique, fine mouche et Scaramouche. »
    Le chien : « Ouah ouah … gaaaarde à vous ! »
    « Merci monsieur le ministre de la défense. » Les congratule tata Baluchon.
    Tata Baluchon : « Et vous monsieur Mamadou Pape Ben Jamal Al Arabia, mon cher ministre de l’économie, qu’en pensez-vous ? »
    La Pygmé lui répond de derrière son journal :
    « Un peu cher, monsieur le président, mais ça vaut le coup si on tient compte du retour sur investissements ! »
    Monsieur le président ! ? voilà la tata devenue un monsieur !
    Le président : « Et vous madame la ministre de l’écologie ? »
    La Pervenche avec son chapeau aux oiseaux lui répond :
    « Certes, ça manque un peu de vert mais le respect de la nature est présent, nul ne peut le nier ! … surtout dans le jardin ! »
    Le président : « Madame Pouzzi, ma très chère ministre de la jeunesse et des sports, vous avez bien un avis ? »
    La Mamma se fend d’un généreux : « Euh …. »
    Et le perroquet du Gabon la soutient d’un : « On a connu mieux …. Mais c’était plus cher ! »
    Ça n’a pas l’air de faire plaisir au président qui se mouche très bruyamment !
    Le président : « Il ne reste plus que vous, madame la ministre de la culture qui n’ayez pas donné votre point de vue ! »
    La fée Carabistouille se lève, solennelle et constipée : « Comme disait Jean-Patrick Valesoleil, ‘les prix du carburant suivent souvent la courbe des produits minéraliers qui dépendent de l’extraction en mer du Nord avec la dimension subséquente de l’anthropomorphisme périculaire circonvulatoire des instituts de conservation des arts séculaires.’
    Et je suis du même avis ! »
    Le président : « Ouais ! Pas la peine de se demander pourquoi je vous ai mise à la culture ! Au prochain remaniement, je vous mets à l’agriculture ! »
    Le chien se lève, s’ébroue et dit : « Jean-Patrick Valesoleil est un con ! »
    La fée Carabistouille lui rétorque : « C’est celui qu’il l’dit qu’y est ! »
    Le président : « Je suis bien déçu, je ne vous entends pas parler de l’emploi ! ».
    Le pygmée : « C’est Lamaison la ministre du travail. »
    Le président : « L’emploi est l’affaire de tous, c’est la priorité des priorités je veux créer une commission chargée de trouver de nouvelles voix contre l’emploi pour le travail et le chômage. »
    Le pygmée : « Vous voulez dire contre le chômage et pour l’emploi ! »
    Le président : « Au lieu de faire le malin, débloquez-moi des crédits pour ma commission anti-chomedu ! »
    Le pygmée : « Où voulez-vous que je trouve l’argent, les caisses sont vides et l’écologie nous empêche d’exploiter nos mines de protoxyde d’azote ! »
    La Pervenche ministre de l’écologie avec son chapeau aux oiseaux lui répond : « Vous vous croyez drôle avec votre gaz hilarant (*) ? »
    Le président : « Vous n’avez qu’à prendre l’argent des militaires qui ne servent à rien en temps de paix ! »
    Le singe : « Prenez garde que la Russie ne nous fasse le coup de la Crimée, vous savez bien que les slaves ont le sang chaud et le vin mauvais. Dépouiller la défense c’est livrer la France aux convoitises des tyrannies. »
    Le pygmée revient à la charge : « De toute façon, vous savez bien, monsieur le président, que le patronat préfère que l’État paie le RSA aux inactifs plutôt que de leur donner du travail qui coûte plus cher à cause des cotisations sociales, des RTT et des congés payés. »
    Le président : « ce n’est pas faux, mais il faudrait que les patrons paient le RSA plutôt que le gouvernement. »

    Vous vous imaginez bien que je suis dans mes petits souliers, je me demande de quoi il retourne, si c’est du lard ou des cochonnailles ?
    La porte s’ouvre le la blonde bleue appelle : « Monsieur Yfig »
    OUF ! Sauvé par le gong, par la blonde peroxydée aux yeux bleus cérulés.



    (*) le protoxyde d’azote est aussi appelé gaz hilarant.

  • Poème à deux mains

    Bien à l’écart, des beaux quartiers        Bien à l'étroit dans son costard rayé
    Et de leur symbolisme altier,                 Avec sur la tête un sablier
    On perçoit, à travers la brume              On croit voir une plume qui lui pousse
    Une sombre vie, qui se consume.         Qui sort de son trou à mousse

    Elle est celle, d’un pauvre diable           Pauvre diable en bien piteux état
    Traînant sa silhouette misérable,         Tournant comme une girouette folle
    Revêtue de poussiéreux haillons,         Soulevant poussières et crachats
    Portant d’ineffaçables horions.            Portant son cartable à l'épaule

    Il passe devant une mairie                    Il se présente à la mairie
    Regarde le fronton, et puis rit               Espoir de se voir élire
    La belle devise de la France                  La France à besoin de son délire
    A pour lui, une odeur bien rance.         De ses odeurs fragrances pourries

    Dans l’abîme, de son exclusion             Dans la cabine à érections
    Il a perdu toute illusion.                        Il vote pour lui le con !
    Destinée remplie, de ratures                Mais il à fait tout plein de ratures
    Un fantôme, que la faim torture.          Sur le bulletin de forfaiture

    Pour les guignols technocratiques         Les guignols zygomatiques
    Il n’est juste qu’une, statistique           Ont ramassé un tas de tiques
    Un chiffre classé dans un dossier         Auraient dû se laver les pieds
    Et qu’ils ont aussitôt fait, d’oublier.        Auraient senti moins mauvais

    Quand il poussera son dernier râle,        Quand on fera pousser les crânes
    Dans l’indifférence générale,                  A la différence des bananes
    Loin de l'égoïsme de ce monde,            Pas de besoin d'une égoïne
    Son âme ira seule, jusqu’à sa tombe.    Pour que seules ils tombent

     

     

     

     

     

    Signé : Mister X et Yfig

     

  • An amazing visit of Grenoble (France – Isère) - Yfig 2014

    1 EXT.DAY PLACE SAINT ANDRE

    A sunny shine day with blue blue sky.
    At the foot of the statue of Bayard
    A small band of tourists expecting their guide come
    out of the restaurant where they ate and drank well with full stomachs.
    They are dissipated and dispersed.
    Vincenzo arrives late, his hands in his pockets,
    haranguing noisy visitors to gather them for the tour.

    1 VINCENZO
    Hello! Hello! Messieurs, Mesdames , ladies and gentlemen please come closer to me, I am your guide
    ...
    Tourists gather by inciting each others ...

    2 FIRST TOURIST
    Well, you 're ten minutes late!

    3 VINCENZO
    Yes, but you 're not going to regret this.
    Well, is everyone here ?

    4 TOURISTS
    Yes yes yes we are here, we all are there!

    5 SECOND TOURIST
    Oh no , I'm not here ah ah ah !

    6 VINCENZO
    Ladies and gentlemen and others, let me introduce myself,
    I am Vincenzo your guide and I'll be showing you our charming city ...
    or at least a part because ... it is huge !
    Tell me ! Have you eaten well, enjoyed your meal, at least ?

    7 TOURISTS
    Oh Yes, it was good, very good ...


    8 FIRST TOURIST
    We had a ‘gratin Dauphinois’ delicious!

    9 VINCENZO
    Good!
    I'll start by talking about Grenoble‘s origins.
    It started back to in antiquity to the time when
    Grenoble was called ' Cularo ' 50 years before Jesus Christ.
    Cularo was built by the Gauls, or Celts called : Allobroge, if you prefer ...
    (… He is interrupted by a tourist ...)

    10 SECOND TOURIST
    ( grinning mockingly )
    What does “Cularo” mean?

    11 VINCENZO
    Do not worry , I do leave no stone unturned , I will tell you all and even more if
    that’s what you want ... but ... do not ... stop me , OK ? !

    12 TOURISTS
    ( In chorus)
    OK !

    13 SECOND TOURIST
    ( makes a grimace)

    14 VINCENZO
    Where was I ? Ah ... yes , Cularo
    ... Well, now, later on we will see a vestige of the Roman enclosure
    built in 290 after Jesus Christ , rue Lafayette .
    A century later , Cularo became Gratianopolis then finally,
    it got it’s name Grenoble in the XIVth century.
    Before leaving this place, I want you to noticed this statue is that of Peter Terrail seigneur de Bayard called the “Knight without fear and without reproach. "
    From a family of gentry, Bayard page was in the court of Charles the 1st
    before being called to serve Kings Charles VIII , Louis XII and François 1er Francis I. ........
    Come on, forward a little , If you’ll follow me, we’ll get started...

    15 THIRD TOURIST
    Mr. Vincenzo , please do not walk too fast, we are old and lame!

    16 VINCENZO
    Whomever If you can’t walk you can stay there. This is where we’ll finish the tour

    (Some tourists grumble, some seek a bench or
    something to sit their ass on.
    Some wander off.
    Vincenzo advance to Hector Berlioz street without realizing
    he has lost his tourists and he is talking to no one.)



    2 EXT.DAY LEAVING THE PLACE SAINT ANDRE

    17 VINCENZO
    On your left college Saint André and above you’ll notice the famous St. Andrew’s Bell Tower
    Collegiate Church of Saint Andrew, on your right a theater and on your left the old Roman tower of Grenoble ...

    ( looking behind him ... he
    stops and waits )


    But ... I can’t believe it ! Go go, Macte animi, a little effort !

    ( when aggregated )

    look at this Roman remains and ...above, there, you see, it is called a watchtower !

    (A lady is surprised ...)


    18 THE LADY
    This is a Roman watchtower ?

    19 VINCENZO
    No, it was to see if you were listening !

    FADE



    3 EXT.DAY AT THE END OF THE STREET BERLIOZ


    Vincenzo stops and waits for the stragglers to catch up.

    20 VINCENZO
    Look !
    ( He shows the mountains and the cable )
    You see the mountain? Well we have a saying that goes :
    " When you see the top of the mountain it is that it will rain
    When ... you cannot see the top the mountain it is that it’s raining ! "
    (Some tourists complacently laugh at the joke but ....)

    21 SECOND TOURIST
    And Cularo ... what does it mean ?

    22 VINCENZO
    I promised to tell you and I will tell you ... if you are wise,
    good! Follow me , let us stay in the shade of the trees and
    I’ll tell you a little more about Grenoble ...



    4 EXT.DAY IN THE SHADOW OF LARGE TREES PARK CITY


    Everyone ( what is left ) gathers around the guide.


    23 VINCENZO
    I must relate you the legend of Munatius Lucius Plancus which took place in May 43 BC,
    saying that he came from the city of Lyon, which he founded and that he built a bridge
    within only one day on the Isere river for laying siege of Cularo.
    The St. Lawrence Bridge stands today on the site of the original bridge.


    24 SECOND TOURIST
    And what does it mean Cularo ?


    25 VINCENZO
    You, When you have something stuck in your head ! ...
    Once the city was conquered, the inhabitants had to pay taxes to Rome.
    In 379 , Emperor Gratian transformsed the vicus of Cularo into the city ​​he named Gratianopolis .
    Its name was changed to Graignovol and Grenoble after that there was associated word
    on the orders of the noble king of France the owner of Dauphiné .
    The city was renamed to Grelibre during the French revolution went back to Grenoble
    It’s current name under Napoleon .....
    Come on, let us walk a little and cross the shadowed side of the city Park ​​...


    FADE


    5 EXT.DAY AFTER PARK CITY (RUE BRESSIEUX )


    Vincenzo expects the group to unite around him.


    26 VINCENZO
    I 'll talk about Grenoble(‘s) personalities.
    We have already seen earlier the statue of Knight Bayard. Jacques de Vaucanson invented the loom weaving in the eighteenth century that was the pride of the heyday of Grenoble as will be much later the white coal ...


    27 FIRST TOURIST
    ( interrupts the guide)
    Sir, sir ...

    28 VINCENZO
    Yes ?


    29 FIRST TOURIST
    What is white coal ?


    30 VINCENZO
    The electricity produced by the dams , hence the name white coal as opposed to black (coal that you burn).
    Well I will pick up where I was ...
    On January 23, 1783 Henri Beyle was born in Grenoble ...
    Henri Beyle, do you know whom he was ?


    (Tourists have an interrogative look , puzzled when suddenly a
    lady exclaims : )


    31 THE LADY
    Ah yes, I think he is Alexandre Dumas !

    32 VINCENZO
    ( shocked embarrassed )
    Well ... no, Alexandre Dumas, is Alexandre Dumas and Henri Beyle is better known under the name of Stendhal ...
    you know ... the Charterhouse of Parma .... The Red and the Black ...


    33 SECOND TOURIST
    And ... Cularo !


    34 VINCENZO
    (ignores the remark)
    Born in the nineteenth century in the quarter of cross Saint André was born the great composer Hector Berlioz.
    Then, in the late nineteenth century Champollion was born here.
    He is best remembered for having deciphered Egyptian hieroglyphics, thanks to the Rosetta Stone.



    35 THE LADY
    And Alexandre Dumas, where was he born ?


    36 VINCENZO
    Not in Grenoble ! But the triple Olympic medalist Jean- Claude Killy , yes!
    Alright, now let’s keep moving
    ( He turns on his heel and goes quickly in order to avoid the question of the lady)

    FADE


    6 EXT.DAY AT THE END OF THE STREET BRESSIEUX

    Vincenzo, as always, expects the tourists to congregate.



    37 VINCENZO
    Here we come to Grenette the oldest and busiest place in Grenoble.
    Let's talk about our Grenoble nowadays ... Do you know, for example, that Grenoble is the largest flat city in the middle of France‘s mountains ?
    Stendhal said ... " after each street a mountain . "
    This is a town of nearly 500,000 people counting three universities with more than 60,000 students , the school of international management,
    new engineering schools, several public research centers and private’s ones, particularly oriented to new technologies such as the synchrotron MINATEC LETI .
    The most of these organizations research are concentrated in the north of Grenoble in what is called the scientific polygon
    ...


    38 SECOND TOURIST
    And pretty women, where are they ?

    39 VINCENZO
    (ignore the question)
    And ... that is where in Grenoble that the 40th Olympic's Games were organized in 1968 .
    On the other hand, In the city, you’ll find many museums, of which you can look up the coordonnées at the Office of Tourism.
    You see, now We’re going to head ourselves on Felix Street Poulat to the church Notre-Dame of Hopes , but I want to show you something else, just in front of this church...

    40 THIRD TOURIST
    Do we have much farther to go ? My feet hurt !


    41 VINCENZO
    You can stay here, if you want , we will pick you up when we come back.


    42 THIRD TOURIST
    Okay ... Germaine , you stay with me ?

    Vincenzo goes and the others follow.



    FADE



    7 EXT.DAY AT THE 5th STREET FELIX POULAT

    those who have not abandoned the tour finds themselves in front of the church.




    43 VINCENZO
    Here is the place that I wanted to show you , it is called
    " Building of the Elephants" elephants were put there in memory of
    the famous crossing of the Alps by Hannibal's elephants in 218 BC.


    44 THE LADY
    This house does not look so old !


    45 VINCENZO
    ( completely taken aback but eager to answer )
    Oh you know , the mayor has made sure that the city’s heritage is well-maintained !




    FADE




    8 EXT.DAY PLACE SAINT ANDRE


    Tourists are all found at the foot of the statue of Bayard to catch their bus.


    46 VINCENZO
    Well ladies and gentlemen,
    The tour is over , you can go home, and I hope you will come back to Grenoble.
    Thank you for not forgetting the guide.

    (Some tourists slip a coin in his hand.
    Upon leaving , he apostrophize the group for the last time : )


    47 VINCENZO
    In fact, I almost forgot ...
    Cularo , it comes from the Gallic and word still exists in the “patois du Dauphiné” (or the Dauphine dialect).
    ' Courla ' means ' squash ' the vegetable.
    Goodbye everyone!
    ( he goes waving to them)



    END

  • walnuts dialogs

                                                                              
              Cast List:                                                       
                                                                               
                                                                               
              YFIG                                    30                       
                                                                               
              NUTS 2                                   9                       
                                                                               
              ENDIVE 2                                 7                       
                                                                               
              NUTS 1                                   6                       
                                                                               
              ENDIVE 1                                 3                       
                                                                               
              MATCH                                    1                       
                                                                               
              NUTS 3                                   1                       
                                                                               
              COMTÉ                                    1                       
                                                                               
              SHALLOTS                                 1                       
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                                              
                                                                               
                                                                               
       1      INT. APARTMENT HONFLEUR - DAY                                    
                                                                               
              Yfig installs on the small coffee table , a bowl resting on      
              a piece of newspaper to collect walnut’s shells and their        
              bursts and a basket half filled with walnuts . Grabbing the      
              remote, he puts the TV on mute, in background if you prefer.     
                                                                               
              Ass in the TV chair, he grabs the first walnut and using a       
              knife with short but strong blade , he begins to disembowel      
              it to remove the delicious creamy kernels. When he               
              positioned the tip of his knife into the walnut slot, he         
              hears an unknown voice saying :                                  
                                                                               
                             1    NUTS 1                                       
                        Hééééééé! Hoooooo! stop, noooooooo!                    
                        ?                                                      
                                                                               
                             2    YFIG                                         
                        (very surprised, shocked!)                             
                                                                               
                        ???????????                                            
                                                                               
                        It is you who is speaking?                             
                                                                               
                             3    NUTS 1                                       
                        Ouch! you’re nuts! ? it hurts,                         
                        remove your knife immediately!                         
                                                                               
                             4    YFIG                                         
                        (to himself aside but strong enough                    
                        to be heard by the TV)                                 
                                                                               
                        I have to sleep, I am making a kind                    
                        of nightmare ....                                      
                                                                               
                             5    NUTS 1                                       
                        Ouch ! I tell you, withdraw the                        
                        blade of my ass, you hurt me by god                    
                        !                                                      
                                                                               
                             6    YFIG                                         
                             (aside)                                           
                        An atheist nuts! It does not put an                    
                        uppercase to ’god’!                                    
                                                                               
                             7    NUTS 1                                       
                        Withdraw the blade or I’ll ...                         
                                                                               
                             8    YFIG                                         
                        You’ll make me what?                                   
                                                                               
           
                             9    NUTS 1                                       
                        I sue you for physical torture!                        
                                                                               
                             10   YFIG                                         
                        But stop a while messing around, a                     
                        walnut is not a being, it is a                         
                        fruit, a walnut does not speak a                       
                        walnut it closes its mouth ...                         
                                                                               
              And presto, with a jerk, he separe both shell portion to         
              reach the heart tender and tasty of walnut. )                    
                                                                               
                             11   NUTS 1                                       
                             (it lets out a piercing cry of                    
                             pain and then shuts up)                           
                                                                               
                             12   YFIG                                         
                        Who’s the boss! ?                                      
                                                                               
              After carefully separate the kernels of walnuts, he grabs a      
              second walnut ...                                                
                                                                               
                             13   NUTS 2                                       
                             ((trembling like a leaf ...))                     
                        Noooooo pity, rip me not, I’m                          
                        young, I have a few good days to                       
                        live ... Pity!                                         
                                                                               
                             14   YFIG                                         
                        But what is this jest ?                                
                                                                               
                             15   NUTS 2                                       
                        I saw what you did to Caroline,                        
                        please do not make me suffer the                       
                        same martyr ...                                        
                                                                               
                             16   YFIG                                         
                        You also going to sue me?                              
                                                                               
                             17   NUTS 2                                       
                        No, I will not do anything, I will                     
                        not anger you, but spare me, rather                    
                        take another walnut, older than me                     
                        who has the right to die with                          
                        dignity ...                                            
                                                                               
                             18   YFIG                                         
                        An old stunted walnut tasting like                     
                        cardboard, that’s what you want me                     
                        to put in my salad?                                    
                                                                               
                                                                                   
                             19   NUTS 2                                       
                        Ah! Because you make a salad?                          
                                                                               
                             20   YFIG                                         
                        Yeah, why do you think I break                         
                        walnuts?                                               
                                                                               
                             21   NUTS 2                                       
                        But what kind of salad?                                
                                                                               
                             22   YFIG                                         
                        A walnut salad.                                        
                                                                               
                             23   NUTS 2                                       
                        There’s only walnuts in your salad?                    
                                                                               
                             24   YFIG                                         
                        Oh no, nuts are only some tasty                        
                        ingredients to make an endives                         
                        salade sweet and slightly bitter.                      
                                                                               
                             25   NUTS 2                                       
                        But .... have You checked that you                     
                        had enough endives ?                                   
                                                                               
                             26   YFIG                                         
                        You think I am stupid ?                                
                                                                               
                             27   NUTS 2                                       
                        No, not at all, but ... I was                          
                        thinking like that, it would be                        
                        beastly to peel nuts if you do not                     
                        succeed to make endive salad, as                       
                        walnuts, once opened, their little                     
                        hearts wither, shrivel, age and end                    
                        up taking a nasty taste like                           
                        cardboard.                                             
                                                                               
                             28   YFIG                                         
                        Yep! Don’t move, I cast a glance in                    
                        the fridge ...                                         
                                                                               
              Of course, he finds the endive package that he stored there.     
              He grabs it and opens it. He grabbed an endive and passes it     
              under cold water to wash ... when ...                            
                                                                               
                             29   ENDIVE 1                                     
                        Ahhhhh! It’s cold!                                     
                                                                               
                             30   YFIG                                         
                             ((aside ... amazed))                              
                        But ! You realize? A endive that                       
                        talks ! I’m going crazy or what???                     
                                                                               
                                                                                     
                             31   ENDIVE 1                                     
                        Please, stop, water’s too cold!                        
                                                                               
                             32   YFIG                                         
                        If this is a joke, it is in very                       
                        bad taste!                                             
                             (He picks a bowl in the                           
                             cupboard, a sharp knife in the                    
                             drawer and begins to cut the                      
                             endive into strips ...)                           
                                                                               
                             33   ENDIVE 1                                     
                             (Pushes a great shrill and                        
                             desperate cry ! He grabs one                      
                             second endive and places it                       
                             under the tap to clean ...)                       
                                                                               
                             34   ENDIVE 2                                     
                             (pleads)                                          
                        Please, do not make to me what you                     
                        have done to my friend Julie, do                       
                        not cut me like a sausage , I do                       
                        not wanna die , I’m too young ...                      
                                                                               
              Yfig interrupts .                                                
                                                                               
                             35   YFIG                                         
                        Do you intend to replay me the                         
                        walnut trick ?                                         
                                                                               
                             36   ENDIVE 2                                     
                        What is the " walnut trick "?                          
                                                                               
                             37   YFIG                                         
                        Forget it!                                             
                                                                               
                             38   ENDIVE 2                                     
                        Why do you want to slice us?                           
                                                                               
                             39   YFIG                                         
                        To make my salad, by Jove .                            
                                                                               
                             40   ENDIVE 2                                     
                        What is it like salad?                                 
                                                                               
                             41   YFIG                                         
                        Endive salad with walnuts and                          
                        Comté.                                                 
                                                                               
                             42   ENDIVE 2                                     
                        What is it ’Comté’ ?                                   
                                                                               
                                                                                
                             43   YFIG                                         
                        Well ... French cheese.                                
                                                                               
                             44   ENDIVE 2                                     
                        And you have checked that you have                     
                        any?                                                   
                                                                               
                             45   YFIG                                         
                        Ah ! I catch you in the act of                         
                        plagiarism , you’re making me the                      
                        walnut trick !                                         
                                                                               
                             46   ENDIVE 2                                     
                        And if you do not have a Comté ?                       
                                                                               
                             47   YFIG                                         
                        It’s starting to piss me off !                         
                                                                               
              He opens the fridge , grabs the county, and rips the             
              packaging .... the cheese cries                                  
                                                                               
                             48   COMTÉ                                        
                        NOOOOOO Please, do not behead me ,                     
                        I do not wanna die ...                                 
                                                                               
                             49   YFIG                                         
                             ((surprised, he drops the                         
                             cheese. ))                                        
                        Doggone non god ! What the fuck !                      
                             ((He pinches himself ... ))                       
                        Ouch! But it’s painful, I do not                       
                        sleep , it’s crazy ... yes, that’s                     
                        it, I’m going crazy ...                                
                                                                               
              He throws a quick look around him 360 ř without moving his       
              body ... He is in the kitchen, on the worktop the first bowl     
              of chicory , the second endive is lying down next to the         
              bowl on the other side , cheese he dropped ... and in the        
              lounge, on the coffee table the basket of nuts and a             
              container with two kernels and nuts on the table.                
                                                                               
                             50   YFIG                                         
                             (talking to himself)                              
                        There’s something wrong! But what?                     
                                                                               
              So he sees the photophore on the mantel ... He goes to the       
              fireplace, install a brand new candle and catches the            
              matchbox. He takes a match, but being near to ignite it, the     
              match exclaims ...                                               
                                                                               
                             51   MATCH                                        
                        NOOOOOO, please, do not scratch me,                    
                        I do not want to burn, not already,                    
                        let me live a little ...                               
                                                                               
                             52   YFIG                                         
                        Well, then, enough is enough!                          
                                                                               
              He leave himself fall in the chair, closes his eyes and          
              falls asleep.                                                    
                                                                               
                             53   YFIG                                         
                             (awaking)                                         
                        How long have I been asleep? ...                       
                                                                               
              Nothing has changed.                                             
                                                                               
              Nuts are ahead him and from far, he sees the endives’            
              package , the bowl and the Comté on the working plan of the      
              kitchen. He grabs the second walnut and a knife ...              
                                                                               
                             54   NUTS 2                                       
                        NOOOOOO pity, do not disembowels                       
                        me, I do not want to die ....                          
                                                                               
                             55   YFIG                                         
                             ((determined not to let                           
                             himself die of hunger ...))                       
                        Sorry, my dear, but it’s you or me!                    
                                                                               
              Crac, he bursts it, she screams, he pulls out the beautiful      
              kernels and grabs the next walnut screaming ...                  
                                                                               
                             56   NUTS 3                                       
                        NNNNNNNNOOOOOOOOOOOOO ...                              
                                                                               
              Crac, crac, crac ...  he guts, he dissects, he beheads, he       
              slices ... he hashes yelling, screaming, sobbing ...             
                                                                               
                             57   YFIG                                         
                        Good! Where are the shallots .....                     
                                                                               
              In the cupboard one can hear shallots sobbing ...                
                                                                               
                             58   SHALLOTS                                     
                        no, no, mercy, pity we do not want                     
                        to die, please, do not peel us ...                     
                                                                               
                             59   YFIG                                         
                             (Totally demotivated, he goes                     
                             to the door)                                      
                        Good! I’m going to eat at the                          
                        restaurant ... there, at least,                        
                        everything is already dead in the                      
                        plate !                                                 
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               

  • scénario court métrage : une visite amusante de Grenoble (Isère)

                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
              Cast List:                                                       
                                                                               
                                                                               
              VINCENZO                                26                       
                                                                               
              SECOND TOURISTE                          7                       
                                                                               
              LA DAME                                  4                       
                                                                               
              PREMIER TOURISTE                         4                       
                                                                               
              TROISIÈME TOURISTE                       3                       
                                                                               
              LES TOURISTES                            3                       
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
       1      EXT.JOUR  PLACE SAINT ANDRÉ                                      
                                                                               
              Au pied de la statue de Bayard                                   
                                                                               
              Une petite troupe de touristes attend son guide ils viennent     
              de sortir du restaurant où ils ont bien bu et mangé. Ils         
              sont dissipés et dispersés.                                      
                                                                               
              Vincenzo arrive en retard, les mains dans les poches. Il va      
              haranguer les visiteurs pour les rassembler pour la visite.      
                                                                               
                             1    VINCENZO                                     
                        Hello ! Hello ! M’ssieurs dames,                       
                        approchez-vous, je suis votre guide                    
                        ...                                                    
                                                                               
              Les touristes se regroupent en s’interpellant les uns les        
              autres ...                                                       
                                                                               
                             2    PREMIER TOURISTE                             
                        Ben vous êtes en retard, ça fait                       
                        dix minutes qu’on attend !                             
                                                                               
                             3    VINCENZO                                     
                        Oui, mais vous n’allez pas le                          
                        regretter.                                             
                                                                               
                        Bon, tout le monde est là ?                            
                                                                               
                             4    LES TOURISTES                                
                        Oui oui oui on est là, on est tous                     
                        là !                                                   
                                                                               
                             5    SECOND TOURISTE                              
                        Ah non, moi je suis pas là ah ah ah                    
                        !!!                                                    
                                                                               
                             6    VINCENZO                                     
                        Mesdames messieurs et les autres,                      
                        je me présente, je suis Vincenzo                       
                        votre guide et je vais vous faire                      
                        visiter notre charmante ville ...                      
                        ou en tout cas une partie ... parce                    
                        qu’elle est grande !                                   
                                                                               
                        Dites-moi ! Vous avez bien mangé,                      
                        au moins ?                                             
                                                                               
                             7    LES TOURISTES                                
                        Oh Oui, c’était bon, très bon ...                      
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                      2.       
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                             8    PREMIER TOURISTE                             
                        On a mangé un gratin Dauphinois                        
                        délicieux !                                            
                                                                               
                             9    VINCENZO                                     
                        Bon !                                                  
                                                                               
                        Je vais commencer par vous parler                      
                        de Grenoble à ses origines qui                         
                        remontent à l’antiquité au temps où                    
                        Grenoble s’appelait ’Cularo’ moins                     
                        50 ans avant Jésus Christ. Cularo a                    
                        été construite par des Gaulois,                        
                        c’est à dire des Celtes appelés les                    
                        Allobroges ...                                         
                                                                               
              il est interrompu par un touriste ...                            
                                                                               
                             10   SECOND TOURISTE                              
                             (rigolard, goguenard)                             
                        ça veut dire quoi Cularo ?                             
                                                                               
                             11   VINCENZO                                     
                        Ne vous inquiétez pas, je ne                           
                        laisserai rien dans l’ombre, je                        
                        vous dirai tout et même plus si                        
                        affinités ... mais ... il ne faut                      
                        pas ... m’interrompre, OK ? !                          
                                                                               
                             12   LES TOURISTES                                
                             (En chœur)                                        
                        OK !                                                   
                                                                               
                             13   SECOND TOURISTE                              
                             (fait la gueule)                                  
                                                                               
                             14   VINCENZO                                     
                        J’en étais où ? ... Ah oui, Cularo                     
                        ... Eh bien, tout à l’heure, nous                      
                        verrons un vestige de l’enceinte                       
                        romaine construite en 290 après                        
                        Jésus Christ, rue Lafayette.                           
                                                                               
                        Un siècle plus tard, Cularo devient                    
                        Gratianopolis pour définitvement                       
                        s’appeler Grenoble au XIVéme                           
                        siècle.                                                
                                                                               
                        Avant de quitter cette place, je                       
                        tiens à vous faire remarquer cette                     
                        statue qui est celle de Pierre                         
                        Terrail, le chevalier « Sans peur                      
                        et sans reproche ». Issu d’une                         
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                      3.       
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                  VINCENZO                                     
                        famille de petite noblesse, Bayard                     
                        est page à la cour de Charles 1er                      
                        avant d’être appelé au service des                     
                        rois Charles VIII, Louis XII et                        
                        François 1er. ........ Allez, on                       
                        avance un peu, on va se dégourdir                      
                        les jambes ...                                         
                                                                               
                             15   TROISIÈME TOURISTE                           
                        Monsieur Vincenzo, s’il vous plaît,                    
                        ne marchez pas trop vite, nous                         
                        sommes âgés et perclus !                               
                                                                               
                             16   VINCENZO                                     
                        Ce qui ne peuvent pas marcher                          
                        peuvent rester là, nous finirons la                    
                        visite ici.                                            
                                                                               
              Quelques touristes râlent, certains cherchent un banc ou         
              quelque chose pour poser son cul.                                
                                                                               
              Les autres partent tranquillement vers ailleurs.                 
                                                                               
              Vincenzo avance vers la rue Hector Berlioz, sans se rendre       
              compte qu’il sème ses visiteurs, il est en train de parler       
              dans le vide avant de se rendre compte qu’il est seul.           
                                                                               
                                                                               
                                                                               
       2      EXT.JOUR  QUITTANT LA PLACE SAINT ANDRÉ                          
                                                                               
                             17   VINCENZO                                     
                        Sur votre gauche, la collégiale                        
                        Saint André et au dessus, le                           
                        remarquable campanile de la                            
                        collégiale Saint André, sur votre                      
                        droite le théâtre et sur votre                         
                        gauche l’ancienne tour romaine de                      
                        Grenoble ...                                           
                             (regardant derrière lui ... il                    
                             s’arrête et les attend)                           
                        Mais ... c’est pas vrai !  Allez,                      
                        allez, macte animi, un peu de nerf                     
                        !                                                      
                             (une fois regroupés)                              
                        regardez, ce vestige romain ... et                     
                        en haut, là-bas, vous voyez, ça                        
                        s’appelle une échauguette !                            
                                                                               
              Une dame est surprise ...                                        
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                      4.       
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                             18   LA DAME                                      
                        C’est romain les échauguettes ?                        
                                                                               
                             19   VINCENZO                                     
                        Non, c’était pour voir si vous                         
                        écoutiez !                                             
                                                                               
                                                            FONDU ENCHAÎNÉ     
                                                                               
                                                                               
                                                                               
       3      EXT.JOUR  AU BOUT DE LA RUE BERLIOZ                              
                                                                               
              Vincenzo s’arrête et attend que les traînards les ai             
              rejoints.                                                        
                                                                               
                             20   VINCENZO                                     
                        Regardez                                               
                             (Il montre la montagne et le                      
                             téléphérique)                                     
                        Vous voyez la montagne ?   Eh bien                     
                        nous avons un adage qui dit :                          
                        "Quand on voit  le haut de la                          
                        montagne, c’est qu’il va pleuvoir                      
                        ... quand on ne voit plus le haut                      
                        de la montagne, c’est qu’il pleut                      
                        !"                                                     
                                                                               
              Quelques touristes complaisants rient à la blague .... mais      
              ...                                                              
                                                                               
                             21   SECOND TOURISTE                              
                        Et Cularo ... ça veut dire quoi ?                      
                                                                               
                             22   VINCENZO                                     
                        Je vous ai promis de vous le dire                      
                        et je vous le dirai ... si vous                        
                        êtes sage !                                            
                                                                               
                        Suivez-moi, nous allons nous mettre                    
                        à l’ombre de ces arbres et je vais                     
                        vous parler un peu de Grenoble ...                     
                                                                               
                                                                               
                                                                               
       4      EXT.JOUR  À L’OMBRE DE GRANDS ARBRES PARC DE LA VILLE            
                                                                               
              Tout le monde (ce qu’il en reste) se regroupe autour du          
              guide.                                                           
                                                                               
                             23   VINCENZO                                     
                        Il faut que je vous narre la                           
                        légende de Lucius Munatius Plancus                     
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                      5.       
                                                                               
                                                                               
                                  VINCENZO                                     
                        qui prétend qu’en mai 43 avant JC,                     
                        venant de Lyon qu’il a fondé,  il                      
                        aurait construit en un jour un pont                    
                        sur l’Isére là où se trouve                            
                        aujourd’hui la passerelle Saint                        
                        Laurent pour attaquer et conquérir                     
                        la ville de Cularo.                                    
                                                                               
                             24   SECOND TOURISTE                              
                        Et ça veut dire quoi Cularo ?                          
                                                                               
                             25   VINCENZO                                     
                        Vous, quand vous avez quelque chose                    
                        dans la tête !                                         
                                                                               
                        Une fois la ville conquise, les                        
                        habitants durent payer des impôts à                    
                        Rome.                                                  
                                                                               
                        En 379, L´empereur Gratien                             
                        transforme le vicus de Cularo en                       
                        cité qu´il baptise Gratianopolis.                      
                        Son nom se transformera par la                         
                        suite en Graignovol puis Grenoble                      
                        après que l’on y eut associé le mot                    
                        noble en référence au roi de                           
                        France, propriétaire du Dauphiné.                      
                                                                               
                        La ville fut rebaptisée Grelibre à                     
                        la révolution mais reprendra son                       
                        nom actuel sous Napoléon.....                          
                        Allez, promenons-nous un peu et                        
                        traversons l’allée du parc de la                       
                        ville ...                                              
                                                                               
                                                            FONDU ENCHAÎNÉ     
                                                                               
                                                                               
                                                                               
       5      EXT.JOUR   AU BOUT DU PARC DE LA VILLE (RUE BRESSIEUX)           
                                                                               
              Vincenzo attend que le groupe se réunisse autour de lui.         
                                                                               
                             26   VINCENZO                                     
                        Je vais vous parler des                                
                        personnalités grenobloises. Nous                       
                        avons vu tout à l’heure la statue                      
                        du chevalier Bayard. Jacques de                        
                        Vaucanson inventera le métier à                        
                        tisser au XVIIIe  siècle qui fera                      
                        les grandes heures de Grenoble                         
                        comme plus tard la houille blanche                     
                        ...                                                    
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                      6.       
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                             27   PREMIER TOURISTE                             
                             (interrompt le guide)                             
                        Monsieur, monsieur ...                                 
                                                                               
                             28   VINCENZO                                     
                        Oui ?                                                  
                                                                               
                             29   PREMIER TOURISTE                             
                        C’est quoi la houille blanche ?                        
                                                                               
                             30   VINCENZO                                     
                        L’électricité, celle produite par                      
                        les barrages, d’où le nom de                           
                        houille blanche par opposition à la                    
                        noire. Bon je reprends où j’en                         
                        étais ...                                              
                                                                               
                        Le 23 janvier 1783 Henri Beyle voit                    
                        le jour à Grenoble ... Henri Beyle,                    
                        ça vous dit quelque chose ?                            
                                                                               
              Les touristes se regardent interrogatifs quand soudain, une      
              dame s’exclame :                                                 
                                                                               
                             31   LA DAME                                      
                        Ah oui, je crois que c’est                             
                        Alexandre Dumas !                                      
                                                                               
                             32   VINCENZO                                     
                             (estomaqué embarrassé)                            
                        Ben ... non, Alexandre Dumas, c’est                    
                        Alexandre Dumas et Henri Beyle il                      
                        est plus connu sous le nom de                          
                        Stendhal ...  vous savez bien ...                      
                        la chartreuse de Parme .... le                         
                        rouge et le noir ...                                   
                                                                               
                             33   SECOND TOURISTE                              
                        ... et Cularo !                                        
                                                                               
                             34   VINCENZO                                     
                             (ignore la remarque du                            
                             touriste)                                         
                         Au XIXe siècle naîtra à la côte                       
                        Saint André Hector Berlioz le grand                    
                        compositeur de musique. Puis, à la                     
                        fin du XIXe siècle ce sera le tour                     
                        de Champollion de naître. C’est                        
                        lui, vous vous souvenez, qui                           
                        déchiffrera les hiéroglyphes grâce                     
                        à la pierre de Rosette.                                
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                      7.       
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                             35   LA DAME                                      
                        Et Alexandre Dumas, il est né où ?                     
                                                                               
                             36   VINCENZO                                     
                        Pas à Grenoble ! Par contre, le                        
                        triple médaillé olympique                              
                        Jean-Claude Killy, oui ! ... Allez                     
                        avançons un peu ...                                    
                             (Il tourne les talons et s’en                     
                             va vite pour ne pas répondre à                    
                             la question de la dame)                           
                                                                               
                                                            FONDU ENCHAÎNÉ     
                                                                               
                                                                               
                                                                               
       6      EXT.JOUR  AU BOUT DE LA RUE BRESSIEUX                            
                                                                               
              Vincenzo attend comme toujours que les touristes se              
              rassemblent.                                                     
                                                                               
                             37   VINCENZO                                     
                        Nous voilà arrivé place Grenette,                      
                        la plus ancienne et la plus                            
                        fréquentée place de Grenoble.                          
                                                                               
                        Parlons un peu de Grenoble de nos                      
                        jours ... Savez-vous, par exemple,                     
                        que Grenoble est la ville la plus                      
                        plate de France en plein milieu des                    
                        montagnes ?                                            
                        ... Stendhal disait : "au bout de                      
                        chaque rue une montagne". C’est une                    
                        agglomération de près de  500.000                      
                        habitants comptant trois                               
                        universités (avec plus de 60 000                       
                        étudiants), une école                                  
                        internationale de management, neuf                     
                        écoles d’ingénieurs, plusieurs                         
                        centres de recherche publics et                        
                        privés, tournés notamment vers les                     
                        nouvelles technologies                                 
                        (synchrotron, MINATEC, LETI). La                       
                        plupart de ces organismes de                           
                        recherche sont concentrés au nord                      
                        de Grenoble dans ce que l’on                           
                        appelle le polygone scientifique                       
                        ...                                                    
                                                                               
                             38   SECOND TOURISTE                              
                        Et les petites femmes, elles sont                      
                        où ?                                                   
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                      8.       
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                             39   VINCENZO                                     
                             (ignore la question)                              
                        ... et c’est à Grenoble qu’ont été                     
                        organisés les 40e jeux olympiques                      
                        en 1968.  La ville, d’autre part,                      
                        compte de très nombreux musées dont                    
                        vous trouverez la liste à l’Office                     
                        de Tourisme.                                           
                                                                               
                        Vous voyez, maintenant, nous allons                    
                        aller là-bas, dans la rue Felix                        
                        Poulat, c’est  Notre Dame de                           
                        l’Espérance, mais je veux vous                         
                        montrer autre chose, juste en face                     
                        ...                                                    
                                                                               
                             40   TROISIÈME TOURISTE                           
                        C’est encore loin ? On a mal aux                       
                        pieds !                                                
                                                                               
                             41   VINCENZO                                     
                        Vous pouvez rester là, si vous                         
                        voulez, on vous prendra en                             
                        revenant.                                              
                                                                               
                             42   TROISIÈME TOURISTE                           
                        Bon d’accord ... Germaine, tu                          
                        restes avec moi ?                                      
                                                                               
              Vincenzo s’en va les autres suivent.                             
                                                                               
                                                            FONDU ENCHAÎNÉ     
                                                                               
                                                                               
                                                                               
       7      EXT.JOUR  AU 5 DE LA RUE FÉLIX POULAT                            
                                                                               
              Le reste du groupe (ceux qui n’ont pas abandonné la visite)      
              se retrouve en face l’église.                                    
                             (                                                 
                             https://www.google.fr/maps/@45.189965,5.725623,3a,
    75y,1.32h,96.26t/data=!3m)!1e1!3m2!1sMaIrKB18CjLrsUH2d2YyTA!2e0            
                                                                               
                             43   VINCENZO                                     
                        Voilà, c’est cet immeuble que je                       
                        voulais vous montrer, on l’appelle                     
                        "l’immeuble aux éléphants" et les                      
                        éléphants ont été mis là en mémoire                    
                        de la fameuse traversée des Alpes                      
                        par les éléphants d’Hannibal en 218                    
                        avant JC.                                              
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                      9.       
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                             44   LA DAME                                      
                        Elle n’a pas l’air si vieille que                      
                        ça cette maison !                                      
                                                                               
                             45   VINCENZO                                     
                             (complètement interloqué mais                     
                             désireux de répondre)                             
                        Oh vous savez, le maire fait très                      
                        attention à  l’entretien du                            
                        patrimoine de la ville !                               
                                                                               
                                                            FONDU ENCHAÎNÉ     
                                                                               
                                                                               
                                                                               
       8      EXT.JOUR  PLACE SAINT ANDRÉ                                      
                                                                               
              Les touristes se retrouvent tous au pied de la statue de         
              Bayard pour reprendre leur car.                                  
                                                                               
                             46   VINCENZO                                     
                        Eh bien mesdames et messieurs, la                      
                        visite est terminée, vous allez                        
                        pourvoir rentrer chez vous et                          
                        j’espère que vous reviendrez à                         
                        Grenoble.                                              
                                                                               
                        Je vous remercie de ne pas oublier                     
                        le guide.                                              
                                                                               
              Quelques touristes glissent une pièce dans la main de            
              Vincenzo.                                                        
                                                                               
              Au moment de partir, il apostrophe une dernière fois le          
              groupe :                                                         
                                                                               
                             47   VINCENZO                                     
                        Au fait, j’allais oublier ...                          
                        Cularo, ça vient du gaulois et le                      
                        mot existe encore aujourd’hui dans                     
                        le patois du Dauphiné.  ’Courla’                       
                        veut dire ’courge’.                                    
                                                                               
                        Au revoir tout le monde !                              
                             (il part en leur faisant des                      
                             signes de la main (wave) )                        
                                                                               
                                    FIN                                        
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               
                                                                               

  • Dialogues à la noix de Saint Jacques !

    J’arrive au restaurant : « le bigorneau », fameux resto de fruits de mer sur la corniche sud de Honfleur.

    Vous le connaissez peut-être ?

    C’est un bâtiment construit sur pilotis qui avance sur la mer (« les pieds dans l’eau » comme on dit dans le reg).

    On descend par un grand escalier en bois vers la partie du restaurant fermée et en traversant cette partie, on arrive sur un ponton en bois dont les pattes sont caressées par les vagues fougueuses qui font un clapotis perpétuel abasourdissant quand la tempête gronde aux équinoxes de novembre.

    Le soir, quand le foehn souffle son souffle chaud et mouillé iodé sur le golf de l’estuaire, la terrasse maritime est éclairée de grands flambeaux rustiques aux flammes dansantes et tremblotantes qui donnent une ambiance ésotérique au ponton sur lequel les tables recouvertes de nappes blanches attendent sagement les panses affamées.

    Chacune des ces tables immaculées est éclairée par des chandelles colorées et aromatisées, ornée de petits vases de fleurs des champs aux fragrances normandes et rurales.

    Au ras de l’eau, au loin, les lumières scintillantes et sautillantes du port du Havre  dansent en cadence avec les feux des navires enluminés sur leur erre et les éclairs du phare de la Hève.

    C’est paradisiaque … et plus si affinités.

    Je trouve une petite table pour deux le long de la rambarde fraîchement repeinte au vernis marine résistant aux UV.

    J’e m’assieds, j’attrape la serviette drap qui recouvre mes cuisses et descend jusqu’à mes godasses, je me sers un verre de château d’eau que j’avale cul sec (par la bouche hè !) et je tape dans la petite assiette en carton à amuse-gueules des pistaches (poils au patriarche) … hi hi hi ! je me fais rire tout seul …. Je suis de belle humeur !

    Dans ce décor de rêve de cinéaste, le client hypnotisé se laisse aller au spleen romantique et oublie la réalité de son compte en banque.

    Les consommateurs s’émulent les uns les autres et c’est à qui commandera le plat le plus extatique, le plus onéreux.

    Comme je suis interdit bancaire, je ne risque pas de tomber dans ces travers pécuniaires lapidaires.

    Après un rapide inventaire de mon portemonnaie qui contient un billet de 5 €, je prends en main le menu pour faire le rapport entre mes moyens financiers et les tarifs pratiqués par le commerçant cinq étoiles (au guide du roublard).

    Foutre dieu !

    Même la bouteille d’eau, article le moins cher de la carte, est à 6 € !

    Que faire ?

    J’ai fini les pistaches et vidé la carafe … je me suis mouché dans la serviette …

    Et si je faisais le coup des toilettes ?

    Je fais semblant d’aller pisser et je me tire en loucedé …

    « Et pour monsieur ? »

    Merde ! le serveur est là avant que j’aie eu le temps de mettre mon plan B en œuvre ….

    « Vous avez choisi monsieur ? »

    « Si vous ne mettez pas la virgule après ‘choisi’, ça change le sens de la phrase » lui rétorque-je docte.

    « Pardon ? »

    « Non, rien, apportez-moi une bouteille de château Libertas, une douzaine d’huîtres de Dunkerque et des bigorneaux de Porto. »

    « Et après ? »

    Le con ! s’il savait que je n’ai que 5 € il n’insisterait pas !

    « Je prendrai votre feuilleté de saint-Jacques de Compostel aux petits harengs de Camargue sur lit de feuilles d’érables du Japon.»

    Il s’en va, cahin, caha car il boîte depuis qu’enfant il s’est fait bouffer une moitié de cuisse par un requin jaune du Maroc.

    Merde de merde de merde me dis-je en aparté mais pas trop fort pour que les voisins ne m’entendent pas et ne s’inquiètent pas de ma schizo !

    Justement, le couple à ma droite, des américains du Montana (je les reconnais à l’accent) sont énervés. Un couple d’Anglais de Manchester vient de s’attabler à leur gauche et ça ne leur plaît pas du tout. Les anglais et les amerlocks, c’est chiens et chats, ils ne peuvent pas se piffer les uns les autres !

    « On était là les premiers » dit la dame « c’est à eux de changer de table … »

    « C’est les plus gênés qui s’en vont » lui répond ex abrupto le mari (un gros gardien de vaches (cowboy) mal embouché).

    Le serveur dépose devant moi un énorme plateau d’huîtres et de bigorneaux sur un trépied en inox luisant comme des pare-chocs de belle américaine.

    L’américaine voisine se lève et ses gros pare-chocs viennent heurter le serveur qui s’en trouve déstabilisé et dans un geste pour se rattraper à quelque chose me renverse le plateau plein de glace, d’huîtres et de bigorneaux sur le thorax !

    Je me lève en sursaut et en criant !

    Le serveur s’excuse vaguement, ramasse tant bien que mal les ingrédients du plateau pour remettre le tout sur le trépied pare-chocs !

    C’est le bazar, les bigorneaux trempent dans les huîtres qui clapotent dans la glace fondue ….

    Je suis si abasourdi que j’en oublie de faire valoir mes droits de client respectable et honnête (jusque là).

    « Tiens ! Tu peux toujours courir pour le pourboire » me dis-je, vengeur, en aparté.

    Faisant contre mauvaise fortune bonne figure, je me tartine de beurre avec largesse un toast qui a échappé au désastre et je chope une huître n’ayant pas trop mauvaise figure ni infortune.

    Je glisse le couteau à poisson sous l’huître pour lui décolleter le pied et …

    « NOONN pitié, ne me décollecte pas le pied, je suis encore vivante, je ne veux pas mourir, pitié, pitié, pitié … »

    De stupeur ébahie je laisse tomber couteau et huître, me lève en tornade et me précipite vers la sortie.

    Je suis intercepté par le serveur qui me colle au mur et me dit dans un souffle si alcoolisé que je tombe saoul sur le champ :

    « Où qu’y va comme ça le client pressé ?  Il a pas payé l’addition ! »

    Je me doute bien un peu que m’a réponse ne le calmera pas mais je n’en trouve pas d’autre !

    Je bégaie :

    « L’huître … elle veut pas … elle parle … elle dit qu’elle ne veut pas être mangée !!! »

    « Oh ! Mais il est très inventif ce petit monsieur ! il a rien trouvé de mieux pour partir sans payé ? »

    « Mais … mais …. Mais je je je vous jure …. Elle parle !!! »

    « Allez, sors ton fric avant que j’appelle la police pour qu’ils te repêchent à la baille ! »

     

    Et la police m’a repêché à la baille !

    Quant à ce salopard de serveur il m’a piqué mon portemonnaie et a empoché mes 5 € comme pourboire !!!!

     

     

    Yfig-honfleur-raw.Jpg

  • Dialogues à la noix !

     

    J’avais décidé de mitonner une salade d’endives aux noix du jardin et petits dés de Comté.

    Cette idée saugrenue m’est venue en retrouvant au fond d’un placard planqué une bannette pleine de noix ramassées l’an dernier sous le noyer.

    Dans ces cas là, j’aime à m’installer sur la petite table du salon, le cul dans le fauteuil télé, une écuelle pour collecter les écales posée sur un papier journal pour récolter les éclats éclatés pendant l’éclatement de la noix.

    Vous voyez le tableau … bien entendu, dans ces instants relaxes, je mets la télé en sourdine, en fond sonore si vous préférez.

    J’attrape la première noix et à l’aide un couteau à lame courte mais solide, j’entreprends de l’éventrer afin d’en retirer les cerneaux crémeux délicieux.

    Au moment où je positionne la pointe de mon couteau dans la fente de la noix, j’entends une voix aiguë inconnue m’interpeller :

    La noix (LN) : Hééééééé ! Hoooooo ! ça va pas, nooooonnnnn ! ?

    Moi (M) : ???????????

    Mettez-vous à ma place ! Y’a de quoi tomber de haut, même le cul dans le fauteuil !

    Une noix qui parle !

    M (poussant la pointe du couteau dans l’interstice) : C’est toi qui parle ?

    LN : Aïe ! ça va pas, noooonnnn ! ? ça fait mal, retire ça tout de suite !

    M (à moi-même en aparté mais suffisamment fort pour que la télé entende) : Je dois dormir, faire une sorte de cauchemar ….

    LN (fort) : Aïe te dis-je, retire la lame de mon cul, tu me fais mal non de dieu !

    M (en aparté mais …. ) : Une noix athée ! elle ne met pas de majuscule à ‘dieu’ !

    LN (crie) : Retire cette lame ou je te …

    M : Tu me quoi ?

    LN : Je te fais un procès pour torture physique !

    M : Mais arrête un peu de déconner, une noix n’est pas un être, c’est une juglandacée oléagineuse, une noix ne parle pas, une noix ça ferme sa gueule …

    Et hop, d’un coup sec, je décollecte les deux partie de coque pour atteindre le cœur tendre et savoureux de la noix.

    LN (elle pousse un cri perçant et douloureux puis se tait).

    M : C’est qui le chef ! ?

    Après avoir soigneusement séparé les cerneaux des coques, je chope une deuxième noix …

    LN (tremblotante comme une feuille morte …) : Noooonnnnn pitié, ne m’éventre pas, je suis jeune, j’ai encore quelques beaux jours à vivre …. Pitié !

    M : Mais c’est quoi ce sketch ?

    LN : J’ai vu ce que tu as fait à Caroline, s’il te plaît ne me fais pas subir le même martyr …

    M : Toi aussi tu vas me faire un procès ?

    LN : Non, non, je ne ferai rien, je ne t’embêterai pas, mais épargne moi, prends plutôt une autre noix, plus vieille qui a le droit de mourir dans la dignité …

    M : Une vieille noix toute rabougrie au goût de carton, c’est ça que tu veux que je mette dans ma salade ?

    LN : Ah ! Parce que tu fais une salade ?

    M : Ben oui, pourquoi crois-tu que j’écale des noix ?

    LN : Mais c’est quoi comme salade ?

    M : Une salade aux noix.

    LN : Y’a que des noix dans ta salade ?

    M : Ah non, les noix ne sont que des ingrédients gouteux qui exaucent le goût suave et légèrement amer de l’endive.

    LN : Mais …. Tu as vérifié que tu avais des endives ?

    M : Tu me prends pour un chicon ?

    LN : Non, pas du tout, mais … je me disais, comme ça, que ce serait bête d’éplucher des noix si tu n’as pas d’endives pour faire la salade, parce que les noix, une fois ouvertes, leurs petits cœurs flétrissent, se racornissent, vieillissent et finissent pas prendre un vilain goût de carton.

    M : Ouaip ! Bouge pas, je jette un coup d’œil au frigo …

    Bien entendu, je retrouve le paquet d’endives que j’y avais mis la veille. Je l’attrape et je l’ouvre. Je saisis une endive et je la passe à l’eau froide pour la laver … lorsque …

    L’endive (L) : Ahhhhh ! c’est froid !

    Non mais ! Vous vous rendez compte ? Une endive qui parle ! Je deviens fou ou quoi ??????

    L : S’il te plaît, arrête, c’est trop froid !

    M (à moi-même, en aparté mais à voix haute et ferme) : Si c’est une blague, elle est de très mauvais goût !!!

    J’attrape un saladier dans le placard, un couteau effilé dans le tiroir et je commence à découper l’endive en lamelles …

    L : pousse un grand cri strident et désespéré puis se tait !

    J’attrape une seconde endive et la place sous le robinet pour la nettoyer …

    L’endive (L) (implorante) : S’il te plaît, ne me fais pas ce que tu as fait à mon amie Julie, ne me découpe pas comme un saucisson, je ne veux pas mourir, je suis trop jeune …

    Je l’interromps …

    M : Tu ne comptes tout de même pas me faire le coup de la noix ?

    L : C’est quoi le « coup de la noix » ?

    M : Laisse tomber !

    L : Pourquoi veux-tu me saucissonner ?

    M : Pour faire ma salade.

    L : C’est quoi comme salade ?

    M : Une salade d’endives aux noix et Comté.

    L : C’est quoi du ‘Comté’ ?

    M : Ben … du fromage.

    L : Et tu as vérifié que tu en as ?

    M : Ah ! Je te prends en flagrant délit de plagiat, tu me fais le coup de la noix !

    L : Et si tu n’avais pas de Comté ?

    Putain ! ça commence à me gonfler !

    J’ouvre le frigo, saisis le comté, éventre le conditionnement et sors le fromage qui s’écrie

    Le fromage (F) : NOOOONNN Pitié, ne me décapite pas, je ne veux pas mourir …

    De surprise, je lâche le fromage.

    M : Nom de dieu de non de dieu !!! C’est quoi ce bordel !

    Je me pince …

    M : Aïe ! Mais c’est dingue, je ne dors pas, c’est fou … oui, c’est ça, je deviens fou …

    Je lance un coup d’œil circulaire tout autour de moi sur 360° sans que mon corps bouge …

    Je suis dans la cuisine, sur le plan de travail le saladier avec le premier chicon, le deuxième repose à côté du saladier, de l’autre côté, le fromage que j’ai laissé tombé … et dans la salle, sur la table basse, le panier de noix et un récipient avec deux cerneaux et une noix sur la table.

    M : (à moi-même …. Etc ….) : Y’a quelque chose qui cloche ! Mais quoi ?

    C’est à ce moment exact que j’aperçois le photophore sur le manteau de la cheminée …

    Je vais à l’âtre, place une bougie neuve et attrape la boîte d’allumette. Je prends une allumette, mais au moment de la gratter, l’allumette s’écrie …

    Allumette (A) : NOOONNN, s’il te plaît, ne me gratte pas, je ne veux pas brûler, pas déjà, laisse-moi vivre encore un peu …

    Bon, là, trop c’est trop !

    Je me pose dans le fauteuil, je ferme les yeux et m’endors.

    Combien de temps ai-je dormi … ?

    Toujours est-il qu’à mon réveil, je me rends compte illico presto que tout est resté en état !

    Les noix sont devant moi et de loin, j’aperçois le paquet d’endives, le saladier et le Comté sur le plan de travail de la cuisine.

    J’attrape la noix …

    LN : NOOONNN pitié, ne m’étripaille pas, je ne veux pas mourir ….

    M (fermement décidé à ne pas me laisser mourir de faim…) : Désolé, ma belle, mais c’est toi ou moi !

    Crac, je la craque, en extirpe les magnifiques cerneaux et attrape la prochaine noix qui hurle …

    LN : NNNNNNNNNNNNNNOOOOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNNN …

    Craque, craque, craque … et que j’étripe, que je décollecte, que je décortique, que j’étête, que je décapite, que je saucissonne …

    Bon ! Où Ai-je mis les échalotes …..

    Au fond du placard, j’entends les échalotes qui sanglotent …

    Les échalotes (E) : non, non, pitié, pitié on ne veut pas mourir, pitié, ne nous épluchez pas …

     

    J’ai pris ma bagnole et je suis allé bouffer au resto … là, au moins, tout est déjà mort dans l’assiette !

     

     

    Yfig-grenouille-aux-fruits.Jpg

     

  • La République fornique rue du Cirque !

    La République fornique rue du Cirque !

     

    Chers citoyennes chers citoyens

    Amis des reines ou plébéiens

    Syndicalistes entrepreneurs

    Unijambistes enlumineurs

     

    À toutes les femmes ainsi qu’aux hommes

    Je dis mesdames et gentilshommes

    Fermez les yeux et restez cois

    Cela ne nous regarde pas

     

    La vie privée de notre roi

    Ça doit rester de bon aloi

    Ne pas tomber dans le gaulois

    Récupéré par les médias

     

    La République est bonne fille

    Quand elle fornique à la Bastille

    Rue du cirque ou sous la charmille

    Où qu’elle astique les jeunes filles

     

    Faut montrer aux bons citoyens

    Que notre roi n’est pas un saint

    Qu’il est comme eux qu’il a une queue

    N’en déplaise aux acrimonieux

     

     

    La vie privée de notre roi

    Ça doit rester de bon aloi

    Ne pas tomber dans le gaulois

    Récupéré par les médias

     

     

    Sur mon scooter je roule à fond

    Je passe au vert comme un frelon

    Et je fends l’air comme un ballon

    N’en déplaise aux caméléons

     

    C’est des histoires pas politiques

    Des excursions pornographiques

    Libertinages libidineux

    Dévergondages un peu scabreux

     

     

    La vie privée de notre roi

    Ça doit rester de bon aloi

    Ne pas tomber dans le gaulois

    Récupéré par les médias

     

    Le populo c’est bien connu

    Ç’sont des ballots qui pensent qu’au cul

    Alors bien sûr pour le zizi

    Il compte sur’les paparazzis

     

    Hop !  Circulez y’a rien à voir

    Hop ! Éteignez faites nuit noire

    Hop ! Hop ! Couchez fini la foire

    Allez ronfler dans le dortoir

     

     

    La vie privée de notre roi

    Ça doit rester de bon aloi

    Ne pas tomber dans le gaulois

    Récupéré par les médias

     

     

  • Une jeune personne me demande mon aide … comment pourrais-je la lui refuser ? Surtout qu’il s’agit de poésie : Le lac d’Alphonse de Lamartine.

     

     NB :    Voir à la fin de la chronique les poèmes cités.

    Voir aussi sur internet les nombreuses analyses plus ou moins littéraires, dont celle-ci.

     

     

    Alphonse de Lamartine est considéré comme l’un des grands poètes romantiques du XIXème siècle. . (voir ici une biographie)

     

    Il s’agit d’un des poèmes les plus connus d’Alphonse de Lamartine et dont le fameux :

    « Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices !
    Suspendez votre cours … »

    Est devenu un classique populaire comme le fut en son temps le non moins fameux épitaphe de François Villon (1431 – 1463) dans « la ballade des pendus » :

    « Frères humains qui après nous vivez

    N’ayez les cœurs contre nous endurcis … »

     

    Ce style poétique (memento mori*) peut être rapproché du culte animiste qui accorde une âme aux objets.

    *memento mori : souviens-toi que nous sommes tous mortels.

     

    Justement, le vers suivant, lui aussi célèbre et populaire,  est d’Alphonse de Lamartine :

    « Objets inanimés avez-vous donc une âme ? »  (Milly ou la terre natale)

     

    Dans ce genre poétique, le poète prend à témoin la nature, les morts ou les objets.

    Attend-t-il pour autant une réponse ?

    N’y a-t-il pas un fond d’hypocrisie à s’adresser à témoin des objets ou des êtres disparus ?

    Cette forme d’hypocrisie, d’ailleurs, est galvaudée par nos politiques qui n’hésitent pas à parler au nom de tous quand ils ne représentent qu’eux-mêmes et quelques électeurs.

    Lamartine était aussi un homme politique. (voir ici une biographie)

    Mais à la différence du politique, le poète est sincère. Certes, il use d’un stratagème mais qui ne trompe personne, on sait bien que le poète effectue un transfert de sa propre pensée vers un objet qui renforce, par l’image mentale qu’on en a, l’idée qu’il veut en donner.

    L’eau du lac est un des meilleurs vecteurs romantiques, on imagine les reflets argentés qui frisottent sur sa surface calme et les frissons qui la parcourent faisant comme des motifs vibrionnant infiniment.

    « Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
    Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
    Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
    De ses molles clartés. »

    Bien entendu, Alphonse de Lamartine s’inspire de maître Villon dont il admire l’invention poétique qui est universelle et traverse tous les âges.

    Les poètes inspirent les poètes et cela fait comme une chaîne qui défie le temps qui n’est jamais en repos.

    « Mais je demande en vain quelques moments encore,
    Le temps m'échappe et fuit … »

    « Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
    Hâtons-nous, jouissons !
    L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
    Il coule, et nous passons ! »

    Yfig (1949)

    « L’eau coule s’infiltre insaisissable

    Comme s’enfuit le temps indomptable »

     

     

    Sur le poème :

    Le poète vient évoquer son amour à jamais disparu sur la rive du lac qui en fut le témoin.

    «Où tu la vis s'asseoir ! »
     « Un soir, t'en souvient-il ? »

    Le temps est le coupable de la dissolution des instants fragiles, friables de nos vies dont il efface indifféremment les plus beaux, les plus heureux comme les plus malheureux moments.

    « Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
    Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
    S'envolent loin de nous de la même vitesse
    Que les jours de malheur ? »

     

    Nous pensons à d’autres vers partageant ce concept :

    François Villon

    « Que sont nos amis devenus …. Le vent l’emporte … »

    Et

    Jacques Prévert (1900 – 1977)

    « Les feuilles mortes se ramassent à la pelle … »

    « Et le vent du nord les emporte
    Dans la nuit froide de l'oubli »

    « Et la mer efface sur le sable
    Les
    pas des amants désunis … »

    Le temps qui fuit, s’enfuit, nous laissant là avec pour seul souvenir de vagues images de l’aimée devient une obsession. On voudrait l’arrêter, de son vol suspendre le cours, voire le faire s’en retourner, revenir à ces instants précieux qu’on voudrait arrimer, ancrer dans l’océan des âges.

    « Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
    Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
    Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
    Ne nous les rendra plus ! »

    « Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
    Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
    Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
    Jeter l'ancre un seul jour ? »


    Dès la première strophe (ci-dessus), Lamartine donne le ton et le thème de son poème : le temps emporte tout sans jamais revenir (sans retour).

    Puis il prend le lac à témoin, l’interpelle pour qu’il se souvienne de celle qui l’accompagnait une autre fois. Il doit bien s’en souvenir puisqu’il jetait son écume sur ses pieds.

    Un soir, sur ce même lac, voguant silencieux sur ses flots harmonieux, elle lui dit :

    « Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
    Suspendez votre cours »

    Comme une prémonition, une anticipation de leur séparation due au temps cruel et sans pitié qui ne cesse jamais de couler …

    « Mais je demande en vain quelques moments encore,
    Le temps m'échappe et fuit »

    Reprenant alors le conseil que Pierre de Ronsard (1524-1585) donne à ses contemporains dans son « Mignonne allons voir si la rose » il nous enjoint de jouir de l’instant avant qu’il ne passe top vite, trop loin …

    « Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
    Hâtons-nous, jouissons !
    L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
    Il coule, et nous passons ! »

    Enfin il termine son poème dans un élan lyrique, s’adressant vigoureusement à la nature toute entière pour lui demander des comptes et l’implorer de lui rendre les instants magiques que tout de la forêt aux grottes et des rochers aux eaux du lac a englouti. Il leur demande de reconnaître son amour.

     

    Concernant la métrique et les rythmes du poème :

    C’est un alexandrin de 16 strophes composées de  3 vers irréguliers suivis d’un vers de 6 pieds dont la structure est la suivante (avis au musiciens que ça intéresserait) :

     

    Strophe 1

    12 - 2 10        

    12 - 6  6         

    12 - 6  6         

    6                     

     

    Strophe 2

    12 - 2 10        

    12 - 6   6        

    12 - 2 10        

    6                     

     

    Strophe 3

    12 -                

    12 -                

    12 -                

    6                     

     

    Strophe 4

    12 - 2 4 6       

    12 - 6    6       

    12 - 6    6       

    6                     

     

    Strophe 5

    12 - 3   9        

    12 - 6   6        

    12 - 6   6        

    6                     

     

    Strophe 6

    12 - 2 4 2 4    

    6                     

    12 - 6   6        

    6                     

     

    Strophe 7

    12 - 6   6        

    6   - 2   4        

    12                   

    6                     

     

    Strophe 8

    12 - 6   6        

    6                     

    12 - 6 3 3       

    6                     

     

    Milieu du poème

     

     

    Strophe 9

    12 - 3 3  6      

    6   -  3  3        

    12 -  6  6        

    6  -   2  4        

     

    Strophe 10

    12 -  3  9        

    12                   

    12 -  6  6        

    6                     

     

    Strophe 11

    12 -  2  10      

    12 -  1 5 1 5   

    12 -  6   6       

    6                     

     

    Strophe 12

    12 -  4 2 2 4   

    12                   

    12 -  2 10       

    6                     

     

    Strophe 13

    12 -  2 4 2 4   

    12 -  1  11      

    12 -  6   6       

    6                     

     

    Strophe 14

    12 -  6   6       

    12 -  2 10       

    12 -  6   6       

    6                     

     

    Strophe 15

    12 -  6   6       

    12 -  6   6       

    12 -  6   6       

    6                     

     

    Strophe 16

    12 -  6   6       

    12 -  6   6       

    12 -  6   6       

    6   -  2   4       

     

     

    C’est une métrique très moderne qui ne respecte pas les règles propres à l’alexandrin (6 6)  mais s’en sert pour créer un équilibre sans cesse rompu pour donner au poème un rythme saccadé une respiration haletante et syncopée propice aux grands élans lyrique et aux stances romantiques dont Boileau vantait les vertus. Sauf que Lamartine, malgré les consignes de l’art poétique de Boileau (Les stances avec grâce apprirent à tomber, Et le vers sur le vers n'osa plus enjamber.) n’hésite pas à user, lui, des enjambements.

    Notons l’usage de quelques mots répétés (anaphore) afin d’insister sur le caractère permanent de l’action via une incantation.

    « Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages… »

    « Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
    Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes… »

     

    Lamartine utilise l’imparfait, et rompt soudainement cette rémanence du passé dans un brusque présent qui le situe dans l’immédiateté par opposition au temps qui passe :

    « Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
    Où tu la vis s'asseoir ! »

    Puis il revient au passé pour mieux user du présent annonçant un impératif qui le place dans un dialogue entre lui et les éléments qui l’entourent et le temps qui s’échappe … dialogue dans lequel il attend des réponses et des actes …. Mais rien ne vient et il finit en demandant qu’on lui accorde, au moins (usage du ‘que’), qu’il aimait.

    On peut, cependant, se poser la question :

    Pourquoi termine-t-il son poème par  : « ils ont aimé »

    Et non : « ils se sont aimé »

    Uniquement à cause de la métrique ?

     


     

     

     

    Le lac  (les Méditations Poétiques)

     

     

    Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
    Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
    Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
    Jeter l'ancre un seul jour ?

     

    Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
    Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
    Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
    Où tu la vis s'asseoir !


    Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
    Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
    Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
    Sur ses pieds adorés.


    Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
    On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
    Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
    Tes flots harmonieux.


    Tout à coup des accents inconnus à la terre
     Du rivage charmé frappèrent les échos ;
    Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
    (liaison avec le vers suivant – enjambement)
    Laissa tomber ces mots :



    Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
    Suspendez votre cours :
    Laissez-nous savourer les rapides délices
    (liaison avec le vers suivant – enjambement)
    Des plus beaux de nos jours !



    Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
    Coulez, coulez pour eux ;
    Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
    Oubliez les heureux.


    Mais je demande en vain quelques moments encore,
    Le temps m'échappe et fuit ;
    Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
    (liaison avec le vers suivant – enjambement)
    Va dissiper la nuit.


    Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
    Hâtons-nous, jouissons !
    L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
    Il coule, et nous passons !


    Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
    Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
    S'envolent loin de nous de la même vitesse 
    (liaison avec le vers suivant – enjambement)
    Que les jours de malheur ?


    Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
    Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
    Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
    Ne nous les rendra plus !


    Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
    Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
    Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
    (enjambement)
    Que vous nous ravissez ?


    Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
    Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
    Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
    Au moins le souvenir !


    Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
    Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
    Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages 
    (enjambement)
    Qui pendent sur tes eaux.


    Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
    Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
    Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
    (enjambement)
    De ses molles clartés.


    Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
    Que les parfums légers de ton air embaumé,
    Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
    Tout dise : Ils ont aimé !

     

     

     

     

     

     

     

     

    Milly ou la terre natale (I)

    Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie ?
    Dans son brillant exil mon cœur en a frémi ;
    Il résonne de loin dans mon âme attendrie,
    Comme les pas connus ou la voix d'un ami.

    Montagnes que voilait le brouillard de l'automne,
    Vallons que tapissait le givre du matin,
    Saules dont l'émondeur effeuillait la couronne,
    Vieilles tours que le soir dorait dans le lointain,

    Murs noircis par les ans, coteaux, sentier rapide,
    Fontaine où les pasteurs accroupis tour à tour
    Attendaient goutte à goutte une eau rare et limpide,
    Et, leur urne à la main, s'entretenaient du jour,

    Chaumière où du foyer étincelait la flamme,
    Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
    Objets inanimés, avez-vous donc une âme
    Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?...

     


     

    • François Villon  (1431-1463)

     

    L’Épitaphe en forme de ballade

     

     

     

    Que feit Villon pour luy et ses compagnons, s’attendant estre pendu avec eulx.

     

     

     

    Frères humains, qui après nous vivez,

    N’ayez les cueurs contre nous endurciz,

    Car, si pitié de nous pouvres avez,

    Dieu en aura plustost de vous merciz.

    Vous nous voyez cy attachez cinq, six :

    Quant de la chair, que trop avons nourrie,

    Elle est pieça devorée et pourrie,

    Et nous, les os, devenons cendre et pouldre.

    De nostre mal personne ne s’en rie,

    Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

     

     

     

    Se vous clamons, frères, pas n’en devez

    Avoir desdaing, quoique fusmes occis

    Par justice. Toutesfois, vous sçavez

    Que tous les hommes n’ont pas bon sens assis ;

    Intercedez doncques, de cueur rassis,

    Envers le Filz de la Vierge Marie,

    Que sa grace ne soit pour nous tarie,

    Nous preservant de l’infernale fouldre.

    Nous sommes mors, ame ne nous harie ;

    Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

     

     

     

    La pluye nous a debuez et lavez,

    Et le soleil dessechez et noirciz ;

    Pies, corbeaulx, nous ont les yeux cavez,

    Et arrachez la barbe et les sourcilz.

    Jamais, nul temps, nous ne sommes rassis ;

    Puis cà, puis là, comme le vent varie,

    A son plaisir sans cesser nous charie,

    Plus becquetez d’oyseaulx que dez à couldre.

    Ne soyez donc de nostre confrairie,

    Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

     

     

     

                  ENVOI.

     

     

     

    Prince JESUS, qui sur tous seigneurie,

    Garde qu’Enfer n’ayt de nous la maistrie :

    A luy n’ayons que faire ne que souldre.

    Hommes, icy n’usez de mocquerie

    Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

     

     


     

    • Yfig (1949)

    A l'eau des fontaines

     

     

    Que l’eau soit libre ou en fontaine

    Qu’elle soit pure et claire qu’elle soit sombre

    Diluée dans le sang de nos veines

    Chaude et brûlante froide comme une ombre

     

    L’eau coule s’infiltre insaisissable

    Comme s’enfuit le temps indomptable

     

    Qu’elle soit l’eau qui dort aux fontaines

    Où se baignent de nues naïades

    Bouillonnant en fond de cascade

    Ou courant le ru d’une plaine

     

    L’eau coule s’infiltre insaisissable

    Comme s’enfuit le temps indomptable

     

    Giclant des antiques fontaines

    Jaillissant des pierres usées

    Rafraîchissant les plaies des peines

    Éclaboussant nos corps blessés

     

    L’eau coule s’infiltre insaisissable

    Comme s’enfuit le temps indomptable

     

    Glissant sous l’aine des fontaines

    Éructant des bouches geyser

    Ravinant les sentiers déserts

    Libre l’eau court la prétentaine

     

    Et la vie coule insaisissable

    Comme s’enfuit le temps indomptable

     

     

    Quelques explications :

     

    Naïades : Mythologie grecque. Divinité féminine inférieure qui présidait aux fleuves, aux rivières, aux fontaines et aux sources. èNymphe. | Les naïades étaient douées du don de prophétie.

     

    L’aine : Partie du corps entre le haut de la cuisse et le bas-ventre.

     

    Prétentaine : Courir la prétentaine :faire sans cesse des escapades, vagabonder çà et là.

     


     

     

    Mignonne, allons voir si la rose

    A Cassandre

    Mignonne, allons voir si la rose
    Qui ce matin avoit desclose
    Sa robe de pourpre au Soleil,
    A point perdu ceste vesprée
    Les plis de sa robe pourprée,
    Et son teint au vostre pareil.

    Las ! voyez comme en peu d'espace,
    Mignonne, elle a dessus la place
    Las ! las ses beautez laissé cheoir !
    Ô vrayment marastre Nature,
    Puis qu'une telle fleur ne dure
    Que du matin jusques au soir !

    Donc, si vous me croyez, mignonne,
    Tandis que vostre âge fleuronne
    En sa plus verte nouveauté,
    Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
    Comme à ceste fleur la vieillesse
    Fera ternir vostre beauté.

     

     

     

     

  • J'ai des vers, passe-moi le vermifuge et pase-moi donc le temps tant que t'y es !

     

    Allez, faut pas s'laisser emmerder par les poètes, ils nous foutent le moral dans les chaussettes !