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26/04/2011

La guerre coûte cher et nos moyens financiers ne nous permettent plus d’acheter des missiles. Le Ministère de la Défense envisage d’utiliser des boulets, comme dans le bon vieux temps de la guerre de cent ans !

 

Une dépêche venant d'iPidiblue sur nos téléscripteurs nous informe de cette initiative guerrière du Ministère de la Défense.

Le ministre argumente sa proposition en expliquant qu’un boulet, lancé du ciel par un avion, tombant sur un char fait autant de dégâts (si ce n’est plus) qu’un missile.

De plus (cerise sur le boulet) on limite considérablement les dommages collatéraux car, contrairement au missile, le boulet ne fragmente pas.

Seuls les soldats à l’intérieur du char seraient tués définitivement.

 

Cette décision militaire peut surprendre, mais quand c’est la crise, c’est la crise !

 

Je vais peut-être vous surprendre, mais j'y ai pensé toute la nuit !

 

Le fruit de mes cogitations nocturnes est amer et dubitatif tout à la fois !

 

Je me dis, en effet, qu'il faut être extrêmement bien entraîné pour parvenir à faire tomber du ciel un boulet sur un char !

 

Certes, le char n'y résistera pas  -  en raison des théories de Newton et de celles de de Broglie qui, si on les conjuguent, déterminent que le char sera écrasé par la simple pression des ondes émisent par le poids de la bombe avant même qu'elle n'atteigne son objectif .....  la bombe en elle-même ne faisant que terminer le boulot des ondes ....

 

Alors, car il faut bien tirer les conséquences de nos calculs dans un contexte financier (après le scientifique), je me dis persuadé que l'entraînement des pilotes reviendra plus cher que le bénéfice qu'on aura fait sur l'économie des missiles traditionnels.

 

Surtout si on prend en compte le nombre astronomique de boulets qui n'atteindront jamais leur cible !!!!

 

J'ai donc bien peur que tout ceci soit une très mauvaise idée et qu'il vaudrait mieux, en temps de crise économique majeure (ma retraite n'est toujours pas revalorisée) ... s'en tenir à la guerre traditionnelle et commencer à faire des tranchées un peu partout pour arrêter l'ennemi.

 

Bien à toi, vieux soldat.

 


12/04/2011

Début de scénario (BD ou ciné)

 

Le Seigneur des mers

 

Les loups efflanqués rodaient autour de la ville par cette nuit d’hiver glacée et blanche de l’an mille trois cent vingt quatre.

On pouvait voir leurs silhouettes faméliques se découper à contre-jour dans la lueur blafarde du halo de la lune.

Malgré leur extrême maigreur, ils chassaient en meutes et mieux valait ne pas se trouver sur leur route, ils étaient si affamés qu’ils ne montraient plus la moindre prudence vis-à-vis de l’homme.

Un cri de bête déchira la nuit gelée. Quelque biche ou daim allait emplir les panses de loups qui s’entredéchireraient ensuite pour la carcasse en lambeaux.

 

A l’abri des remparts, maladroitement restaurés, de la ville close, abandonnée par la plupart des habitants après l’attaque des soudards du marquis de Landevin, seigneur des terres voisines de celles de Kergalaven, les quelques survivants s’étaient réfugiés dans le manoir éventré et avaient calfeutré tant bien que mal le salon, pièce centrale de la bâtisse où flambait un feu anémié de planches trop humides pour brûler ardemment.

Ils étaient assis, les uns contre les autres pour éviter de perdre leur chaleur, enveloppés de houppelandes lacérées.

Ils n’avaient rien mangé depuis deux jours et n’avaient presque plus d’eau.

Un chaudron de fer avait été pendu à la crémaillère de l’âtre, un peu d’eau y bouillonnait.

C’est qu’on attendait un évènement proche, une naissance, cette naissance qui avait empêché la famille et ses serviteurs de partir avec les autres.

Marie-Mathilde de Kergalaven souffrait en silence les contractions qui lui labouraient le ventre.

Il avait du retard, ce bébé.

Fille ou garçon, cela ne l’intéressait plus vraiment, tout ce qu’elle espérait c’est qu’il sorte et que cessent ses douleurs. Le comte Erwan de Kergalaven serrait les mains de son épouse dans les siennes pour les réchauffer.

Une bourrasque fit un retour de fumée qui envahit la pièce et fit tousser les personnes recroquevillées sur elles-mêmes.

Une seule bougie, en sus du faible feu, éclairait sombrement la pièce.

 

Soudain, une agitation se fit et une main blanche de froid alluma une seconde, puis une troisième bougie. Le chaudron fut vidé de son eau dans une écuelle en bois, et juste à ce moment là, un petit cri suivi d’un pleur emplit le salon délabré.

 

Colin-Matignon de Kergalaven venait de naître.

 

**********

 

01/04/2011

Fen en Libya

 

Il faisait plus chaud à Tripoli qu’à Benghazi qui profite d’un petit vent marin en permanence. Un véhicule militaire Libyen nous attendaient et nous fûmes conduits dans un très grand centre militaire qui englobait également l’hôpital des armées. Nos carrées étaient spartiates, mais les gus vachement sympas. Le général nous avait laissé à nous-mêmes pour aller rendre des comptes à sa hiérarchie.

Il y avait des lits tout faits, vides, qui semblaient attendre d’autres renforts.

Quelques quart d’heures plus tard arrivèrent trois Français.

Ils ne cessaient de râler et ils râlaient déjà, dehors, avant d’avoir franchi la porte d’entrée. Les Libyens les regardèrent entrer avec des yeux en forme de billes ; Ils ne pouvaient comprendre ce qu’ils disaient mais rien qu’à leur ton on pouvait interpréter. Ils se plaignaient de tout, de l’avion, de la douane, de la police d’immigration, de la jeep qui les avaient amenés, de la chaleur, de la poussière ……  Moi, j’étais habillé fin prêt pour un petit tour dans Tripoli. J’étais bronzé, les cheveux noirs bouclés (j’ai des photos si tu ne me crois pas !), ils m’ont pris pour un Libyen et je me suis bien gardé de les détromper.

Ils m’agressèrent dans un très mauvais Anglais :

« C’est tout de même pas là qu’on va dormir ? c’est carrément pouilleux ! »

Je leur fis un beau sourire, et la mine de celui qui ne comprend pas, je me carapatais à toute berzingue pour ne pas avoir à les supporter. C’était pas très sympa pour les deux Libyens, mais ils n’avaient qu’à en faire autant.

 

Je me suis baladé dans Tripoli et c’est vrai que je n’ai pas vu de dissemblance vraiment importante par rapport à Benghazi … mais avais-je vraiment la tête à jouer les touristes ?

 

J’ai bu un thé à une terrasse de café face à la mer. Difficile de vous décrire cet instant et ce lieux, tout est si différent de ce à quoi nous sommes habitués. Les tables et les chaises sont très rustiques, en fer peint en vert, certainement de la récupération venue d’Europe et datant d’avant la dernière guerre mondiale. Du fragile, en apparence, mais toujours en activité. Le sol, du béton légèrement dallé de ciment et c’est tout. C’est rugueux, brut, mais ça a plus de réalité qu’une terrasse du quartier Latin avec ses bibelots, ses décors kitchs, ses fauteuils en rotin et ses tables couvertes de gros sous-verres ; le tout vous entraînant vers une vaporeuse somnolence  dés le premier demi.

 

Extrait de mon roman : "Ludmilla"