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31/10/2011

Tous les seins .... tous les sains ..... tous les saints ....... la toussaint

 

Je connais un petit cimetière, je ne vous dis que ça !

 

 

 

Le soir de la toussaint, les autochtones viennent à pied par les routes et les chemins en groupes de trois quatre ou cinq personnes, le soir après la vesprée mais quand à l'horizon grille encore l'ampoule astrale en diffusant une douce luminosité dans les tons orangés.

 

 

 

Ils portent tous une grosse bougie dans un sac papier et cette procession franchit la petite grille de dentelle forgée et si rouillée qu’on ne peut plus la fermer puis se rassemble doucement, à pas feutrés devant la petite chapelle romantique à la croix dentelée comme une feuille croquée par des chenilles.

 

Les femmes, un châle noir sur les épaules ou sur leurs cheveux, parlent à voix basses, les hommes gardent les yeux baissés, mais quelques cris de bambins déchirent inopportunément le silence gras.

 

 

 

Toutes ces bougies forment une nouvelle lumière, diffuse, qui empêche la nuit de tomber définitivement. Elles éclaircissent les contours tremblants des visiteurs silencieux comme dans un tableau de Rubens.

 

 

 

Quand le dernier villageois a rejoint l’assemblée, ils prient à l’unisson et les marmonnements semblables à des gémissements montent dans le ciel pour atteindre les cieux. Le bourdonnement s’amplifie jusqu’à devenir grondant.

 

 

 

Les morts commencent à frissonner, le bruit monocorde des stèles qui tremblotent accompagne les psaumes des voix monotones.

 

On se sent enveloppé, happé, transporté par ce chant vibrant et qui prend lentement une force sans cesse grandissante pour atteindre à la fin l’acmé perçant  qui fore le ciel pour atteindre les étoiles et les morts qui y reposent.

 

 

 

Tout s’arrête. C’est la mort qui reprend possession du cimetière, mais les défunts ont ouï la prière des vivants et peuvent reprendre sereinement leur doux sommeil éternel. Ils savent qu’on ne les oublie pas.

 

 

 

Les petites bougies se séparent et pénètrent en étoiles le cimetière s’éparpillant entre les tombes, chacun, à présent va veiller son parent en toute intimité.

 

 

 

 

 

Fort de France (Martinique)

 

Les trois îlets

 

Toussaint 1977

 

14:01 Publié dans Blog, TEXTES, Voyage | Lien permanent | Commentaires (1)

30/10/2011

Vous aimez faire des dictées ..... proposez donc celle-ci à vos proches !

 

 

samedi 29 octobre 2011

 

 

 

Il y a, dans la vie des guides touristiques, des journées qui comptent double, ou triple, ou puissance ‘n’ !

 

L’autre jour, les clefs des greniers à sel étaient introuvables ……. Bon ….

 

Aujourd’hui, j’avais rendez-vous à 15h30 pour une visite en français. Je dois guider une trentaine de personnes.

 

Je passe un coup de fil vers 14h45 pour confirmer … Clémence confirme.

 

15h15 j’arrive à l’Office de Tourisme pour m’équiper du micro qui permet d’économiser la voix.

 

15h30 …. Personne.

 

15h45 …. Personne

 

16h …… personne

 

16h15 … Clémence cherche un numéro de téléphone pour essayer de déterminer la cause et l’ampleur du retard …. Mais personne ne répond.

 

 16h30 ….  Je sors devant l’Office avant de me déséquiper et déguerpir ….  Quelques personnes sont là je leur demande si elles attendent un guide … Oui.

Visiblement, ces touristes ne dînent pas à la table du roi (ni même à celle du président). Ce sont, ça se voit quand on a un peu l’œil, des gens défavorisés …. Non par le sort ou l’intellect, mais plutôt par leur statut social.

 

Bon, mon groupe est enfin arrivé. Faudrait trouver le responsable afin qu’on se mette d’accord …. 

 

Un monsieur qui me fait penser à Djamel Debouze (mais en moins sérieux) me conduit au responsable en question qui me semble fort goguenard.

 

« Vous n’êtes pas en avance » me permets-je de lui faire remarquer.

 

« Ouais, ben j’en ai marre de m’excuser depuis ce matin … on est en retard et c’est tout ! »

 

Ouf, charmant le prince (il ressemble à un vieil émir que j’ai connu du temps ou je trainais mes guêtres du côté de Riyad en Arabie Saoudite - le keffieh en moins !).

 

« Tenez ! » et il me tend un dossier tout en braquant son téléphone sur ma pomme. Pendant que je prends connaissance du document qui n’est qu’un plan de route, il me prend en photo.

 « C’est à vous que je paie ? »

 « Non, veuillez vous adresser à cette jeune femme… »

 

 

Je sors, j’ai besoin d’air.

 

 

J’attends encore un bon quart d’heure avant que mon prince ne sorte et entame une discussion à laquelle je ne suis pas convié ….

 

Au bout d’un certain temps, je finis par intervenir, au risque de paraître impoli je demande si nous pouvons commencer la visite ?

 « Ben mon vieux, on vous attend ! »

 J’encaisse ….  Je les emmène de l’autre côté de la rue et commence la visite …..

 

Pendant que je parle, l’émir, près de moi, s’entretient à haute voix avec quelques individus de sa clique …..

 

J’ai l’habitude de ce genre de situation. Ca se gère en continuant l’exposé jusqu’à ce que les compères mêmes du chieur finissent par lui intimer l’ordre de fermer sa grande gueule car on n’entend pas ce que dit le guide qui est plus intéressant que les histoires d’alcolos ….

 

Mais là …… rien, que pouic, que dalle …. Le mec continue à aboyer pour couvrir le son de mon micro que j’ai encore haussé ….

 Je m’interromps.

 Le gugusse (j’ai pas dit négus, vous remarquerez !) continue de pérorer comme une perruche en rut !

 Donc, je lui balance (à fond le micro) : « dites, si je vous gêne, faites-le moi savoir »

 Et le mec, du tac au tac me rétorque : « Moi, j’ai pas de micro, alors je suis bien obligé de parler fort pour me faire entendre. »

 

  Dites …. Vous qui avez quelque expérience de guide ….. vous auriez fait quoi à ma place ?

 

Je ne peux me résoudre à planter le petit groupe d’une douzaine de personnes qui sont restées pour suivre la visite. Ca me ferait trop chier de les pénaliser à cause de ce taré ….  Je me dis que je finirai bien par lui faire comprendre ……

 

Je me déplace …

 

Le petit groupe me suit comme mon ombre pendant que le pédezouille des banlieues reste en retrait …. Et c’est tant mieux.

 

Ils me posent des questions sur les essentages, sur l’ardoise et son utilisation, sur le châtaigner ….  J’avais raison, ces gens là sont curieux et à l’écoute.

 Une dame me demande si on peut être certain de l’origine de cette maison ….

Je lui explique avec presque de la jubilation qu’il n’est pas vraiment judicieux de parler d’origine mais qu’on peut se poser la question de la date (en siècle) de construction et des transformations successives de l’immeuble et de ce qu’il reste de ses origines ….. elle est ravie et me dit : «  Oui, c’est exactement ce que je voulais dire …. »

 

Je demande à mes visiteurs de m’attendre une minute le temps que j'aille chercher les clefs des greniers ….  Mais il n'y a pas de clefs, personnene sait où elles sont.

Je tente d'ouvrir la porte .... elle s'ouvre.

J’entre dans les greniers et m’enquiert auprès des trois honfleurais en train d’installer leur tables d’exposition si ça les dérange que je fasse mon boulot ?

Ils me répondent que nenni, que je suis le bienvenu …..  les tables sont vides et ces  tables vides encombrent les greniers.

 

Je fais rentrer mon petit monde dans les greniers ….. merde ! le chibani entre aussi (un peu comme Félicie dans la chanson de Fernandel !).

 

Nous nous faisons tout petits dans un coin et je commence l’histoire des greniers, de la gabelle …. A peine ai-je commencé qu’Yves (un agent d’entretien des greniers) vient vers moi en répétant

 « ça va pas l’faire, faut que tu sortes, ça va pas le faire, faut que tu sortes ….. »

 « Salut Yves, t’as un problème ? »

 «  tu peux pas rester là, j’ai bien prévenu l’Office, pas de visite aujourd’hui ni le week-end, pas de visites !!!! »

 Ah ! putain ! ça me gonfle grave !

Quelqu'un va-t-il se décider enfin à expliquer aux comiques que les greniers ne sont pas leur propriété privée .....  ou bien se décider une bonne fois pour toute à arrêter les visites de Honfleur si on ne peut rien faire visiter ?

L'Office de Tourisme est sous l'égide de la commune mais la commune semble faire en sorte que sa main droite refuse à sa main gauche de coopérer.

Les visites sont faites pour faire valoir la ville, pas pour emmerder les badauds !

 « Désolé, Yves, je vais faire vite, maintenant que nous sommes tous là …. »

 

 

 

Quelques personnes sortent par le couloir qui communique avec le petit grenier à sel et se plantent là avec l’air de dire :

 « Mais c’est qui ces intrus qui viennent polluer nos greniers ??? »

 Ca me gonfle, putain que ça me gonfle !!!!!!

 

 Malgré tout ….. faut pas oublier que j’ai fait l’Afrique …… je maîtrise mon irritation (j’ai toujours aimé les euphémismes) et je reprends la visite …..

 

 

« Ces greniers ont été construits en 1670 1672 par la ferme de la gabelle avec l’autorisation de Colbert. Colbert était le ministre de l’économie de Louis XIV …. »

 Le vieux bouc m’interrompt en se campant devant moi, devant les autres  ….

 « Ben oui, tout le monde sait ça que Colbert était le ministre de Louis XIV on n’est pas des imbéciles, on sait ça …. »

 Je choisis l’option : « ignorer » et je continue mon speech ….

 

 

Je parle et je pense ….. le type est en train de me filmer. Il a mis son téléphone à quelques centimètres de mon visage et il filme ………

 

Ok me dis-je, il va me prendre pendant quelques secondes ….  Mais non, il filme …..

 J’arrête de causer dans la caméra pas invisible et lui dis :

 « je ne voudrais pas être obligé de vous demander des droits d’auteur, pourriez-vous, SVP cesser de me filmer, ça me déconcentre ! »

 Lui : «  Les droits d’auteur ! ?  c’est pour moi les droits d’auteur, vous, vous pouvez tout juste prétendre au droit d’image … et encore …. »

 

 Là, il me GONFLE    !!!!   mais pour de vrai, pour de gros, pour toujours !

 « Ecoutez, vous me filmez sans me demander mon avis, vous enregistrez ma conférence, vous abusez de mon droit à l’image et de mes droits d’auteur car c’est moi qui ai écrit cette conférence (elle a bien un petit peu évoluée depuis la toute première – pardon pour mon manque d’humilité …) alors je vous demande de fermer votre téléphone et de suivre la visite si vous ne voulez pas que j’y mette fin prématurément. »

 

« Ok, j’arrête de vous filmer …. Voilà ! »

 Et il continue de filmer ….  Je me suis avancé, lui ai tourné le dos ….

 Il m’a tancé :

 « Vous vous prenez pour qui, vous croyez détenir l’autorité absolue ? »

 

 

C’en était trop ….. J’allais mettre fin à cette pantomime …

 

C’est à ce moment que j’ai croisé le regard  d’un enfant qui suivait la visite avec sa maman …. Puis le  regard de la maman …. Pourquoi ne réagissaient-ils pas ?

 Pourquoi, depuis le début de cette putain de visite, les autres ne se rebellaient-ils pas contre le bachibouzouk abruti ????

 De quelle influence les étouffait-il ?

 

A bout … j’ai repris la visite …. Pour la dame et ses enfants …….

 

 

Quelques secondes …… une minute tout au plus … j’allais expliquer le ‘minot’ ….. le gros con a fait un bruit de bâillement … énorme .....  dans mon dos !

 

 J’ai craqué !

 

Tant pis pour les gosses, pour les autres, pour moi ……  quand c’est trop, c’est trop …..

 

J’ai souhaité à tout le monde une bonne fin de journée et je les ai plantés là !

 

 

 

Je me suis rendu à l’Office pour restituer mon micro …   Clémence m’a dit …..

 

« Il était bizarre ! Je lui ai demandé pourquoi il ne nous a pas prévenu de son retard il m’a répondu que les piles de son portable étaient déchargées et juste après, il l’a sorti pour me prendre en photo !

Je lui ai demandé si le portable était rechargé …. Il m’a répondu que oui ! »

 

 

 

Si vous avez vécu une visite plus merdique que celle-là ………  je vous offre l’apéro !!!!!

 

 

 

 

 

 

08/10/2011

Ö THALASSA !

 

 

Hier soir  ( 7/10/2011), nous avons eu droit à l’émission culte (pied au …) « Thalassa » en direct du vieux bassin de Honfleur.

 

J’en ai été prévenu trop tard pour m’y déplacer en personne et c’est donc dans mon poste de télévision acheté à crédit que j’ai pu suivre les pérégrinations enchanteresses de nos vieux gréements, nos vieilles dentelles, nos vieux caboteurs,  nos décrépites maisons recouvertes, en leurs façades, de tuiles (sic), nos hommes célèbres, nos inconnus qui passent et repassent en direct dans la téloche, ma concierge en bras de nuisette, un raton laveur et un allogène se payant ouvertement la tête d’un autochtone qui l’avait bien mérité !

 

Le tout admirablement éclairé de lampes multicolores créant une féérie digne d’une boîte de nuit interlope à Khartoum !

 

 

Ho la la !  Je trépigne de transports émotifs sur mon canapé, ce magnifique spectacle a dû coûter la peau des chtouilles de l’édile écharpé qui l’a orchestré !

 

Ah ! Zut, le gros monsieur joufflu qui ressemble à un marin comme ma concierge ressemble à une pinup nous annonce un reportage sur la raie de mon c…..  non, pardon, la raie manta !

 

J’en profite pour m’éclipser aux tartisses faire une vidange judicieuse.

 

Quand je reviens, le spectacle est plus féérique que jamais !

 

Bravo les petits bateaux avec tous ces enfants des écoles d’Honfleur que je n’avais jamais vu avant cette première mondiale !!!!!

En tout cas, les miens (d’enfants) n’y ont jamais eu droit !

Ah ! on me révèle par télépathie internautique que ces bateaux ne sont pas d’Honfleur, ‘on’ les aurait amenés là par voie autoroutière pour faire plus mariole !

 

Ah ! Ces admirables couleurs eaux de vaisselle ……  on ne s’en lasse pas !

Honfleur est donc une ville arc en ciel  !   

Couleurs du maire et d’iPiyouplabellebleue blanc rouge !

 

Vient un reportage sur un admirable photographe havrais qui a photographié tout ce qui peut être photographié avant de s’installer dans une maison de rêve payée rubis cash grâce aux produits de la vente desdites photos. C’est aussi un philosophe, il dit à qui veut l’entendre que la vie est belle si on sait la prendre par le bon côté des choses (comprenne qui peut !)

 

 

Nous revenons près du vieux bassin, comme l’assassin qui revient toujours sur les lieux de ses crimes !

 

Mais !!!

Je la reconnais, c’est une guide de l’Office de Tourisme.

Ah Si Rosaleen, la guide interrompue avait pu mordre l’interviewer interrompeur …. Au moins ça nous aurait fait des histoires à raconter !!!!

C’est qu’il compétitait sauvagement, ce journaliste à la petite semaine qui ne prenait pas le temps d’écouter les explications sur les fiches et les contrefiches des greniers à sel !

Ah ! mon prompteur revient sur ses pas et me souffle qu’il ne s’agissait pas des greniers mais bel (vous voyez de qui je parle ….  mais oui, au perchoir …) et bien de la Lieutenance, magnifique bâtiment inutilisable en l’état.

 

Pour nous remettre de nos émotions touristiques qui tournent en eau de Boudin (Eugène pour les intimes), le monsieur qui ressemble à un marin comme ma concierge ressemble à Gina Lolobrigida nous informe d’un reportage mozambiquesque !

 

Ô thalassa !

Ca me rappelle ce marin grec à Libreville qui ne comprenait pas mon grec à moi !!!

Est-ce que les matelots honfleurais arrivent à converser avec les grecs ?

 

 

Les raies mantas, les bouibouis, les cambuses mozambicaines …. Tout ce foutoir, ces scientifiques hollywoodiens, ces aventuriers pieds nickelés, ces photographes même pas photogéniques …. !!!

Les reportages prennent l’eau …. Ça rejoint peu ou prou les histoires du capitaine némo …. Euh ….  Costaud, pardon !

 

C’était une belle émission, je ne vois rien à critiquer …..  sauf mes critiques !!!!!

 

A ma décharge, je dois dire que cette émission ressemble de plus en plus aux émissions des temps glorieux de l’ORTF avec gloubiboulga et tatie Dorothée et ses bandent boys qui écument encore les bars douteux du quai Sein de Catherine !!!!

 

Oui-Oui m’informe à l’instant qu’il a bien aimé l’émission ….  Tout n’est peut-être pas perdu !