Otherwise, it does also exist in French : the naked word (ok for children)
The poor lost word was stark naked ..... I comforted him .....
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The poor lost word was stark naked ..... I comforted him .....
Non, non, ce n'est pas un mot nudiste, juste un mot nu !
Frères humains qui tant avez besoin de mystères et de mysticisme,
D’histoires merveilleuses et religieuses, tant besoin de croire et d’espérer,
Il est temps de jeter vos missels, vos bibles et vos torahs, vos corans et ses versets,
L’entité suprême et omniprésente qui transcende le tout et fait partie du tout et de vous
Est là, devant vos yeux et n’attend qu’un signe de vous pour la remercier de vous avoir donné la vie !
Non, ce n’est pas un dieu dont je parle, mais de la déesse dont vous êtes issus et dont vous devez prendre soin comme de vous-même.
Cette déesse a pour nom Gaïa ou Gé ou Terre.
D’où venez-vous ?
De la Terre.
Où allez-vous ?
Que ce soit en cendres ou en cadavre, vous retournerez à la Terre.
Quant à vous qui n’avez nul besoin de déité pour vivre, vous ne pouvez nier que votre vie dépend entièrement de la Terre.
C’est une évidence, la Terre vit et nous vivons sur Terre.
Elle est toute puissante et pourtant subit nos souillures.
Tant que vivra la Terre nous avons toutes chances de vivre ….
Si la Terre meurt,
Nous mourrons.
Voici une déesse bien plus exigeante que tous ces dieux insignifiants qui ne sont que le fruit de l’imagination humaine et qui n’ont d’emprise sur l’homme que par la main des prêtres, imams et autres rabbins qui prétendent détenir la vérité quand ils sont incapables de décrire leur soi-disant dieu.
La Terre, je peux vous la décrire.
La Terre est belle.
La Terre est immense et multiforme, elle est constituée de terres et de mers, de plaines et de montagnes, de plages et de fonds marins, de forêts et de déserts.
Elle est rouge, bleue, verte, blanche, noire, jaune et de tant d’autres tons et nuances ….
Elle est aride ici et trempée là.
Froide, chaude, calme, agitée.
Elle est vivante, ses eaux ne cessent d’aller et venir et ses entrailles bouillonnent aux rythmes de son cœur de magma qui pulse son sang de lave.
La Terre n’est pas un dieu abstrait qui dit un jour une chose et le lendemain son contraire par les voix discordantes de ses prélats.
La Terre ne préconise pas la haine ni le meurtre ni le vol ou le viol.
Elle a patiemment donné vie à une multitude d’êtres.
La Terre nous donne tout ce qu’elle recèle pour que la vie se perpétue et se développe, elle est généreuse et ne demande en échange que peu de soins et d’attentions.
Seulement voilà !
L’homme refuse de voir cette simple vérité. L’homme refuse sa véritable culpabilité, sa lâcheté, sa duplicité.
Plutôt que d’apporter tous ses soins à la Terre et lui donner ce qu’elle attend, il se prosterne devant des idoles ou d’autres hommes qui le soumettent et l’humilient dans des postures indignes et des pénitences stériles.
Au lieu de prendre soin de sa vie, l’homme chie sur sa Terre et la pollue sans le moindre complexe, empoisonnant son air, ses eaux et ses terres pour produire des biens dont il n’a nul besoin.
Quand l’air sera devenu irrespirable, saturé de saloperies radioactives et de déchets de dioxine, qu’adviendra-t-il de l’humain ?
Il disparaîtra, de son propre fait, de sa propre cupidité, de sa propre imbécillité.
Alors, vous tous qui avez tant besoin de prières, de temples, de synagogues, d’églises, de chapelles, de mosquées, de mandaroms …. Construisez plutôt de simples maisons de la Terre et réunissez-vous pour décider de ce que vous allez entreprendre pour réparer les torts que vous avez causés.
Vous attendez de vos gouvernements qu’ils se décident enfin à agir contre la pollution galopante …. Indignez-vous plutôt que rien ne soit fait et que les sommets sensés prendre des mesures ne soient que pantalonnades et pitreries.
Prenez votre destin et celui de vos descendants en main, réagissez s’il en est encore temps et par votre masse, obligez les pollueurs à cesser leur œuvre de destruction.
La Terre est notre déesse et notre vie, notre bien commun, il n’y a pas de raisons qu’on la laisse se faire assassiner par quelques industriels avares et égocentriques.
Changez tout, prenez d’assaut les cathédrales et faites en des maisons de la Terre, que vos prières ne soient plus des vœux pieux mais des actes, des actes de sauvegarde de l’humanité et de protection de tous les êtres qui peuplent la Terre.
Vous avez besoin de la Terre, elle peut se passer de vous.
Si vous continuez de la maltraiter, craignez qu’elle ne vous noie sous des déluges et des tsunamis ou qu’elle ne vous brûle de son sang de lave.
Respecter la Terre, c’est se respecter soi-même.
et des émasculés qui n'ont pas de couilles ......... ça va de soi !!!!
"Que d'eau !" disait St Pernaud quand St Pastis lui noyait son absinthe ......
L'eau, cette matière visible mais insaisissable ...... l'eau coule, s'infiltre ..... l'eau s'enfuit comme s'enfuit la vie ....
Mes tableaux
Savez-vous pourquoi 2013 sera la plus merveilleuse année de votre vie ?
Parce que vous aurez voté pour moi en 2012 !!!!
Ma concierge dans tous ses états ! Le gouvernement (des farces et attrapes) décide de faire des gardiens d’immeubles des auxiliaires de police et en conséquence les arme d’un toufou, d’un pistolet à amorces, d’une bombe de chantilly …….
Après la décision de faire soigner les ruraux par les vétérinaires, le gouvernement jamais à court d’idées gaguesques, décide d’utiliser les gardiens d’immeubles comme auxiliaires de police.
Le toufou est une espèce de bâton à la con inspiré des feuilletons américains des années soixante. Son maniement relève de l’activité du cirque et son efficacité est plus incertaine qu’une tapette à mouches.
Le pistolet à amorces, jouet préféré pour noël de nos jeunes années (années soixante, toujours) est un petit jouet léger et cassable qui fait péter des amorces rouges qu’on insère en faisant bien attention de ne pas se faire pincer les doigts.
La bombe chantilly remplace la bombe lacrymogène jugée par trop agressive pour des concierges pas toujours aimées des locataires qui doivent leur donner tous les ans des étrennes quelque soit le temps qu’il fait.
Ainsi, dans la foulée des loi anti génocide, les concierges se trouvent être les toutes dernières victimes de la sénilité précoce du gouvernement sarkozyste qui ne sait plus quoi inventer pour divertir les français de leurs préoccupations majeures qui concernent le manger, le coucher et le chauffage.
Des fuites laissent à penser que la prochaine décision rigolote du gouvernement consistera à faire remplacer les maires par les cantonniers (qui dans le fond ne sont pas plus cons que d’autres !)
Je ne vous dis pas l’état de ma concierge !!!!
Elle accueille les locataires de l’immeuble dans le hall d’entrée, son balai à la main, la serpillière dans l’autre et le toufou dans sa main libre ….. elle fait ainsi une démonstration ‘live’ de ce que lui impose le gouvernement : balayer en lavant et en tabassant les intrus indésirés.
Nous avons déjà trois enfants de 3, 5 et 6 ans à l’hôpital, une grand-mère (la vieille bigote du cinquième) gisant dans une mare de sang dans l’annexe aux vélos et une femme enceinte assommée sur l’essuie pieds.
Moi, je passe par le garage du sous-sol et j’évite le hall …. Bien trop dangereux !
Le petit Belgacem qui avait son tabouret dans le hall et vendait des petits paquets de shit de troisième catégorie (coupé aux épinards de Tobrouk) a été expulsé manu militari et se retrouve tout con sur le trottoir entièrement recouvert de crème chantilly.
Si la situation n’était pas si dramatique ….. on en sourirait !!!!!
Vive la France et les idées cataclysmiques de nos chers bureaucrates.
Attention, avant d'écouter cette chanson, vous devez prendre un certain nombre de mesures ......
Sortez votre mouchoir
Bouchez-vous les oreilles
Prenez vos jambes à votre cou
Soyez pêt(e) à vous élancer précipitamment vers la sortie après que vous aurez cliqué sur la flèche de lancement de la chanson .....
Vous pouvez y'aller !
Le Moyen-Âge n'est pas si loin que ça !!!
Corps à Corps
Si t’es fatigué de ton corpsSi tu n’supportes plus tes piedsQue tes yeux ne sont plus d’accordQue les gens te font des pieds d’nez
Viens vite dans notre sociétéIci on répare tous les tortsOn remet même les morts sur piedsDans not’société « Corps à Corps »
Toi qui a le nez bien trop longToi dont le blair est une galèreToi qu’a un s’rin dans l’pantalonToi qu’a les seins comme ceux d’ta mère
Faut que t’arrêtes de t’en faireNous on soigne toutes les misèresOn r’fait tout du pied jusq’au frontDu moment que tu as des ronds
Mais si tu viens fais attentionAmène ton fric et ton pognonOn est pas des anges bénévolesSur nos tête y’a pas d’auréoles
Si t’en as marre de ton métierOn te fait un corps de pompierSi t’as le g’nou qu’est tout gonfléOn t’envoie la maréchaussée
Tu regrettes de n’pas être une femmeOn peut t’faire un échange standardOn te propose nos fines lamesNos chirurgiens tranchent dans le lard
Viens vite dans notre sociétéIci on répare tous les tortsOn remets même les morts sur piedsDans not’société « Corps à Corps »
Dans du vieux on fait du moderneOn troque le derme et l’épidermeOn fait de toi un top modèleTu peux devenir immortelle
Mais si tu viens fais attentionAmène ton fric et ton pognonOn est pas des anges bénévolesSur nos tête y’a pas d’auréoles
Yfig (Déc. 2010)
Lolotte
de
Yfig
Commencé le : 15.01.2011
Fini le :
Yfig
Script écrit avec ’Celtx’
1 INT.BUREAU LA DÉFENSE
Les deux protagonistes, dans l’open space, rangent leurs
bureaux et leurs affaires avant de se quitter.
1 JACQUES
Alors Yfig, t’as trouvé un coloc
?
2 YFIG
Non, Jacques, toujours pas ...
3 JACQUES
Tu as eu des réponses à ton
annonce ?
4 YFIG
Oui, cinq ou six, mais aucun qui
convienne. Il y en a même un qui
est venu passer une petite
semaine à l’essai .... non
concluant, il ne rangeait pas
ses affaires, ne les lavait pas
non plus mais les mettait dans
mon panier de linge sale. Je me
suis fait avoir et les premiers
jours, je lavais sans distinguo
ses affaires et les miennes, mais
ses chaussettes puaient tant
qu’elles on fini par m’alerter.
Je suis bon bougre, je me suis
contenté d’acheter une seconde
bannette à linge et de marquer
son nom dessus.
Mais un soir, en revenant du
boulot, j’entends depuis
l’ascenseur de la musique à fond,
du rap, genre que je déteste au
possible et une odeur de
graillons et de fumée dans le
couloir.
J’ai ouvert la porte et ai failli
tomber dans les pommes.
Il y avait cinq ou six jeunes
types qui dansaient en buvant des
bières, et sur le balcon, des
merguez grillaient sur un mini
barbecue dégageant des fumées
nauséeuses.
J’ai eu du mal à faire comprendre
à cette horde que bien que près
du dix neuvième arrondissement,
nous n’étions pas à Barbès
Rochechouart.
Il m’a fallu me mettre en colère
et lui faire cadeau du loyer
qu’il me devait pour qu’il
accepte d’aller cuire ses merguez
ailleurs
5 JACQUES
Tu as peut-être trop d’exigences
!
6 YFIG
rien d’exceptionnel, vraiment,
des conditions telles que ’pas de
BBQ sur le balcon ou pas de linge
aux fenêtres’, c’est tiré du
règlement de copropriété.
7 JACQUES
Peut-être mais ’pas de foot à la
télé’, je trouve ça rédhibitoire
!
JACQUES ET YFIG SE DIRIGENT VERS LES ASCENSEURS
8 YFIG
Ouais, mais c’est NON négociable.
(Ils disparaissent dans
l’ascenseur))
2 EXT.RUE.KIOSQUE À JOURNAUX PUIS CABINE TÉLÉPHONIQUE
(Pas de dialogue)
9 LOLOTTE
Lolotte de dos, de loin, un chapeau, passe devant un
marchand de marrons chauds et arrive au kiosque, elle
compulse le journal des petites annonces entre
particuliers, le referme et l’achète, visiblement
satisfaite de ce qu’elle a lu.
Elle va à la première cabine téléphonique proche et
compose le numéro à partir de la petite annonce dans le
journal.
3 INT.APPART D’YFIG
Le téléphone sonne.
Yfig sort la tête de la salle de bain avec douche, la
rentre puis ressort en peignoir et la serviette sur la
tête ... il décroche le téléphone
10 YFIG
Allo !
4 EXT.RUE.CABINE TÉLÉPHONIQUE
11 LOLOTTE
(de dos à travers la vitre
de la cabine)
Bonjour monsieur Yfig.
Vous cherchez toujours un
co-locataire pour vous aider à
payer votre loyer ?
5 INT.APPART D’YFIG
12 YFIG
Oui, monsieur, je suis toujours à
la recherche d’un co-locataire
aux conditions explicitées dans
l’annonce à savoir :
(il regarde un petit
pense-bête au dessus du
téléphone)
- Pas de fille à la maison,
- pas de barbecue sur le
balcon,
- pas de linge pendu à la
fenêtre,
- pas de foot à la télé.
6 EXT.RUE.CABINE TÉLÉPHONIQUE
13 LOLOTTE
Pas Monsieur, Mademoiselle, je
m’appelle Marie-Laure de Kerr
l’Aven, mais tout le monde
m’appelle ‘Lolotte’.)
7 INT.APPART D’YFIG
14 YFIG
Ah ! vous êtes une femme !Euh !
C’est à dire que je cherche
un co-locataire, je suis un
homme, vous savez, et je ne suis
pas certain que de se retrouver à
deux personnes de sexes
différents ne soit pas sans
générer quelques problèmes.
8 EXT.RUE.CABINE TÉLÉPHONIQUE
15 LOLOTTE
Ben ! c’est une question
d’arrangements, pas vrai ?
9 INT.APPART D’YFIG
16 YFIG
(Se dit que ses conditions
vont décourager la
postulante)
Oui, vous avez raison,
d’ailleurs, j’ai diverses
conditions qui sont non
négociables.
10 EXT.RUE.CABINE TÉLÉPHONIQUE
17 LOLOTTE
Allez-y, balancez vos conditions
que j’vous dise c’que j’en pense.
11 INT.APPART D’YFIG
18 YFIG
(Il semble hésiter, lit sa
liste de conditions et
balance :)
Pas de fille à la maison ....
(Il se rend compte de sa
connerie, mais trop tard !)
19 LOLOTTE
(On ne la voit pas, mais on
devine à sa voix qu’elle se
marre !)
Bon, d’accord !
20 YFIG
Euh ! Pas de mec non plus ! les
filles c’est pour ce qui me
concerne, les mecs c’est pour
vous.
21 LOLOTTE
Ouais, j’avais compris, te casses
pas, j’amènerai personne, c’est
bien ça qu’tu veux dire !
22 YFIG
Oui, ce que je veux dire, c’est:
personne qui vienne squatter,
mais évidemment on peu recevoir
quelques ami(e)s ...
(il appuie bien sur le ‘e’
pour le cas où il ferait la
connaissance fortuite d’une
jeune femme)
... pour une soirée, une bonne
bouffe, par exemple.
12 EXT.RUE.CABINE TÉLÉPHONIQUE
LARGE : EN PRENANT DU RECUL ON APERÇOIT DANS LE CHAMP
QU’UNE PETITE FILE D’ATTENTE S’EST CONSTITUÉE À LA CABINE
...
23 LOLOTTE
D’ac ! Max, c’est OK, ça me
paraît tout à fait raisonnable.
13 INT.APPART D’YFIG
24 YFIG
Euh ! c’est pas tout, j’ai
d’autres conditions ....
25 LOLOTTE
Ben va’z’y, annonce !
26 YFIG
pas de barbecue sur le balcon,
pas de linge pendu à la fenêtre
ni de petites culottes qui
traînent partout dans l’appart.
et pas de foot à la télé.
27 LOLOTTE
T’es bien le premier mec qui
regarde pas le foot à la télé,
ça, j’dois dire que c’est un bon
point pour toi ! ...
... Bon, à moi,
14 EXT.RUE.CABINE TÉLÉPHONIQUE
28 LOLOTTE
J’veux du respect, j’veux pas
qu’tu m’dragues sous préteste que
je suis z’une femme, j’veux pas
qu’tu t’serves de mes affaires de
fille, si t’es z’un n’obsédé,
faut m’le dire tout d’suite,
parce que ça marchera pas entre
nous, j’veux pas qu’tu m’piques
mes provisions dans l’frigo, t’as
qu’à t’faire tes courses
toi-même, j’suis pas ta bonniche
et pis tu fais ta vaisselle et
j’fais la mienne et chacun son
jour pour l’ménage, et aussi pour
descendre les poubelles, pas
d’raison que j’me tape tout
l’boulot sous prétesque ...
à suivre ...... peut-être .....
Cultuel, nous sommes bien d’accords, c’est tout ce qui a trait au cul !
Par un bel après-midi d’été où le soleil faisait rôtir les naïades imprudemment allongées sur la plage insalubre du Butin , on m’avait envoyé chercher quelques pintades clientes de l’hôtel qui a la vue sur les gigantesques citernes du port, les cheminées jumelles de la centrale thermique et les flammes perpétuelles des raffineries de l’estuaire.
Il faisait si chaud que je suis entré dans le hall de réception pour y trouver un peu d’ombre à défaut de fraîcheur.
J’ai eu alors l’occasion d’admirer un balai de jeunes filles plus ou moins habillées qui venaient au rencart pour savoir si leur client était prêt pour le massage qu’il avait commandé ….
Le groom, le pauvre, avait pour mission d’appeler ledit client puis de transmettre à la kinésithérapute le résultat de ses investigations !
On fait trop semblant de l’ignorer mais le tourisme « santé soins du corps » est en plein expansion dans l’hostellerie française depuis que la TVA est passée à 5% et le récent passage à 7% ne découragera pas les accrocs de la « pipebranlette » Mc do !!!!
Non, vraiment, ce qu’il faudrait c’est faire passer la TVA sur la turlutte à au moins 30% pour remplir prestement les caisses de l’Etat.
Je connais un petit cimetière, je ne vous dis que ça !
Le soir de la toussaint, les autochtones viennent à pied par les routes et les chemins en groupes de trois quatre ou cinq personnes, le soir après la vesprée mais quand à l'horizon grille encore l'ampoule astrale en diffusant une douce luminosité dans les tons orangés.
Ils portent tous une grosse bougie dans un sac papier et cette procession franchit la petite grille de dentelle forgée et si rouillée qu’on ne peut plus la fermer puis se rassemble doucement, à pas feutrés devant la petite chapelle romantique à la croix dentelée comme une feuille croquée par des chenilles.
Les femmes, un châle noir sur les épaules ou sur leurs cheveux, parlent à voix basses, les hommes gardent les yeux baissés, mais quelques cris de bambins déchirent inopportunément le silence gras.
Toutes ces bougies forment une nouvelle lumière, diffuse, qui empêche la nuit de tomber définitivement. Elles éclaircissent les contours tremblants des visiteurs silencieux comme dans un tableau de Rubens.
Quand le dernier villageois a rejoint l’assemblée, ils prient à l’unisson et les marmonnements semblables à des gémissements montent dans le ciel pour atteindre les cieux. Le bourdonnement s’amplifie jusqu’à devenir grondant.
Les morts commencent à frissonner, le bruit monocorde des stèles qui tremblotent accompagne les psaumes des voix monotones.
On se sent enveloppé, happé, transporté par ce chant vibrant et qui prend lentement une force sans cesse grandissante pour atteindre à la fin l’acmé perçant qui fore le ciel pour atteindre les étoiles et les morts qui y reposent.
Tout s’arrête. C’est la mort qui reprend possession du cimetière, mais les défunts ont ouï la prière des vivants et peuvent reprendre sereinement leur doux sommeil éternel. Ils savent qu’on ne les oublie pas.
Les petites bougies se séparent et pénètrent en étoiles le cimetière s’éparpillant entre les tombes, chacun, à présent va veiller son parent en toute intimité.
Fort de France (Martinique)
Les trois îlets
Toussaint 1977
samedi 29 octobre 2011
Il y a, dans la vie des guides touristiques, des journées qui comptent double, ou triple, ou puissance ‘n’ !
L’autre jour, les clefs des greniers à sel étaient introuvables ……. Bon ….
Aujourd’hui, j’avais rendez-vous à 15h30 pour une visite en français. Je dois guider une trentaine de personnes.
Je passe un coup de fil vers 14h45 pour confirmer … Clémence confirme.
15h15 j’arrive à l’Office de Tourisme pour m’équiper du micro qui permet d’économiser la voix.
15h30 …. Personne.
15h45 …. Personne
16h …… personne
16h15 … Clémence cherche un numéro de téléphone pour essayer de déterminer la cause et l’ampleur du retard …. Mais personne ne répond.
16h30 …. Je sors devant l’Office avant de me déséquiper et déguerpir …. Quelques personnes sont là je leur demande si elles attendent un guide … Oui.
Visiblement, ces touristes ne dînent pas à la table du roi (ni même à celle du président). Ce sont, ça se voit quand on a un peu l’œil, des gens défavorisés …. Non par le sort ou l’intellect, mais plutôt par leur statut social.
Bon, mon groupe est enfin arrivé. Faudrait trouver le responsable afin qu’on se mette d’accord ….
Un monsieur qui me fait penser à Djamel Debouze (mais en moins sérieux) me conduit au responsable en question qui me semble fort goguenard.
« Vous n’êtes pas en avance » me permets-je de lui faire remarquer.
« Ouais, ben j’en ai marre de m’excuser depuis ce matin … on est en retard et c’est tout ! »
Ouf, charmant le prince (il ressemble à un vieil émir que j’ai connu du temps ou je trainais mes guêtres du côté de Riyad en Arabie Saoudite - le keffieh en moins !).
« Tenez ! » et il me tend un dossier tout en braquant son téléphone sur ma pomme. Pendant que je prends connaissance du document qui n’est qu’un plan de route, il me prend en photo.
« C’est à vous que je paie ? »
« Non, veuillez vous adresser à cette jeune femme… »
Je sors, j’ai besoin d’air.
J’attends encore un bon quart d’heure avant que mon prince ne sorte et entame une discussion à laquelle je ne suis pas convié ….
Au bout d’un certain temps, je finis par intervenir, au risque de paraître impoli je demande si nous pouvons commencer la visite ?
« Ben mon vieux, on vous attend ! »
J’encaisse …. Je les emmène de l’autre côté de la rue et commence la visite …..
Pendant que je parle, l’émir, près de moi, s’entretient à haute voix avec quelques individus de sa clique …..
J’ai l’habitude de ce genre de situation. Ca se gère en continuant l’exposé jusqu’à ce que les compères mêmes du chieur finissent par lui intimer l’ordre de fermer sa grande gueule car on n’entend pas ce que dit le guide qui est plus intéressant que les histoires d’alcolos ….
Mais là …… rien, que pouic, que dalle …. Le mec continue à aboyer pour couvrir le son de mon micro que j’ai encore haussé ….
Je m’interromps.
Le gugusse (j’ai pas dit négus, vous remarquerez !) continue de pérorer comme une perruche en rut !
Donc, je lui balance (à fond le micro) : « dites, si je vous gêne, faites-le moi savoir »
Et le mec, du tac au tac me rétorque : « Moi, j’ai pas de micro, alors je suis bien obligé de parler fort pour me faire entendre. »
Dites …. Vous qui avez quelque expérience de guide ….. vous auriez fait quoi à ma place ?
Je ne peux me résoudre à planter le petit groupe d’une douzaine de personnes qui sont restées pour suivre la visite. Ca me ferait trop chier de les pénaliser à cause de ce taré …. Je me dis que je finirai bien par lui faire comprendre ……
Je me déplace …
Le petit groupe me suit comme mon ombre pendant que le pédezouille des banlieues reste en retrait …. Et c’est tant mieux.
Ils me posent des questions sur les essentages, sur l’ardoise et son utilisation, sur le châtaigner …. J’avais raison, ces gens là sont curieux et à l’écoute.
Une dame me demande si on peut être certain de l’origine de cette maison ….
Je lui explique avec presque de la jubilation qu’il n’est pas vraiment judicieux de parler d’origine mais qu’on peut se poser la question de la date (en siècle) de construction et des transformations successives de l’immeuble et de ce qu’il reste de ses origines ….. elle est ravie et me dit : « Oui, c’est exactement ce que je voulais dire …. »
Je demande à mes visiteurs de m’attendre une minute le temps que j'aille chercher les clefs des greniers …. Mais il n'y a pas de clefs, personnene sait où elles sont.
Je tente d'ouvrir la porte .... elle s'ouvre.
J’entre dans les greniers et m’enquiert auprès des trois honfleurais en train d’installer leur tables d’exposition si ça les dérange que je fasse mon boulot ?
Ils me répondent que nenni, que je suis le bienvenu ….. les tables sont vides et ces tables vides encombrent les greniers.
Je fais rentrer mon petit monde dans les greniers ….. merde ! le chibani entre aussi (un peu comme Félicie dans la chanson de Fernandel !).
Nous nous faisons tout petits dans un coin et je commence l’histoire des greniers, de la gabelle …. A peine ai-je commencé qu’Yves (un agent d’entretien des greniers) vient vers moi en répétant
« ça va pas l’faire, faut que tu sortes, ça va pas le faire, faut que tu sortes ….. »
« Salut Yves, t’as un problème ? »
« tu peux pas rester là, j’ai bien prévenu l’Office, pas de visite aujourd’hui ni le week-end, pas de visites !!!! »
Ah ! putain ! ça me gonfle grave !
Quelqu'un va-t-il se décider enfin à expliquer aux comiques que les greniers ne sont pas leur propriété privée ..... ou bien se décider une bonne fois pour toute à arrêter les visites de Honfleur si on ne peut rien faire visiter ?
L'Office de Tourisme est sous l'égide de la commune mais la commune semble faire en sorte que sa main droite refuse à sa main gauche de coopérer.
Les visites sont faites pour faire valoir la ville, pas pour emmerder les badauds !
« Désolé, Yves, je vais faire vite, maintenant que nous sommes tous là …. »
Quelques personnes sortent par le couloir qui communique avec le petit grenier à sel et se plantent là avec l’air de dire :
« Mais c’est qui ces intrus qui viennent polluer nos greniers ??? »
Ca me gonfle, putain que ça me gonfle !!!!!!
Malgré tout ….. faut pas oublier que j’ai fait l’Afrique …… je maîtrise mon irritation (j’ai toujours aimé les euphémismes) et je reprends la visite …..
« Ces greniers ont été construits en 1670 1672 par la ferme de la gabelle avec l’autorisation de Colbert. Colbert était le ministre de l’économie de Louis XIV …. »
Le vieux bouc m’interrompt en se campant devant moi, devant les autres ….
« Ben oui, tout le monde sait ça que Colbert était le ministre de Louis XIV on n’est pas des imbéciles, on sait ça …. »
Je choisis l’option : « ignorer » et je continue mon speech ….
Je parle et je pense ….. le type est en train de me filmer. Il a mis son téléphone à quelques centimètres de mon visage et il filme ………
Ok me dis-je, il va me prendre pendant quelques secondes …. Mais non, il filme …..
J’arrête de causer dans la caméra pas invisible et lui dis :
« je ne voudrais pas être obligé de vous demander des droits d’auteur, pourriez-vous, SVP cesser de me filmer, ça me déconcentre ! »
Lui : « Les droits d’auteur ! ? c’est pour moi les droits d’auteur, vous, vous pouvez tout juste prétendre au droit d’image … et encore …. »
Là, il me GONFLE !!!! mais pour de vrai, pour de gros, pour toujours !
« Ecoutez, vous me filmez sans me demander mon avis, vous enregistrez ma conférence, vous abusez de mon droit à l’image et de mes droits d’auteur car c’est moi qui ai écrit cette conférence (elle a bien un petit peu évoluée depuis la toute première – pardon pour mon manque d’humilité …) alors je vous demande de fermer votre téléphone et de suivre la visite si vous ne voulez pas que j’y mette fin prématurément. »
« Ok, j’arrête de vous filmer …. Voilà ! »
Et il continue de filmer …. Je me suis avancé, lui ai tourné le dos ….
Il m’a tancé :
« Vous vous prenez pour qui, vous croyez détenir l’autorité absolue ? »
C’en était trop ….. J’allais mettre fin à cette pantomime …
C’est à ce moment que j’ai croisé le regard d’un enfant qui suivait la visite avec sa maman …. Puis le regard de la maman …. Pourquoi ne réagissaient-ils pas ?
Pourquoi, depuis le début de cette putain de visite, les autres ne se rebellaient-ils pas contre le bachibouzouk abruti ????
De quelle influence les étouffait-il ?
A bout … j’ai repris la visite …. Pour la dame et ses enfants …….
Quelques secondes …… une minute tout au plus … j’allais expliquer le ‘minot’ ….. le gros con a fait un bruit de bâillement … énorme ..... dans mon dos !
J’ai craqué !
Tant pis pour les gosses, pour les autres, pour moi …… quand c’est trop, c’est trop …..
J’ai souhaité à tout le monde une bonne fin de journée et je les ai plantés là !
Je me suis rendu à l’Office pour restituer mon micro … Clémence m’a dit …..
« Il était bizarre ! Je lui ai demandé pourquoi il ne nous a pas prévenu de son retard il m’a répondu que les piles de son portable étaient déchargées et juste après, il l’a sorti pour me prendre en photo !
Je lui ai demandé si le portable était rechargé …. Il m’a répondu que oui ! »
Si vous avez vécu une visite plus merdique que celle-là ……… je vous offre l’apéro !!!!!