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Yfig textes et chansons - Page 13

  • Genre = mini théâtre (moins d'une heure 2 personnages + voix off) ---- Style = Comédie ---- Titre = ?

    EXTRAIT:

     

     

    YFG146

    SCENE I

     

    Le rideau n’est pas encore levé.

    Une musique accordéon emplit la salle, la complainte de la butte (voir ci-dessus).

    Quand la musique s’arrête, le flic de service la remet !

     

    Le rideau s’ouvre.

     

    Fanny est assise avachie sur le banc de la cellule, à son côté, Solveig est allongée enveloppée dans son manteau de fourrure la tête couverte d’un foulard sur les cuisses de Fanny.

     

    Voix off 1 le flic : il chantonne, faux, sur la chanson, mais visiblement ne connaît pas les paroles ! petit à petit ,il fredonne, puis il va se taire ….

     

    Fanny se réveille difficilement.

    Elle est encore à demi saoule, décoiffée, du fard coule de ses yeux et son rouge à lèvres a débordé sur son menton.

     

    Elle prend maladroitement son sac qui est au pied du ‘banc – litière’ et en sort une petite glace. Elle se regarde et …

     

    F : Mon dieu c’est pas vrai la gueule que j’aie ! Ca devait être une sacrée bringue

    elle sourit …

    Dommage que j’me souvienne de rien ! Elle s’arrange tant bien que mal, à l’aide d’un mouchoir … et sort une pince à cheveux de son sac qu’elle met dans sa coiffure pour la faire tenir.

    Dommage, oui, dommage …. Voyons …. J’étais chez Béatrice … et j’avais rendez-vous …. prenant conscience de l’accordéon ….

    Mais c’est quoi cette musique ? on dirait des casseroles !

    OH ! ma tête, il me faut une aspirine effervescente … je dois en avoir …. Vite …

    Elle pose son sac sur la tête de Solveig …

     

    S : Aîe ! Puis elle se retourne et se rendort en maugréant ….

     

    F : Mais qu’est-ce que c’est qu’ça ?

    Elle la secoue un peu … puis encore …et de plus en plus fort …

    EH ! là d’dans, y’a quelqu’un ?

     

    S : Mais qu’est-ce qui s’passe ? Laissez-moi tranquille, vous voyez bien qu’il fait nuit.

     

    Elle essaie de se rendormir, mais Fanny ne lui laisse aucune chance, elle se lève et ..

     

    F :Vous vous croyez où espèce de marmotte emplumée (référence à son manteau de fourrure) ?

    Vous n’voyez pas qu’on est au poste ?

    On a dû se prendre une de ces bitures !

    Et pis d’abord, est-ce qu’on s’connaît ?

    Oh la la ça tourne ….

     

    Elle titube et décide de retirer le foulard de sur la tête de Solveig (qui tourne le dos au public).

    Mais je vous connais pas !

    Qu’est-ce que vous foutez là ?

    Pourquoi on est ensemble ?

     

    S : Hummmmm laissez moi tranquille !

     

    F : Allez, réveille-toi ‘faignasse’, j’veux savoir qui tu es et pourquoi on est là ? ….

    Elle la secoue comme un prunier jusqu’à ce que Solveig se décide à s’asseoir.

     

    S : Vous auriez pas un cachet ? …. J’ai un d’ces mal de crâne !

     

    F : Ah oui ! c’est c’que j’voulais chercher dans mon sac … Elle reprend ses investigations là où elle les avait abandonnées … et sort triomphalement une petite boîte d’aspirines effervescentes.

    Ouais ! Je savais bien que j’en avais.

    Bon, me faudrait de l’eau … Elle repère un verre et une carafe sur la petite table qui meubleun coin de la cellule. Elle met son cachet et l’eau et attend en oscillant d’une jambe à l’autre.

     

    S : Merci, c’est gentil de me le préparer.

     

    F : Dans tes rêves, ma cocotte, celui-là, c’est pour ma pomme et c’est tout !

     

    S : Vous pouvez pas me faire ça, j’ai bien trop mal à la tête …. Tiens ! je vous l’achète votre comprimé, dites moi votre prix ?

     

    F : Ah Ah Ah ! Vous ne savez pas à qui vous parlez ma cocotte, même pour un million je ne vous le vendrais pas, j’en ai bien trop besoin.

     

    Solveig essaie de se lever mais retombe sur le banc.

     

    S : Et à qui je parle ? … Moi, c’est Solveig.

     

    F : Enchantée, je suis Fanny et ce cachet est à moi et n’est pas à vendre, même pas à une …. Une …. Vous faites quoi comme job pour être attifée comme ça ?

     

    S : ‘Attifée’ ? ça veut dire quoi ?

     

    F : C’est ça, ma cocotte, paie-toi ma tronche …. C’est sûrement comme ça que je vais te refiler mon cachet !

     

    S : Oh ! et puis cessez de m’appeler ‘ma cocotte’, je ne suis la ‘cocotte’ de personne, je suis duchesse, si vous voulez le savoir et je ne vois pas non plus ce que je fais en compagnie d’une … d’une … ‘attifée’ ! (Elle dit tout ça non sans beaucoup de condescendance et de une pointe de dédain)


    F : Attifée, ça veut dire ‘arrangée’, ou ‘fringuée’ si tu préfères, madame la comtesse ! (Évidemment, elle lui rend son temps hautain)

     

    S : Non, Duchesse, pas comtesse, mais ça n’a vraiment aucune importance, vous pouvez m’appeler ‘Solveig’ tout simplement. (Elle a pris un ton beaucoup moins hautain dans la deuxième partie de sa phrase)

     

    F : Mais c’est pas possible cette musique ….. elle crie …. Eh ! gardien ! vous pouvez baisser le son, s’il vous plaît, on a un de ces mal de crâne !!!!!

     

    Voix off 1 : Qu’est-ce ké zon les pochardes ! ? Quand on picole c’est normal d’avoir le casque à pointe à l’envers le lendemain !

    Le son baisse. Mais la chanson continue de tourner en boucle ….

    Les deux femmes commencent un peu à dégriser …. Fanny avale son cachet et …

     

    F : Oh la la ! c’que ça fait du bien Elle rote !

     

    S : God bless you ! un silence …. Dites, vous n’auriez pas un cachet pour moi, s’il vous plaît ?

     

    F : Ah ! je vois que madame la baronne a besoin du tiers état ! Elle regarde Solveig et devant sa mine déconfite, elle finit par craquer … Allez, va, je vais vous en préparer un, faites plus cette tête là, bouder, ça enlaidi ! et elle lui met un cachet dans le verre …. Et ira le lui porter.

     

    S : Merci, vous êtes gentile.

     

    F : Attention, hein ! gentille, mais pas bonne ! C’est pas parce que je suis de la roture que vous me traiterez en bonniche !

     

    S : Non, pas du tout, je suis sincère ….

    Vous ne m’avez pas dit ce que vous faites dans la vie ?

     

    F : Je suis trader.

     

    S : Trader ! ? Je croyais que c’était un métier pour homme ?

     

    F : Oh ! je vous rassure, y’a aussi des hommes …. Vous savez ce que c’est comme métier ?

     

    S : Trader, c’est à la bourse, des personnes qui parlent avec les mains et qui s’envoient des petits bouts de papiers pour acheter ou vendre des sociétés ou des actions, plutôt ….. c’est bien ça, non ?

     

    F : Ah ah ! vous êtes marrante. C’est fini ce temps là ! les bourses ont été dématérialisées depuis belle lurette et tout se passe via des réseaux privés, sortes d’internet sécurisé.

     

    S : Je devrais le savoir, moi qui vit sur mon capital.

     

    F : Vous voulez dire que vous vivez de vos dividendes ?

     

    S : Oui, je suis actionnaire majoritaire et PDG d’une industrie textile, en fait la plus grosse d’Italie.

     

    F : Tela di seta  ?(toile de soie - NDL)

     

    S : Si. Lei sa ? …… devant l’air interrogateur de Fanny, elle traduit …vous connaissez ?

     

    F : Plutôt, oui, il circule les rumeurs les plus folles dans les salles de marchés sur ce groupe.

     

    S : Vous m’inquiétez, quelles sont ces rumeurs, j’ai le droit de savoir ?

     

    F : Vous n’avez personne pour vous conseiller avec une telle fortune ?

     

    S : Mais si, bien sûr, mon cousin Tizziano, il est mon homme d’affaires et il s’occupe de tout.

     

    F : Tizziano Seccuzi ?

     

    S : Si !

     

    F : Aïe !

     

    S : Mais quoi ! ? Dites-moi, vous me faites mourir de peur, expliquez moi ?

     

    Fanny n’a visiblement pas l’air enthousiasmée pour raconter …

     

    Voix off 1 le flic : Ouais ! C’t’à quel sujet ?

     

    Voix off 2 femme : Je viens d’être violée, là, dans la rue, à quelques mètres du commissariat, j’ai été attaquée par deux hommes et après m’avoir obligée à les …….. sucer, ils m’ont violée, j’vous dis, vite, il faut les rattraper …

     

    Voix off 1 le flic : Ah Ouais ! Pourquoi ? y zon oublié de te payer ?

     

    Voix off 2 femme : C’est pire que ça, il m’ont piqué mon sac avec mes papiers et ma soirée dedans !

     

    Voix off 1 le flic : Ouais ! Ben t’as qu’à porter plainte.

     

    Voix off 2 femme : C’est pour ça que je suis là, mais si vous les rattrapez, il est peut-être pas trop tard …. Vite ….

     

    Voix off 1 le flic : Ouais ! Ben faudra revenir demain, je suis seul ici et j’ai deux dangereuses prisonnières que je peux pas quitter des yeux.

     

    F : C’est nous les « dangereuses prisonnières » ?

     

    Voix off 1 le flic : Ouais ! Ben taisez-vous les pochardes, on vous z’a pas sonnées !

     

    Voix off 2 femme : Alors vous faites rien pour moi ! ? Je viens là porter plainte pour viol et vous vous me dites tranquillement, comme si de rien n’était de revenir demain … c’est ça la police, hein ? … J’vous cause ! ….

     

    Voix off 1 le flic : Ouais ! Ben si tu continues, je vais te mettre en cage avec les pochardes, c’est ça qu’tu veux ?

    Un silence ….. la femme grommelle des borborygmes incompréhensibles « rotegneugne » puis …..

    C’est ça, adieu ! … Non mais ! C’est pas à la Samaritaine, ici !

     

    Les deux jeunes femmes restent coites, interloquées par l’interruption surréaliste.

     

    FIN SCENE I

  • Style = saynète ---- Genre = comédie --- Titre = Roméette et Julio

     

    ROMEETTE       ET      JULIO

    Devant le rideau rouge, face aux spectateurs.

    Metteur en scène : Mesdames, Mesdemoiselles  et Messieurs,  nous allons avoir le vif plaisir

    d’interpréter devant vous, ce soir, un acte délicieux d’Oscar Marivelle intitulé : « Roméette et Julio ».

    Le rôle de Roméette sera tenu par Melle Dubois, celui de Julio par M. Durand …

    Dupont fait irruption côté cours

    Dupont : Pardon, pardon, Julio c’est moi.

    Durand fait irruption côté jardin

    Durand : Pardon, on m’a donné le rôle. Vous  étiez malade et je suis votre remplaçant.

    Dupont : Je suis à présent rétabli et je suis ici pour tenir mon rôle.

    Durand : Trop tard ! trop tard ! J’ai appris ce rôle, nous l’avons répété avec mademoiselle

    Dubois et c’est à moi de le jouer.

    Dupont : Moi aussi je l’ai appris et je suis l’acteur principal, vous, vous n’êtes qu’une

    doublure.

    Metteur en scène : Ecoutez, M. Dupont, de toutes façons, je pense qu’il est préférable que ce

    soit M. Durand qui tienne le rôle…   C’est plus dans son tempérament que dans le vôtre… et …

    Dupont : Alors vous croyez que j’aurai appris le rôle pour rien ? Vous m’avez pas regardé ?

    Durand : Mais si on vous a bien regardé, vous n’avez pas du tout la tête de l’emploi.

    Dupont : Autant que vous … espèce de polichinelle à ressort !

    Durand : Ah mais dites donc, je vous interdis de m’insulter  espèce de mannequin biscornu !

    Metteur en scène : Messieurs, Messieurs, je vous en prie, un peu de tenue !

    Dupont : Je le jouerai ce rôle, c’est moi qui l’ai eu le premier.

    Durand : Non, c’est moi qui le jouerai, c’est pas dans votre tempérament, on vous l’a déjà dit.

    Metteur en scène : Messieurs, s’il vous plaît, un peu de respect pour les spectateurs !

    Durand : Enfin Monsieur Barbuzet, c’est à moi de le jouer n’est-ce pas ?

    Dupont : Non, non, il est à moi n’est-ce pas ?

    Metteur en scène : Nous n’avons plus le temps d’en discuter, la pièce doit commencer

    maintenant.

    Allez en coulisses, mettez-vous d’accord et commençons.

    Ils repartent chacun de son côté, cours et jardin tout en s’invectivant.

    Dupont : Vous pouvez aller vous rhabiller, canard à roulettes !

    Durand : Et vous, vous pouvez rentrer chez vous, tête d’âne chauve !

    **********   

    Le Metteur en scène passe la tête derrière le rideau.

    Metteur en scène : Mademoiselle Dubois ?

    Elle répond de derrière le rideau.

    Melle Dubois : Nous commençons tout de même ?

    Metteur en scène : Bien sûr qu’il faut commencer.

    Asseyez-vous dans le fauteuil.

    Au public : Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs veuillez nous excuser de ce petit incident sans gravité.

    La scène se passe dans un charmant petit boudoir Louis VX.

    Roméette attend avec impatience et inquiétude la visite de son fiancé car ses parents s’opposent à leur mariage … Mais place au théâtre … Les trois coups vite.

    Le rideau s’ouvre sur Roméette assise dans un fauteuil Louis VX. Elle déclame.

    Melle Dubois : Mais que fait donc mon adorééé ? Ah! mon cœur se fane de l’attendre, car

    mon cœur est une fleur qui s’est ouverte au soleil de l’amour…

    (des bruits de pas se font entendre

    Mais qu’entends-je ? Des bruits de pas ! C’est lui, le voici celui que j’aime, Julio l’homme de ma vie, le seul, l’unique …

    Les deux Julio en même temps (cours / jardin) : Me voilà mon amour.

    Roméette : Hein ! Heu ! Ha!

    Durand à Dupont : Mais fichez donc le camp espèce de m’as-tu vu !

    Dupont : Rien à faire, c’est mon rôle !

    Roméette : Mais c’est impossible.

    Dupont : Enchaînez nom d’une trompette en zinc !

    Roméette : Ah! mon Julio, votre présence me réchauffe, il fait si froid lorsque vous n’êtes pas

    là.

    Deux Julio : Roméette ma chérie, avez-vous parlé de moi à vos parents ?

    Roméette : Oui  mon Julio, mais hélas ils ne veulent pas que je devienne votre épouse.

    Deux Julio : Ciel ! Ils ne veulent pas que vous soyez ma femme ?

    Roméette : C’est ridicule. (à Dupont) retirez-vous.

    Dupont : (montrant Durand du doigt) C’est à lui de se retirer, j’étais là le premier.

    Durand : (S’agenouille aux pieds de Rométte et lui prend la main) Enchaînons, ne nous

    occupons plus de lui.

    Dupont : (S’agenouille et prend l’autre main de Roméette) C’est vous qu’on devrait

    enchaîner espèce de chimpanzé.

    Durand : Ciel ! Vos parents ne veulent pas que vous soyez notre femme … Euh .. que vous

    soyez MA femme ?

    Dupont : Ciel ! Ils ne veulent pas que vous soyez ma femme ?

    Roméette : Ils désirent me voir épouser le Comte de Saint Eczéma.

    Deux Julio : Le Comte de Saint Eczéma, ce misérable ! Eh bien je le tuerai en duel.

    Roméette : Et si c’était lui qui vous tuait, mon Julio, je n’y survivrai pas. Songez que je n’ai

    que vous dans la vie… Je n’ai qu’un Julio.

    Deux Julio : Oui vous n’avez qu’un Julio, et ce Julio, c’est moi. (ils s’affrontent) Mais plutôt

    mourir que vous voir épouser un autre.

    Roméette : Je ne saurai, non plus, renoncer à devenir votre femme.

    Deux Julio : Alors ma Roméette, nous devons fuir et nous marier clandestinement.

    (Ils se lévent et essaye d’entraîner Roméette chacun de son côté).

    Durand : Fuyons tous les deux !

    Dupont : Tous les trois ! Ah non, c’est vrai il y en a un de trop.

    Roméette (à Dupont) : C’est vous, fichez le camp.

    Dupont : C’est à lui de ficher le camp.

    Roméette : Fuyons, fuyons tous les trois … Non tous les deux. Non décidément c’est

    impossible de jouer la comédie dans ces conditions.

    Durand : Ne vous énervez pas. Reprenons .

    Fuyons tous les deux (Il l’attire vers lui, mais l’autre la retient)

    Deux Julio : Fuyons avant que vos parents ne reviennent. Mon cheval est à la grille, vous

    monterez en croupe.

    Dupont : A trois sur un canasson, on va se casser la gueule.

    Roméette : Trop tard, les voici, je les entends …..

    Deux Julio : S’ils nous trouvent ici tous les deux, que vont-ils penser ?

    Dupont : A deux ça irait encore, mais c’est qu’on est trois.

    Durand : Mais taisez-vous donc imbécile !

    Dupont : Imbécile ? Pas plus que vous crétin.

    Le père : Que faites-vous ici jeune homme ? ….. Mais ils sont deux ????

    La mère : Qu’est-ce que cela veut dire ???

    Dupont : (Montrant Durand) C’est lui, il est de trop.

    Durand : Enchaînons, enchaînons ! Euh …. Monsieur le Duc …

    Dupont : Monsieur le Duc…

    Durand : Je viens d’apprendre …

    Dupont : Je viens d’apprendre …

    Durand : L’affreuse nouvelle …

    Dupont : L’affreuse nouvelle …

    Le père :  Je peux vous la confirmer, vous n’aurez pas la main de ma fille.

    La mère : Ni l’un ni l’autre.

    Roméette : Mais voyons , vous voyez bien qu’il y en a un de trop.

    La mère : Comment ça il y en a un de trop ???

    Deux Julio (au père) : Puis-je connaître la raison de ce cruel refus ?

    La mère : Notre enfant n’épousera jamais un roturier.

    Le père :  Mais c’est ma réplique ?

    Dupont : Ah ! c’est « roturier » . Sur ma brochure il y avait écrit « rotulier », j’imaginais que

    c’était un type qui fabrique des rotules … (stupéfaction des acteurs incrédules) pour mettre dans les genoux (se croit-il obligé de préciser).

    Durand : Mais allez-vous vous taire idiot !

    Dupont : Pas plus idiot que vous andouille !

    Le père :  Enchaînons s’il vous plaît.

    Nous ne saurions tolérer une telle mésalliance.

    Deux Julio : En ce cas, il ne me reste plus qu’à mourir.

    Roméette : Ah mon Julio , je veux mourir avec vous.

    La mère : Roméette, je vous défends bien de mourir avec ces messieurs.

    Roméette : Mais vous ne comprenez donc pas qu’il y en a un de trop ?

    La mère : Un quoi ?

    Le père : Enchaînons non de non.

    Si vous voulez mourir, allez mourir ailleurs.

    Deux Julio : Je mourrai seul, j’irai m’empoisonner.

    Dupont : C’est vous qui m’empoisonnez.

    Une sonnerie de téléphone sur le petit meuble du salon. Le père décroche.

    Le père : Allô, Allô…. Oui, oui il est ici….. C’est un appel pour Monsieur Julio ….

    Deux Julio : Pour moi ?

    Ils prennent le téléphone des mains du père.

    Durand : Mais laissez-moi donc le téléphone !

    Dupont : Mais pas du tout, cet appel est pour moi, je suis Julio !

    Le père : C’est invraisemblable.

    La mère : Mais pourquoi sont-ils deux ?

    Deux Julio : (L’oreille collée au combiné) Allô, oui, c’est moi Julio, oui, bonjour Maître.

    Ah pas possible, mon Dieu oui, j’arrive tout de suite. Merci Maître.

    Durand : Mon notaire …

    Dupont : Viens de m’apprendre …

    Durand : Que j’hérite de ma défunte tante …

    Dupont : de vingt millions de francs

    Le père : Vingt millions ! Mais alors, plus rien ne s’oppose à ce que vous épousiez notre

    Roméette.

    La mère : Vingt millions chacun, ça fait quarante en tout.

    Roméette : Mais voyons, ils sont un seulement !

    La mère : Je ne comprends rien du tout !

    Silence.

    Le père (à la mère) : C’est à vous !

    La mère : Quoi, les vingt millions ?

    Le père (à la mère) : Mais non espèce de gourde... la réplique, la réplique.

    La mère : Ah oui ! …

    Euh ! Cher jeune homme, comme je serais heureuse de vous avoir pour gendre… tous les deux.

    Roméette : Il n’y a rien à tirer de cette femme là !

    Le père : donnez-moi votre main jeune homme. (Ils tendent tous deux la main. Le père met les deux mains dans la main de Roméette) Voici celle de ma fille.

    Roméette : Chers parents, comment vous remercier pour tant de générosité ?

    Deux Julio : Chers parents, Je puis donc enfin vous appeler « chers parents ».

    Le père (à la mère) : Retirons-nous chère épouse ! Laissons seuls ces deux tourtereaux.

    La mère : Oui, Eugène, laissons les à leur bonheur … tous les trois.

    Deux Julio : Je ne puis croire à ma félicité. Ah ma Roméette, maintenant que vous allez

    devenir ma femme, m’accorderez-vous vos lèvres ?

    Roméette : Prenez les mon cher amour …..(Ils essayent tous les deux de l’embrasser).

    Mais pas tous les deux voyons, arrêtez, vous m’étouffez …

    Dupont : C’est pour moi.

    Durand : Non c’est pour moi.

    Roméette : (les repousse et se lève) J’en ai assez, je m’en vais, débrouillez-vous sans moi.

    Deux Julio : Mais ….. Mon baiser …. !

    Ils se retrouvent seuls

    Dupont : Vous, je vais vous casser la figure.

    Durand : Vous, je vais vous démolir le portrait.

    Rideau !  Rideau !

  • LA chanson de la Saint Valentin

    Aux ailes bleues du vent.  (enregistrée à la SACEM)

     

    Musique et interprétation : Robert Duval

    Paroles :  Yfig

     

  • Et si la France déclarait la guerre aux poètes ! chantal goya se prend la moustache dans le friseur vapeur

     

    La guerre n’intéresse pas les poètes

     

    Bonjour je vends du vent

    Je vis de l’air du temps

    Mes chansons sont des fêtes

    Et j’en ai plein la tête

     

    La guerre les Talibans

    Qu’est-ce qu’on en a à foutre

    Nucléaire en l’Iran

    Tu l’as dans l’œil la poutre

     

    Français au Pakistan

    On va vous mettre au pas

    Il est venu le temps

    D’enlever vos burqas

     

    On fait partie d’l’OTAN

    Et on est fier de l’être

    Nos képis et nos guêtres

    Le pas de l’oie tout l’temps

     

    A la pêche aux moules moules moules

    Avec mon p’tit panier et l’aide des traders

    J’amasse et je roule roule roule

    En décapotable de luxe lonlère

     

    Le poète vend du vent

    Et vit sur son divan

    Qu’est-ce qu’il a dans la tête

    Hors des chansons de fêtes

     

    Jéhovah ou Allah

    Contre Lady gaga

    Nettoyons les ruskov

    A la kalachnikov

     

    Ce s’rait bien qu’à Bagdad

    Le Lann Bihoué bagad

    A grands coups de biniou

    Fasse suer le burnous

     

    Le ministère d’la guerre

    N’est plus ce qu’il était

    Y’a plus qu’des militaires

    Qui aspirent à la paix

     

    Dans la vallée là-bas la la la la la la la

    Dans la vallée d’l’Euphrate

    Y’a des sourates et y’a des blattes

    Dans la vallée là-bas la la la la la la la

  • Aïe au cul

     

     

     

    Aïe au cul (haïku)

     

     

     

     

     

    escale glaciale

    la fanfare entre en gare

    tintamarre

     

     

     

    seau plein robinet

    la goutte se jette à l’eau

    apprendre à nager

     

     

     

    frissson nasillard

    courent après le corbillard

    quatre chevaux noirs

     

     

     

    linceul et glaïeuls

    au balcon de ton aïeule

    tu pleurs comme une folle

     

     

     

    carnaval rio

    métro boulot sac à dos

    c’est pas tout repos

    (Pékin express)

     

     

     

    Balancer la balançoire

    Calice et ciboire

    Canada au revoir

     

     

     

    Je vais à la mare

    Au bal des grenouilles

    Circulez y’a rien à boire

     


     

    Pour vous quelques pâtes

    Cuites aux larmes citoyens

    Saisies par huissier

     

     

  • La poésie d'aujourd'hui

     

    Le poète

     

    Coiffé d’un bitos black

    Le cou ceint d’une écharpe

    Rouge

     

    Loden noir

    Sombre futal

    Des godasses en croco

     

    Le grand poète

    fier

    s’avance

     

    Faites-lui révérence

     

    D’un geste large

    Il rejette son écharpe

    Par dessus son épaule

     

    Puis triomphant

    Une main gantée

    Vers le ciel pointée

     

    Il ouvre un large bec

    Et déclame

     

    «Ô toi mon adorée »

     

    Tout est dit

     

    La poésie

    C’est comme ça aujourd’hui

     

    Et mon cul

    tout à fait

    Du poulet

     

  • The small pains

     

    The small pains


    Ah pain the navel

    And migraine misery

    Very volatile Scriptas

    In liberty lasts

    On the shelf I wander

    Medicines offered

     

    To the so subtle reflections

    In deleterious steams

    Of the outrageous chatter

    Toward my jail transfer

    My pains free themselves

    I have too much suffered so much

     

    Thanks to the juice of barrel

    Rimbaud-Apollinaire

    Sharpened tools

    To become some of verse

    I will be your muse-mother

    If you my poet-glass

     

    Broker in its curtail

    In the urn green bulletin

    Blue-sky colour parsley

    But as muzzle

    Barbed sons of iron

    There is our universe

     

    Plural in exile

    Libertarian lover

    Olfactory your slagheap

    In his/her/its magic operates

    Adieu world torturer

    If so much concentrationnary

     

    Ah pain the navel

    And migraine misery

    Very volatile Scriptas

    In liberty losts

    On the shelf I wander

    Médicines offered

     

     

  • The flaming gypsy

     

    The flaming gypsy

     

     

     

     

    Play sing Tziganes

    Dance dance gypsy

    Go up rise flames

    Iridescent our souls

     

     

    Long legs slender body

    Whirling rolling up herself

    To the rebellious flames

    Flaming spectacle

     

     

    Play sing Tziganes

    Dance dance gypsy

    Go up bring up flames

    And the roaming souls

     

     

    Dance gypsy dance

    For our joys and our pains

    You must enter in trance

    To erase the hate

     

     

    Play sing Tziganes

    Dance dance gypsy

    Shine sparkle flames

    Sound our profane songs

     

     

    Your body of ember fires

    Embrace forebears

    Anxious to be born again

    Of fire and the ember

     

     

    Play sing Tziganes

    Dance dance gypsy

    Go up rise flames

    Iridescent our souls

     

    Extracted from a novel by Yfig

  • The brown pumpkin

    The brown pumpkin

     

     

     

    The brown pumpkin

    And its thick round stomach

    Lives in the vegetable garden

    Without no friendship

    The remainder of its days

    The end of  its loves

     


    Netting our destinies

    of their roots crossings

    To hopeless another one similar

    Hide him the sun

    Its neighboring nettles

    Bad company

    Trying to choke him

    The humiliating of irony

     


    Let neglected

    San even an old cardboard

    In the bottom of the garden

    All close to the basin

    And the sap left

    Its dead roots

     


    The winter arrived

    On the tip of feet

    Bringing the chilly

    The kiss and cracks

    Rains that make sleet

    For that sounds the knell

     


    The old round pumpkin

    Feet in ices

    Express regrets

    In spite of its simple-minded air

    He knows that he is going to die

    Without can have tasted

    Some of pleasures

    That men created

     

     

  • Après le tollé de Copenhague, il faut s'attendre à une fin du monde précaire et peu de survivants ... une fin de l'humanité triomphante, en quelque sorte ... et un renouveau du règne animal avec Fadela à poils de lézards !

    Dépôt d’âmes  (extraits)

     

     


     

    Les hommes ayant désintégré

    Le verbe il ne resta plus rien

    Pas une chimère ni un chien

    La terre était déshéritée

     

    Le ciel d’armes trop encombré

    Ne pouvant accueillir ces âmes

    Elles restèrent en amalgame

    En ce dépôt mal éclairé

     

    Ici s’entassent pêle-mêle

    Les âmes laides les âmes belles

    Les âmes jeunes les âmes vieilles

    Celle du poète celles des abeilles

     

     

    refrain

    Ces âmes amères sans sépulture

    Peignent leur nature sur les murs

    Cela dessine une arabesque

    Tantôt atroce tantôt grotesque

     

     

    Voyez les âmes des présidents

    Qui appuyèrent comme des cons

    Comme un seul homme sur les boutons

    Tuant parents et descendants

     

    Rouges de sang les âmes tristes

    Des enfants errants innocents

    Sur leurs motifs si bellicistes

    Questionnent les âmes des présidents

     

    Les mamans pleurent en silence

    Sur ces décombres de violence

    Les vies gâchées de leurs bambins

    Ces petits corps de chérubins

     

     

    refrain

    Ces âmes amères sans sépulture

    Gravant leur effroi sur les murs

    Faisant ainsi une arabesque

    Tantôt atroce tantôt grotesque

     

     

  • Blues liberté

     

     

     

    Je suis un oiseau migrateur

    Aux pattes duquel on a lié

    Un gigantesque radiateur

    Qui m’empêche de m’envoler

     

     

    Je suis un Touareg voilé

    Teint de bleu cérulé glacé

    De mon chameau les pattes coupées

    Pour m’interdire de voyager

     

     

    Quand d’aimer trop la liberté

    Par d’autres on se voit empêché

    Nos musiques seront bâillonnées

    Nos corps nos âmes ligotés

     

     

    Je suis colombe de la paix

    Hirondelle du cœur de ballet

    Princesse aux mille et un palais

    Sultan des mers et vents ailés

     

     

    Je suis la brume aux alizés

    Surfant diaphane aux airs légers

    Araméenne ou Sibérienne

    Sumérienne Arachnéenne

     

     

    Quand d’aimer trop la liberté

    Par d’autres on se voit empêché

    Nos musiques seront bâillonnées

    Nos corps nos âmes ligotés

     

     

    Quand nos califes d’ires se prennent

    Sur nous vomissent toute haine

    Nous traînent nus à leurs arènes

    Nous battent à mort comme des hyènes

     

     

    Je suis aurore de matin frais

    Libellule frêle du marais

    Abeille d’or en robe soie

    Iris blanche céruse et joie

     

     

    Quand d’aimer trop la liberté

    Par d’autres on se voit empêché

    Nos musiques seront bâillonnées

    Nos corps nos âmes ligotés

     

     

    Je suis le chantre de nos peines

    Licorne duale manichéenne

    De nos désirs de nos espoirs

    Chantant le blues un peu trop noir

     

     

     

    De nos malheurs nos désespoirs

    Nos horizons aux bras aveugles

    Monte le blues des idées noires

    De nos Guitares saxhorns et bugles

     

     

     

    Quand d’aimer trop la liberté

    Par d’autres on se voit empêché

    Nos musiques seront bâillonnées

    Nos corps nos âmes ligotés

     

     

    Chanter la vie est ses fragrances

    Chanter la mort ses fins ses transes

    L’heure véritable de nos souffrances

    Nos blues en ré en fa cadencent

     

     

    De nos musiques monte le vrai

    Le blues en chair le blues en os

    Sur nos désastres il tire un trait

    Le blues défie nos vies de rosses

     

     

    Quand d’aimer trop la liberté

    Par d’autres on se voit empêché

    Nos musiques seront bâillonnées

    Nos corps nos âmes ligotés

     

     

    Travail patrie égalité

    Mensonge en guise de vérité

    Les trente cinq heures de liberté

    On nous impose de travailler

     

     

    Plutôt mourir que d’obéir

    Le blues est fait pour nous nourrir

    Nous sustenter nous animer

    Le blues c’est ça la liberté

     

     

    Quand d’aimer trop la liberté

    Par d’autres on se voit empêché

    Nos musiques seront bâillonnées

    Nos corps nos âmes ligotés.

     

     

     

     

  • Métempsychose du bigorneau

     


    Metempsychose du bigorneau

     

     

     

     

     

    Je vis d'air et de vent

    De chants d'engoulevent

    D’arômes gris de miel

    De soleil de sommeil

     

     

     

     

    Mon âme est vagabonde

    Mon corps gît en la tombe

    De manger si léger

    Suis mort sans galéjer

     

     

     

     

    Ma vie sans intérêt

    Ruisselle en compotée

    Indécent étalage

    Insolent déballage

     

     

     

     

    Historiens inventifs

    En tirent conclusions

    La couleur de mes tifs

    Celle de mon caleçon

     

     

     

     

    Les mots que j’ai laissé

    Traîner ici et là

    Trahiraient ma pensée

    Pipotage et blabla

     

     

     

     

    Me voici bigorneau

    Accroché au rocher

    Attendant la marée

    Et la montée des eaux

     

     

     

     

    Vie de mollusque idiot

    Littorine comestible

    Au goût irrésistible

    Que l’on cuit au fourneau